Vasiljev, op. cit., p
^. Ibid., p. 296. Psilocastellon ou Xylocaslron ; Paramocastellon ou Phyrocastron ; Karba ou Endeleklionc ; Ardala ou Andala (Ramsay, op. cit., 276).
ET l'empire byzantin 333
redoutables adversaires de l'Empire, Si mas, fameux par ses attaques aux frontières de l'Empire, vint se réfugier auprès de Basile ^ Un chef parait surtout s'être distingué en celte brillante campagne : ce fut André. Pour ses services, il reçut de l'Empereur le titre de patrice.
Malheureusement, comme ce fut toujours le sort de Basile en sa longue vie, il paya ses plus légitimes succès par de cruels retours de fortune. Rentré vers la fin de 879 à Constantinople pour \ jouir du prix de son triomphe, il eut la douleur de perdre Constantin dont plus jamais il ne se consola. Désormais l'Orient aussi bien que l'Occident lïntéressèrent beaucoup moins. A rexception de quelques campagnes passagères, ses soldats n'iront plus remporter de belles victoires sur terre et sur mer et ce seront d'autres qui bénéficieront de ses patients efforts et de sa sage politique. Au premier moment, du reste, les exploits de ses généraux en Asie ne furent pas arrêtés par la mort de Constantin, puisqu'au cours de 879-880 nous trouvons son armée en Mésopotamie combattant avec succès les Arabes ; mais ces victoires n'eurent aucun résultat pratique. Ni en Syrie, ni en Mésopotamie où Grecs et Arabes subirent de grandes pertes. l'Empire ne gagna de sérieux accroissements de frontières. Tout ce qu'il obtint ce fut une paix de deux années. Le plus clair de tant d'efforts fut donc, sans doute, de prouver aux ennemis que Byzance comptait toujours et qu'elle avait un basileus qui, malgré ses défaites en Occident, était de taille à tenir en échec tous ceux qui tenteraient d'entreprendre à son détriment quelque audacieux coup de main. Les Arabes purent s'en rendre compte encore une fois en 882. Bien que miné par le chagrin qui allait plus ou moins lui enlever l'usage de la raison et le goût des affaires, comme au début de son règne. Basile voulut retourner en personne guerroyer contre Mélitène. Cette forteresse, indispensable pour lui en tous temps, l'était plus encore depuis sa victoire contre les Pauliciens, car c'était par elle surtout qu'il pouvait défendre et organiser la conquête -. Mais pas plus en 882 qu'en 873 Basile
1. IbicL, ch. xLvi, p. 396. Cf. Vasiljev, op. cit., p. 78 cl Hirscli, op. cit., p. aSi.
2. C'est bien ce que comprenaient aussi les Arabes. Kodama nous dit. en effet : « C'est la seule forteresse qui pénètre bien avant dans le pays ennemi ; car tandis que les autres en sont séparées par un défilé ou un col, Vïelilène
33/i BASILE I
ne put réduire Mélitène. II fut obligé de lever le siège et poursuivi par les Arabes jusqu'à Sirica. C'étaient surtout les habitants de Germanikia qui avaient aidé Mélitène à lutter contre l'Empereur. Basile voulut se venger. En été de cette même année, il franchit le Saros et s'en vint occuper Koukousos K De là par des chemins qu'il fallait faire au fur et à mesure que l'armée avançait, il se dirigea sur Germanikia qu'il voulait punir et sur Adata. Mais il ne put se rendre maître ni de l'une ni de l'autre ville. Il dut se contenter de ravager le pays et, l'hiver arrivant, de rentrer à Constantinople par Césarée -. Néanmoins, cette campagne quelque malheureuse qu'elle ait été, eut cependant un résultat. Les Arabes demandèrent la paix 'K On pouvait espérer que pour un temps chacun serait tranquille. Il n'en fut rien. L'année suivante compta même parmi les plus tristes du règne. Dès l'été de 883 le gouverneur arabe de la frontière syrienne envahit le territoire byzantin. Après une lutte acharnée, les Grecs durent se retirer non sans avoir subi de lourdes pertes. Après les victoires de 878 c'était là une grande humiliation. On s'en prit au meilleur général qui commandait les troupes d'Orient, André. Les uns l'accusaient de n'avoir pas occupé Tarse, alors que ses victoires le lui permettaient; les autres, comme Santabarenos, l'attaquaient auprès de Basile, le lui dépeignant tout dévoué à Léon *. L'esprit affaibli de Basile ne sut pas résister à la cabale. 11 destitua André pour donner sa place à un certain Kesta Stippiotis qui promettait de courir à la conquête de Tarse •'. Il partit, en effet, au mois de septembre 883 avec 100.000 hommes ; mais ce fut pour ne pas revenir. Cerné de nuit par les troupes de l'Arabe Yasaman à Chrysoboullon ^, non loin de Tarse, il fut complètement défait et périt dans la mêlée avec les stratèges de Cappadoce et des Anatoliques. Les Arabes emportèrent du champ de bataille un riche butin.
(Malatia) est située sur un mcnic terrain luii et contigu au territoire ennemi. » (De Goeje, Biblioth., VI, p. 194).
I. Vit. Basil., cli. xlviu, p. 396. Cf. Ramsay, op. cit., 276.
3. Ibid., xLVHi, p. 297; xLix, p. 3oo. Cf. sur la prédiction racontée par Constantin Ml lors de cette campagne. Ilirsch, op. cit., p. aô 1-353.