Mansi, xvi, p. i^i
3. Sym. Magist., Vit. Mich. et Theod,, vi, p. 716. Grcgoirn Asbestas dit iiottement que les deux noms qualifiaient la môme secte.
\. Theoph. Cont., Vit. Mich., xvi, i8o ; xxui, 192. Pholius, Contra Munich., 1. 1, xwi, p. 81. Pierre de Sicile, Hist. des Manich., i3oi.
Le biographe de saint Eustratios nous raconte que si la discussion pouvait être de mise chez quelques missionnaires zélés, la dénonciation, la prison étaient, pour le plus grand nombre, les mesures habituelles, parce que très expéditives^ Il est vrai que le gouvernement avait un intérêt majeur et politique à ramener sous son autorité des hérétiques dont quelques-uns avaient dans l'Empire une certaine situation sociale-, dont les doctrines jetaient au sein des familles et de l'Etat, la corruption, le trouble et la division ^ et qui pouvaient singulièrement faciliter les succès militaires de leurs frères d'Arménie. Ceux-ci, du reste, luttaient contre l'Empire, non seulement par les armes, mais par leurs missionnaires. Dès que la Bulgarie se fut ouverte au christianisme, les Pauliciens, pour faire pièce à l'influence byzantine, dépêchèrent sur les rives du Danube des hommes de confiance qui travaillaient pour la foi manichéenne*. Leur succès fut grand, il fut dangereux pour les Empereurs qui ne durent pas chercher à ménager chez eux d'aussi redoutables ennemis. Si l'on ajoute à ces raisons d'ordre extérieur, l'immoralité qui paraît avoir régné au sein de ces communautés séparées, on ne s'étonnera pas trop de la rigueur des lois qui les régissaient et des efforts, même violents, qui furent employés pour essayer de les convertir. Le Prochiron nous a conservé le souvenir de la législation qu'on leur appliquait et, par surcroît, nous laisse deviner quelle place ils occupaient dans la société d'alors. Punis de la peine de mort, les manichéens qui, devenus chrétiens, retournaient à leurs erreurs ou qui, fréquentant leurs anciens coreligionnaires, ne les livraient pas aux magistrats -K Punis de la peine de mort aussi les chefs de l'armée et de l'administration qui, quoique orthodoxes, ne livraient pas aux autorités ceux qui se glissaient parmi eux. En outre aucun parent, même orthodoxe, d'un paulicien ne pouvait hériter de lui. Ses biens allaient au fisc. 11 n'y avait d'exception que pour ses propres enfants et encore à condition que l'enfant soit orthodoxe ^\ Néanmoins, ces mesures