‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 302 sur 409 · LES GUERRES · texte numérisé non relu

LES GUERRES

L'effort constant et généreux de l'habile parvenu que fut Rasile P". pour rendre, à l'intérieur, un peu de calme et de cohésion à son Empire, avait sa cause véritable dans les affaires extérieures de Ryzance pour lors assez compromises. Sans doute, ses réformes financières et administratives, sa politique religieuse et civile s'expliquent déjà par l'état même des choses à son arrivée au pouvoir. Bon souverain, il voulait l'être en rendant un peu d'ordre aux finances dilapidées, un peu d'humanité à la justice méconnue, un peu de tranquillité à l'Eglise divisée; mais cette œuvre qui fut, du reste, celle de tout son règne, il l'accomplit aussi — et surtout peut-être — afin de réaliser le plus urgent devoir de sa charge : la lutte à outrance contre les Musulmans.

Si la situation intérieure de l'Empire était assez troublée à l'avènement de Basile, la situation extérieure, par contre, était relativement bonne et singulièrement propice à la poli

1. Les guerres de Basile sont la chose la plus connue et la mieux étudiée de son règne. Sans parler des travaux antérieurs, aujourd'hui négligeables, nous avons pour ce chapitre deux ouvrages fondamentaux que je n'ai fait que suivre. L'un, de M. (iay, traite des guerres de Basile et de sa politique en Occident ; l'autre, de M. Vasiljev, étudie, à l'aide surtout des sources arabes, toutes les campagnes de Basile en Occident et en Orient. C'est à ces deux travaux, dont le second est écrit en russe, que nous renvoyons une fois pour toutes.

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tiqiic que méditait l'Empereur. Avec l'Arménie, en effet, les relations étaient très courtoises. Aschod P' Pagratide. créé u prince des princes » en 809 par le calife MotaAvakkel-Billah ^ était, personnellement, en excellents termes avec Basile et l'Empereur ne fut pas étranger à l'avènement d' Aschod comme roi en 870. comptant bien pouvoir, par lui, plus aisément surveiller la politique arabe et empêcher l'influence des califes de devenir trop prépondérante sur cet état, frontière de son Empire-, De son côté. Aschod ne tardera pas à se tourner vers Constantinople et à demander à Basile l'investiture pour ses états ^.

En Russie, l'Empereur cherchait, par les missions et de riches présents, à entretenir de pacifiques rapports avec ces tribus encore passablement sauvages*. En Bulgarie, son influence grandissait de toute celle que perdait Rome. La question religieuse était pour lui un excellent trait d'union entre les deux peuples et une trop belle assurance de paix pour qu'il la laissât échapper. En Grèce, enfin, les Slaves, vaincus sous le règne précédent, étaient unis à l'Empire. Les Erzerites et les Milinges eux-mêmes semblent traverser une ère pacifique. Bien plus, les Slaves illyriens, Serbes, Croates. Dalmates, menacés à cette époque par les Arabes d'Occident, déjà maîtres d'une partie de la Sicile, commencent, dès l'avènement de Basile, à se repentir d'avoir trop vite, au vni*^ et au début du ix" siècle, secoué le joug impérial et profité de l'affaiblissement de Byzance pour rejeter le baptême chrétien^. L'heure ne va pas tarder où ces populations elles-mêmes viendront redemander à Basile aide et protection : suprême revanche des choses dont il se gardera bien de ne pas profiter ! C'est en Italie, qu'en fait, la situation est la plus grave vers 866. Au cours du ix'' siècle, Venise, d'une part, s'est déclarée indépendante de Byzance et cette grande place commerciale et stratégique est perdue pour l'Empire. Les Carolingiens, d'autre part, sous le gouvernement de Louis II ont pris possession du sol italien. Relégué au delà des monts par ses frères, le petit-lîls de Charlemagne

1. Tournebize, p. 318. Brosset, Collect. d'Iiistor. arméniens, 1. 1.

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