‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 288 sur 409 · Ibid., p. 127O · texte numérisé non relu

Ibid., p. 127O

3oO BASILE I

étouffer. Comme ses prédécesseurs, Basile ne négligea pas les missions ^ et, sous son règne, l'activité religieuse fut grande 2. Tandis que les prêtres partaient de Byzance et s'en allaient prêcher l'Evangile en tous lieux, lui. l'Empereur, se faisait généreux pour seconder leurs efforts. Les convertis étaient sûrs de trouver auprès de sa personne faveurs et distinctions. Riches présents, titres auliques, situations administratives, exemptions d'impôts étaient la récompense qu'il accordait aux individus comme aux nations nouvellement chrétiennes ^. Aussi, sous son règne, le succès des missionnaires fut-il grand. En toute vérité, Photius pouvait comparer Byzance à un lieu élevé qui envoie partout les sources de la foi orthodoxe et arrose les âmes desséchées par l'impiété *. Du reste, il faut bien le dire, si le résultat des missions fut appréciable à cette époque, la cause en est due pour beaucoup aux succès militaires de l'Empereur. Dès ([u'une nation était vaincue, on lui imposait le baptême par la force, moyen qui semblait efficace pour contenir les foules dans l'obéissance, créer entre elle et l'Empire un indissoluble lien 5 et leur imprimer par là le sceau de la puissance romaine. Malheureusement, les conversions ne se commandent pas. Le danger d'un tel sytème tout à la fois politique et religieux était grand et c'est de quoi on s'aperçut plus tard. A la mort de Basile, et même de son vivant, si nombreux furent ceux qui retournèrent à leurs anciennes croyances qu'il fallut faire ou renouveler des lois contre ces apostats. Tel fut, par exemple, le cas des Dalmates, des Croates et des Russes ^. Cependant, en dehors de toute influence politique, au seul point de vue apostolique, il est une chose assez intéressante à noter et qui n'a point été suffisamment relevée : c'est la merveilleuse souplesse de cette Eglise qu'on se représente généralement comme figée dans une orthodoxie étroite et dans un formalisme rigide et sans vie, à se plier à toutes les nécessites du ministère apostolique, à s'adapter à toutes les habitudes qu'elle rencontrait

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