‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 308 sur 409 · iay, op. cit., p. go · texte numérisé non relu

iay, op. cit., p. go

4. VU. Basil., ch. i,ui-ia. p. ;m.ô-.So8. (ia>. o/;. cil., ibid.

ET l'empire byzantin 321

Ilalic, les défaites de la flotte grecque en Sicile, peut-être, eiiliu, les menaces d'une prochaine guerre en Orient, et surtout la question du titre impérial qu'avait pris Louis II, amenèrent la rupture des fiançailles projetées et retardèrent de plusieurs années l'action décisive rêvée par Basile.

Ces événements n'empêchèrent pas pour autant Louis II de continuer ses campagnes en Italie. En cette même année 870 il est de nouveau sous les murs de Bari tandis qu'il envoie à la Calabre septentrionale menacée, une petite armée que défit l'Emir d'Aman tea *. Mais le grand fait militaire de toute cette période est la prise de Bari et de son émir par les troupes impériales (2 février 871). Ce succès eut un grand retentissement en Orient aussi bien qu'en Occident. 11 préparait la délivrance de l'Italie et apprenait aux chrétiens à ne plus craindre riiifidèle. Mais pour achever et rendre complète la victoire, il importait que Tarente aussi fut reprise aux Musulmans et, pour cela, Louis II n'avait pas de flotte. Les seuls vaisseaux qui sillonnaient la mer étaient ceux du patrice Georges, trop peu nombreux pour attaquer par mer une ville qui était en rapports constants avec les Arabes de Sicile. Il fallut donc essayer de renouer les relations byzantines interrompues depuis la fin du concile et ce fut Louis II qui, cette fois, fit la première avance ; mais Basile avait pour lors d'autres soucis. Très mécontent d'Anastase — on se le rappelle, — et de son ingérence dans les affaires ecclésiastiques, il était par là peu disposé déjà à écouter de nouvelles ouvertures de la part des Francs ; les conquêtes de Louis II en Calabre, les succès qu'il avait remportés sans le secours de Byzance n'étaient point faits non plus pour l'amener à prêter assistance à cet Occidental qui, seul, avait des chances d'en profiter ; enfin, chose plus grave, à cette date, la polémique de Basile et de Louis au sujet du titre impérial battait son 'plein. Au lendemain du concile, probablement. Basile envoya, peutêtre par l'intermédiaire d'Anastase, une lettre aujourd'hui perdue à son confrère d'Occident pour lui interdire de porter le litre d' « Empereur des Bomains » que Photius, habile courtisan, lui avait décerné dans l'espérance de l'attirer à son parti et de lui faire prêter la main à la déchéance du Pape qu'il

avait, comme on sait, solennellement prononcée ^ L'affaire avait eu son écho au concile : elle avait même contribué à envenimer les rapports entre les cours franque et byzantine et c'est pour répondre à tout ce qui s'était dit et fait que Louis II expédia immédiatement après la prise de Bari, en 87 1 , sa fameuse réponses Basile'-. On conçoit dès lors que cette lettre, œuvre plutôt de controverse que de politique, ne dut guère agréer à l'Empereur. Elle nétait point faite pour préparer une alliance. Du reste, indépendamment de tout cela, Byzance ne pouvait consentir au partage que proposait Louis 11. Donner la mer aux Grecs et l'Italie aux Francs, en échange de quoi ces derniers aideraient les troupes byzantines à recouvrer la Sicile, c'était là un rêve qu'il était loisible à l'Empereur d'Occident de faire, mais que l'Orient ne sanctionnerait pas. Si Basile combattait en Italie, c'était, évidemment, pour rester en possession non seulement de la Sicile, mais des provinces d'Italie qu'il n'entendait point abandonner au profit de son rival, presque son ennemi.

Mais ces motifs d'ordre privé n'étaient pas les seuls. Le voulût-il, il eût été difficile à Basile d'aider efficacement Louis II en Occident. Précisément en cette année, un ennemi plus proche et autrement redoutable, le chef des Pauliciens, Chrysochir. venait, en effet, d'envoyer à Byzance un ultimatum qui était pour Basile un véritable outrage^. 11 fallait de toute nécessité concentrer au plus vite politique et armées en Orient. De l'Italie, il ne pouvait plus être question. Seule une flotte, sans doute celle du thème, demeura dans les eaux byzantines laissant Louis II aux prises avec les pires difficultés.

Basile elles Pauliciens. — C'est, en effet, quelques mois après la prise de Bari, au printemps de 871, que Basile dut entrer en campagne contre les Pauliciens. Cette secte religieuse avait voué à l'Empire une haine implacable depuis l'époque où Théodora avait cherché à les convertir en les faisant massa-

1. riay, p. 86-88. Xcamnoins ce ne dut être évidemmeni qu'après le sacre de Louis par Hadrien 11 à Rome que le roi franc dut vouloir porter un litre que son frère lui avait laissé en mourant. On sait, en tous cas, par ce que nous avons dit au chapitre précédent, que les lettres d'Hadrien II, lues au Concile, donnaient à Louis le titre d'Empereur.

2. Ibid. Cf. pour le texte de la lettre Hlst. de la France, t. Vil, p. 578.

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