‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 289 sur 409 · Vit. Basil, ch. uv, p · texte numérisé non relu

Vit. Basil, ch. uv, p

ET l'empire byzantin 3oi

au sein des pays qu'elle voulait évangéliser. Là, naturellement, le laïque avait de larges permissions pour baptiser, le cas échéant ; mais, chose plus remarquable, jamais Byzance ne connut les craintes de l'Eglise romaine à l'égard de la langue. Dès que ses missionnaires arrivaient en un endroit, ils déployaient aux regards des barbares les magnificences du culte et la richesse des costumes religieux, — cela pour étonner leurs yeux et frapper leur imagination ; ils adoptaient la langue nationale, — cela pour se faire comprendre d'eux et prendre racine dans le pays ; ils formaient enfin tout de suite un clergé indigène — cela pour empêcher la foi d'être traitée comme une puissance étrangère *. L'Evangile et les Livres liturgiques étaient ainsi répandus dans le peuple, venant compléter les instructions orales des missionnaires jusqu'au moment où, suffisamment éclairés, on baptisait le roi et les chefs de la nation. Le reste venait ensuite assez vite. Entre temps, les missionnaires aimaient à reproduire un peu partout, comme le moine Lazare en Bulgarie, des portraits de vierges et des scènes religieuses afin qu'à son tour, le pinceau fut un prédicateur de la foi chrétienne. Cette façon de faire fut suivie par saints Cyrille et Méthode en Moravie, par les missionnaires anonymes qui évangélisèrent les Russes, comme par ceux qui convertirent les Bulgares. Mais une fois le baptême donné, l'œuvre des missionnaires n'était pas achevée. 11 fallait affermir la foi dans les âmes, il fallait former à la vertti les cœurs frustres et barbares. C'est ce que faisait, non seulement le clergé itinérant, mais surtout le clergé de l'Empire, moins absorbé par la vie active. Le meilleur exemple en est assurément la longue lettre de Photius à Michel de Bulgarie dans laquelle le Patriarche décrit jusque dans le détail, tous les devoirs du véritable chrétien et s'efforce de faire de ce néophyte illustre, un roi très orthodoxe.

Ce genre d'apostolat, toutefois, n'était pas le seul. La foi de Byzance arrivait aussi aux oreilles des nations par d'autres voies. Gens très religieux et très fiers de leur incontestable civilisation, les Grecs propageaient tout naturellement le Credo de Sainte-Sophie par le seul fait qu'ils se trouvaient en terre païenne ou que les païens venaient chez eux. Quand les parents

Page 1