‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 318 sur 409 · Vasiljev, op. cit., p · texte numérisé non relu

Vasiljev, op. cit., p

4. Ibid., p. 296. Psilocastellon ou Xylocastron ; Paramocastellon ou Phyrocastron ; Karba ou Endelekhone ; Ardala ou Andala (Ramsay, op. cit., 276).

ET L EMPIRE BYZANTIN oSo

redoutables adversaires de l'Empire, Simas. fameux par ses attaques aux frontières de l'Empire, vint se réfugier auprès de Basile'. Ln chef paraît surtout s'être distingué en cette brillante campagne : ce fut André. Pour ses services, il reçut de l'Empereur le titre de patrice.

Malheureusement, comme ce fut toujours le sort de Basile en sa longue vie. il paya ses plus légitimes succès par de cruels retours de fortune. Rentré vers la fin de 879 à Constantinople pour y jouir du prix de son triomphe, il eut la douleur de perdre Constantin dont plus jamais il ne se consola. Désormais l'Orient aussi bien que l'Occident l'intéressèrent beaucoup moins. A l'exception de quelques campagnes passagères, ses soldats n'iront plus remporter de belles victoires sur terre et sur mer et ce seront d'autres qui bénéficieront de ses patients efforts et de sa sage politique. Au premier moment, du reste, les exploits de ses généraux en Asie ne furent pas arrêtés par la mort de Constantin, puisqu'au cours de 879-880 nous trouvons son armée en Mésopotamie combattant avec succès les Arabes : mais ces victoires n'eurent aucun résultat pratique. M en Syrie, ni en Mésopotamie où Grecs et Arabes subirent de grandes pertes. l'Empire ne gagna de sérieux accroissements de frontières. Tout ce qu'il obtint ce fut une paix de deux années. Le plus clair de tant d'efforts fut ilonc. sans doute, de prouver aux ennemis que Byzance comptait toujours et qu'elle avait un basileus qui. malgré ses défaites en Occident, était de taille à tenir en échec tous ceux qui tenteraient d'entreprendre à son détriment quelque audacieux coup de main. Les Arabes purent s'en rendre compte encore une fois en 883. Bien que miné par le chagrin qui allait plus ou moins lui enlever l'usage de la raison et le goût des affaires, comme au début de son règne. Basile voulut retourner en personne guerroyer contre Mélitène. Cette forteresse, indispensable pour lui en tous temps, l'était plus encore depuis sa victoire contre les Pauliciens. car c'était par elle surtout qu'il pouvait défendre et organiser la conquête -. Mais pas plus en 88i> qu'en 870 Basile

1. Ibkl., ch. \LM, p. lîpti. Cf. Vasiljev. op. cit., p. 78 et Hirsch. op. cit., p. :î5i.

2. C'est bien ce que comprenaient aussi les Vrabes. Kodama nous dit. en etTet : u C'est la seule forteresse qui pénètre bien avant dans le pays ennemi : car tandis que les autres en sont sépai'ées par un défilé ou un col. Mclitène

ennemis de Byzance, Pauliciens et Arabes, de la puissance des armées de Basile. Du reste, d'autres et plus importants triomphes attendaient les généraux byzantins entre 8-8 et 879 sur le sol de l'Orient, après la chute de Syracuse. Profitant peut-être du désastre d'Occident, un chef arabe du nom d'Abdalah Ibn- Bachid Ibn-Kaous envahit avec quatre mille hommes le sud de la Gappadoce. Il ravagea le pays, à la façon des Arabes, mais ne put prendre aucune forteresse. Bien plus, rentrant chez lui avec un fort butin, il fut tout à coup attaqué par une petite armée composée de soldats de Séleucie, de Karydion, de Gharsian et de deux autres forteresses appelées par les Arabes Koura et Kaoukaba. Le général André qui paraît avoir commandé ces troupes s'empara d'Abdalah et l'envoya comme prisonnier à l'Empereur qui le rendit bientôt au gouverneur de Tarse Achmed Ibn-Touloun. C'était un premier gage de meilleure fortune ^.

Ces succès enhardirent les stratèges grecs. Dès le mois de janvier 879 ils partirent pour Adana et pour Al Musala avec 3o.ooo soldats, combattirent les Arabes auxquels ils firent subir des pertes sérieuses et emmenèrent captif le gouverneur du pays. Basile, malgré ces éclatants triomphes, n'était que médiocrement satisfait. Le rôle assez effacé qu'il jouait ne lui plut sans doute guère, d'autant que pour un parvenu de date assez récente, il y avait quelque danger à laisser d'autres hommes se couvrir de gloire sans que lui-même y prît part 2. C'est pourquoi Basile en personne, suivi de son fils Constantin, reparut tout à coup en Asie, sans doute, comme le croit Vasiljev ^, pour aller rejoindre l'armée des cinq stratèges. Cette campagne aux frontières de Syrie fut un véritable triomphe. Sous les coups des soldats byzantins plusieurs forteresses, occupées parles Arabes, retombèrent au pouvoir de Basile. Successivement Psilocastellon et Paramocastellon furent prises et détruites, Phalacron capitula d'elle-même ; l'émir d'Anazarbe Apabdele chercha à se sauver ; Endelekhone, Katasamas, Andala, Erimosykea furent détruites * ; enfin un des plus

Page 1