‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 323 sur 409 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L ADMLMSTRATION MILITAIRE

Ce n'est pas sans peine que Basile l" obtint de son armée l'effort nécesssaire pour accomplir la grande œuvre de libération nationale qu'il ne cessa de tenter au cours de son règne. Michel lïl lui avait légué, en cela comme en tout le reste, des services militaires désorganisés, des troupes indisciplinées et mal exercées, des soldats mécontents parce qu'ils n'étaient plus payés. Une fois déjà, avant la mort de Michel, cet état de choses avait amené un semblant de révolte que le Basileus s'empressa de calmer en distribant de l'argent qu'on lit en hâte fondre et monnayer ; mais ce n'était là qu'un expédient. H fallait réorganiser l'armée aussi bien que la justice, les finances, l'administration civile et c'est ce que fît Basile. Là, comme ailleurs, il paraît avoir apporté un grand nombre d'améliorations que son sens pratique et sa claire intelligence jugèrent bien vite nécessaires ^ .

I. Il n'est pas très aisé de savoir avec exactitude ce qui fut transformé, abandonné et innové au cours du règne de Basile I". A part quelques renseignements épars qu'on pourra glaner dans la Vita Basilii ; les chapitres du II« appendice du Livre des Cérémonies composés à l'aide de sources du ix" siècle et dont beaucoup sont du temps même de Basile ; un certain nombre de passages du IP Livre des Cérémonies écrits à Tépoque de Léon VI ; quelques textes des Taktika de ce même Empereur, nous n'avons pas d'autres données précises sur la part que prit Basile à la reconstitution de l'armée. Nous possédons, grâce aux géographes arabes. Ibn Hordadbeh et Kodama, un état de l'armée telle qu'elle existait entre 830 et 849 ; nous en possédons un autre quelque peu différent dans le Clétorologe. Il est plus que probable que ces changements dont la caractéristique se trouve être du même ordre que ceux que nous avons observés aux chapitres précédents — une augmentation du nombre de fonctionnaires par rapport à l'époque précédente — remontent en partie à Basile. Le fondateur de la dynastie macédonienne a préparé et commencé dans toutes les branches de l'administration impériale les réformes que Léon VI termina. Il n'est donc nullement nécessaire de récuser le témoignage des géographes arabes ainsi ([ue le fait M. Lspenskij, sous prétexte

ET l'empire byzantin 339

Ainsi que nous l'apprend Constantin VII, l'armée, à Tavènement de Basile, était en très fâcheuse posture. Les largesses habi luclles, les « rogai », les distributions de blé ', avaientété suspendues et. de ce fail, l'armée s'était trouvée airaiblLe et désorganisée. Il fallut donc réformer les cadres en appelant sous les aigles byzantines de nouvelles recrues - et, pour cela, leur distribuer ce qui leur était nécessaire. Le recrutement de l'armée se faisait de deux manières : par des engagements volontaires et par des engaments forcés^, imposésauxpropriétaires de biens-fonds militaires car ceux-là seuls, suivant l'ancienne tradition romaine, étaient tenus au service *. Dans chaque province, en eftet. il y avait un certain nombre de familles en possession de terres militaires (o-TpaTuoT'.xà xTrl[JiaTa). Leur nom était inscrit sur un registre spécial, le (( G-ToaTuoT'.xo; y.y.zylo^fo; », terme qui revient souvent dans les récits hagiographiques ^ et dont la garde était confiée à un fonctionnaire spécial, chargé de le tenir à jour comme de faire les inspections nécessaires *^. Sur ces registres figurait la mention des biens militaires avec le nom des possesseurs et ceux-là seuls étaient appelés sous les armes dont les noms étaient inscrits sur les registres. Ces biens militaires une fois entrés dans une famille, se transmettaient avec leurs charges, par voie d'héritage, étaient exempts de certaines redevances, le service militaire obligatoire tenant lieu d'autres impôts, et étaient insaisissables. On avait ainsi des familles de soldats, par conséquent une caste spéciale, formée de pères en fils, au métier des armes (6 o-TpaT'.coT'.xô:, 6 -oA'.t'.xo; oIy.o;). et, sauf d'assez rares exceptions, peu de civils {-oW-zyj.) venaient s'y mêler '^.

que leurs dires ne concordent pas avec ceux de (]onslanlin VII. L'historien russe ne paraît pas s'être aperçu qu'entre 8A2 et Tannée indécise du \*= siècle en laciuelle écrit Constantin \U, de grandes transformations se sont opérées. Pour conn^iîtredonc autant que faire se peut l'organisation de l'armée à l'époque de Basile, la plus sûre méthode me parait être de prendre comme base le Clétorologe de Philothéo qui est daté avec précision en le confron- •tant avec les écri\ains arabes.

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