‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 298 sur 409 · Lapôtrc, op. cit., p · texte numérisé non relu

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ET l'empire byzantin Soq

lions littéraires du ix^ siècle, ^icétas de Byzance le dit, du reste, formellement. Parce que Basile cherchait à propager la foi en Arabie, sur son ordre et, pour coopérer à cette mission, il l'engagea à écrire un traité contre Mahomet^. C'était pour jNicétas chose d'autant plus aisée que déjà Michel III lui avait demandé un service analogue. Aussi, se mit-il à l'ouvrage tant pour plaire à l'Empereur qui « n'eût pas été satisfait de mettre en déroute les corps des barbares, s'il n'avait du même coup partagé en deux leurs âmes impies par le glaive à double tranchant de la vérité » que pour convertir ces mécréants. Son œuvre composée de surates choisies du Coran et de quelques thèses de la théologie arabe qu'il s'efforce de réfuter, n'eût sans doute pas grand succès, mais elle demeure comme un témoin des elîorts évangéliques que tenta l'Empereur pour gagner par tous moyens, même par celui de la religion, ses plus irréductibles ennemis. Quant aux musulmans établis sur le Vardar par Théophile, leur conversion eut lieu au ix'' siècle par les moyens habituellement employés à l'égard des sujets de l'Empire. On leur donna des terres et on les amena au christianisme par la force autant que par la persuasion '-.

Entre Byzance et l'Arménie, les rapports religieux étaient tout différents. Là, l'orthodoxie n'avait plus affaire à des païens ou à des non-chrétiens ; elle se trouvait en présence d'une Eglise constituée, puissante, mais schismatique. Originairement unie à Constantinople, l'Arménie avait rompu avec son orthodoxe voisine dès le milieu du vi" siècle, a ers 552, puis, définitivement, en 593 : épilogue fatal des luttes qui se livrèrent autour du concile de Chalcédoine. Aussi, l'Eglise de Constantinople chercha-t-elle par tous les moyens à renouer, au cours des siècles, ses anciennes relations avec cette Eglise sœur. 11 en alla dès lors de l'Arménie comme plus tard de Rome : toute l'activité religieuse du patriarcat se tourna du côté de chimériques projets d'union, un jour réalisés, abandonnés le lendemain. Sous Héraclius, sous Constantin II, sous Justinien II, l'accord fut maintes fois proclamé — on craignait les Arabes — puis, tout de suite après, rompu. L'Arménie jouait donc exactement, à l'égard de Byzance, le même jeu que celle-ci à l'égard de Rome.

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