Vit. Basil., lu, p. 3o
ET L EMPIRE BYZANTIN 3l7
entend, du moins, être maître de cet état qui désormais lui appartient et. ce qu'il cherclie surtout, au cours de son règne, c'est à faire respecter son autorité suzeraine. Gliasser les Musulmans, protéger les rives de la Méditerranée, c'est donc là pour lui un devoir auquel il ne peut se soustraire et pour raccomplissement duquel il lui faudra le secours de son confrère oriental K Mais ce dernier aussi a des intérêts dans Fltalie méridionale : il y a encore des possessions comme la Galabre et la terre d'Olrante ; il y avait des provinces et des villes qu'il a perdues, mais qu'il espère reconquérir: il y a surtout la Sicile qu'il ne veut, ni ne peut abandonner. Cette dualité d'intérêts va créer entre les deux souverains de perpétuels conllits que les princes lombards comme les ducs de Naples se chargeront d'exploiter à leur plus grand profit. Si jamais le contlit n'alla jusqu'à la guerre, il n'en est pas moins vrai — on le verra bieiitôt — qu'il a singulièrement affaibli l'un et l'autre souverain.
Si donc, en somme. Basile, à son avènement, est en excellente posture, pour commencer la lutte contre l'Islam, c'est pour lui chose très heureuse, car le danger devient de plus en plus menaçant. Vers 866 l'Asie, en vérité, est relativement calme "-. Byzance a maintenu depuis l'Empereur Théophyle ses positions extrêmes et les Pauliciens qui, pour lors, s'organisent, ont pu commettre déjà de vastes déprédations, ils n'ont encore rien arraché d'essentiel aux frontières orientales. Mais il n'en va pas de même en Occident. Là, les pertes de l'Empire byzantin sont considérables. La Sicile, à l'exception de Syracuse, de Taormine et de quelques autres places, est aux mains des Arabes qui ont établi leur quartier général à Palerme. Dans l'Italie méridionale, la situation n'est pas meilleure. Depuis la prise de Palerme par les Arabes, la mer Tyrrhénienne est perdue pour les Byzantins et. faute de secours, leurs anciens vassaux du littoral campanien se sont tournés du côté de l'Empereur franc. Mais, d'autre part, on peut saisir, vers cette époque, dans l'histoire arabe certains traits qui indiquent un état de crise intérieure. Les califes, en effet, n'ont plus le haut prestige des temps passés. Les dynasties se succèdent avec