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profession. Les seconds, au contraire, étaient souvent des sain I s et des hommes apostoliques. Saint Pierre de Galatie qui vivait sous Basile l^' partit un jour de l'Ohmpe pour de longs pèlerinages. Il s'en alla en Terre Sainte, à Chypre, à Laodicée, à Attalie. De là, il rentra à l'Olympe^ Saint Hilarion fit de même. Né en Géorgie, fils de noble et riche famille, il s'en vint à Constantinople, visita l'Olympe, la Palestine, Rome, e( mourut à Thessalonique. De pieux moines, ses compatriotes, alors en résidence à l'Olympe, vinrent chercher son corps pour le ramener à Constantinople. Basile, toujours charitable, leur donna un monastère avec des terres, des fermes, des villages et des forets. Ce fut le u couvent géorgien - ». Plus tard, en io65, le grand réformateur de l'Eglise géorgienne, saint Georges Cvjatogorec, après avoir vaillamment travaillé dans sa patrie, ira mourir à Constantinople, en route pourl'Athos^. D'autres moines, enfin, comme saint Antoine, et avant lui saints Cyrille et Méthode, étaient missionnaires. Ils s'en allaient partout évangéliser les populations. Le biographe de saint Antoine nous dit que son héros avait un tel zèle qu'il ne voulait limiter son apostolat à aucune ville, mais qu'il voulait aller partout où brille le soleil. Il évangélisa les Scythes, les Thraces, les Mysiens^
C'est qu'à l'époque qui nous occupe, l'histoire de l'Eglise est marquée par un fait très remarquable : le renouveau d'esprit apostolique, par la lutte, d'une part, contre l'hérésie ; par l'expansion religieuse, de l'autre, au moyen des missions.
Les hérétiques étaient nombreux dans l'Empire byzantin. Sans parler des communautés juives et païennes sur lesquelles nous reviendrons, les textes nous ont laissé le souvenir d'une multitude de sectes chrétiennes en rupture de ban avec le Credo orthodoxe. Car étaient hétérodoxes tous ceux qui ne
1. Synax. Constant., p. m. Synax. sélect., 121, 126, 12G. >.. Yasiljev, Soc. orth. palestin., t. IV, 1888, p. 4o. S. Dzavachov, Journ. du Minist. de VInst. puhl., février, i()(»'t. 4. Vit. S. Anton. Papad. Keram., Moniim., p. 11.
confessaient pas la foi orthodoxe en communion avec les patriarches et n'acceptaient pas les sept saints synodes K C'étaient, parmi beaucoup d'autres, les monophysites, les nestoriens, les acéphales, les jacobites, les monothélites, les iconomaches- ; c'étaient surtout les pauliciens, les plus redoutables, à cause de leur nombre, de leur force, de leurs alliances politiques et de leur prosélytisme. On comprend, sans peine, que Basile ne devait guère respecter l'indépendance et la liberté de ces dissidents. Les ramener à l'unité était pour lui une nécessité politique aussi pressante que d'en finir avec le schisme. Tous, à un degré quelconque, étaient pour lui de dangereux sujets, prêts à la révolte et à l'insurrection, comme les pauliciens le lui prouvèrent plus d'une fois. Evidemment, la lutte était assez facile quand il ne s'agissait que de s'attaquer aux plus faibles de ces sectes. Il lui suffît, sans doute, de les priver du droit de tester et d'hériter, pour ramener, au moins extérieurement, un grand nombre d'adeptes à la foi orthodoxe. Du reste, ces communautés, nestoriennes, acéphales, jacobites, monothélites, se trouvaient surtout groupées dans la vallée du Tigre et de l'Euphrale, vivaient sous la domination arabe, ne faisaient pas grand bruit et n'étaient guère dangereuses. Si saint Théodore d'Edesse s'en occupa pour les anathématiser une fois de plus, c'est que, lui, avait juridiction sur ces pays de Syrie et que là, plus nombreuses que dans l'Empire proprement dit. elles pouvaient exercer sur les âmes une action directe et néfaste. Pour Byzance, probablement, des lois d'exception à l'égard de ceux qui vivaient sur ses terres, à Constantinople, dans les thèmes asiatiques ou en Thrace, eurent sans doute plus d'effet que les prédications que Photius paraît leur avoir adressées dès le mois de juin 8bg^. — Il n'en allait déjà plus tout à fait de même des iconoclastes. L'autorité de Théodora en 843 put bien, en vérité, proclamer la fête de l'orthodoxie et arrêter dans son ensemble le mouvement hérétique ; il lui fut plus difficile de convaincre les très nombreux partisans de la doc-
1. ("csi-à-dire le i" do Nicéo, r' de Constantinople. i"' d'Ephèse, (^lialcédoine, 2' et 3^ de Constantinople, 2" Nicée (Proch., xxxui, S i3, p. 179). Vit. S. Theod. Edess., xlvu, p. /»5.
3. Procliir., wxiii, S i4. P- 180. — Vit S. Theod. Edess., xlviii, p. /17 et seq.