‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 345 sur 409 · I. Cerem., p · texte numérisé non relu

I. Cerem., p

— l'imaiion — brodé d'or et de perles du plus haut prix, l'épée au côté, le diadème (xa'.Tap'lx',ov) en tête. C.onstantin portant une cuirasse d'or (xAiêàviov). l'épée et les souliers d'or, tenant à la main une lance d'or, enrichie de perles, la tête ceinte d'un bonnet (cpaxioAov) blanc et or et sur le front une couronne d'or, montèrent sur deux chevaux blancs, magnifiquement harnachés. Au couvent des Abramites les deux démarches et leurs factions en habits de fête vinrent recevoir et complimenter les souverains. Les acclamations d'usage « gloire à Dieu, gloire à la Très Sainte Trinité » retentirent chantées parles deux factions du cirque, tandis que le cortège se rendait à la Porte dorée. L'éparche de la ville et ses ministres s'y trouvaient déjà. Dès que l'Empereur fut arrivé, ils se jetèrent h genoux pour l'adorer et lui présenter des couronnes d'or et d'autres de laurier que Basile reçut en remettant à l'éparche une belle somme d'argent. Cette cérémonie achevée, le cortège se dirigea d'abord vers le Sigma et de là à l'Exokionion pour rejoindre la « Méa-r, », par le Xérolophos, au forum d'Arcadius. Suivant dès lors la voie triomphale, le cortège passa par le Forum bovis, le Capitole, le Phila delphion, le Forum Tauri, l'Artopoleion, pour aboutir enfin au forum de Constantin, non loin de Sainte-Sophie. Là, les Empereurs descendirent de cheval et entrèrent dans l'église de la Mère de Dieu où se trouvaient le patriarche et tout le clergé de Sainte-Sophie. On alluma les cierges et, après une rapide prière, on se remit en marche, non sans avoir changé d'habits. Les costumes militaires firent place aux costumes impériaux civils, manteau, chlamyde, diadème et c'est dans ce nouvel appareil que précédé des troupes ' , des dépouilles prises aux Arabes et de la croix, le cortège arriva au milliaire d'or situé sur le Forum Augusteuîn en face de Sainte-Sophie. Pénétrant alors à l'intérieur de la « belle porte » (wpaia tîjXy,) les Empereui'S déposèrent leur couronne et entrèrent dans le narthex par la porte centrale, celle qui conserve encore aujourd'hui sur son tympan une mosaïque représentant très vraisemblablement Basile. Ils tenaient un cierge allumé à la main et avaient à leur côté le patriarche. La liturgie solennelle se déroula alors. Une fois achevée, les Empereurs rentrèrent au Palais avec le cérémonial des grands jours. Ln dîner fut servi dans le triclinium de

I. Nous retrouvons là rénumération des divers groupements militaires cités plus haut : skeuai, labouroi, signoi, bandes, etc.

ET l'empire byzantin 363

Justinien et après diverses réjouissances, Basile, heureux de rincomparable spectacle qu'il avait donné à sou peuple, distribua aux membres du Sénat argent et riches habits.

Mais, comme en tous temps, une armée coûte cher à la nation et la guerre est toujours chose fort onéreuse. Gomment à Byzance payait-on les soldats, par quels impôts faisait-on face aux nombreuses dépenses qu'entraînaient les longues campagnes, les triomphaux retours, les généreuses largesses de l'Empereur ^ ? Le bien-fonds donné aux familles de soldats n'était pas seulement destiné à obliger ces familles à fournir l'armée de recrues nouvelles. Sur les revenus de la terre, elles devaient aussi entretenir le soldat, c'est-à-dire l'équiper et le nourrir. Si la parcelle de terre était de trop maigre rendement, le propriétaire se cotisait avec d'autres pauvres pour armer le soldat ; mais jamais le trésor ne se chargeait de la chose. C'est ce qu'explique fort bien un auteur arabe : « Il n'y a pas de marché dans le camp romain. Chaque soldat est obligé d'amener de chez lui, le biscuit, l'huile, le vin et le fromage dont il aura besoin -. » Mais, s'il n'est ni équipé, ni entretenu, le soldat reçoit, indépendamment de certaines gratifications exceptionnelles et de sa part de dépouilles, une paie dont Ibn Hordadbeh nous donne en gros le résumé : « La paie des officiers est, au maximum, de 4o livres d'or ; elle descend à 36, à 2^, à 12, à 6 et jusqu'à i livre. La paie des soldats varie entre i8 et 12 dinares par an. Mais ordinairement elle n'a lieu que tous les trois ans. Il arrive même qu'on paie en une fois la somme représentant quatre, cinq ou six années de service ))^. Une autre source arabe, nous donne encore à ce sujet quelques renseignements : « Une personne qui connaît très bien le pays des Romains dit que la paie des officiers varie entre 3 et I livre d'or. Or, chaque livre vaut go mithkâl. Les Romains admettent dans le rôle de leur armée les jeunes gens imberbes. Ceux-ci reçoivent i dinare la première année, 2 dinares la seconde, 3 la troisième et ainsi de suite jusqu'à leur douzième année de service, lorsqu'ils touchent la paie complète de 12 dinares » *. Dans leur ensemble, ces données correspondent assez

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