I. De Adinin., ch. li, pp. 385 et scq
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plus grand désir de tous les marins. Nous en avons une preuve dans ce môme chapitre li du De administrando dans lequel Constantin nous raconte l'ascension progressive de deux protospathaires de laphiale. Ils étaient « protélates », c'est à-dire les premiers des matelots, chefs d'équipes sous les ordres de Nasar, drongaire de la flotte ^ ; ils s'appelaient Podarôn et Léon. Au cours du règne de Basile, ils passèrent, à cause de leur habileté, de la flotte, sur les yachts impériaux, avec le même grade. Puis, sous Léon YI, lors de la création des dromons, il fallut un personnel plus nombreux. L'Empereur eut un équipage semblable à celui des stratèges. Les deux protélates devinrent donc (( protokaraboi )> ou chefs des timoniers. C'est alors qu'en 902 éclata la guerre de Sicile. La flotte impériale, commandée par le drongaire Eustathe, avait besoin de matelots. L'Empereur ordonna donc que tous les marins iraient prendre du service sur les chclandia, les protokaraboi en tête. Podarôn, à son retour, fut créé protospathaire de la phiale. Etant illettré, on lui adjoignit pour juger un juge de Thippodrome.
Mais, cependant, pour honorable que fut cette dignité, elle ne pouvait marcher de pair avec les grandes charges de l'Empire. Un protospathaire de la phiale n'avait pas rang, semblet-il, parmi les officiers qui allaient à la cour. Aussi, pour avancer, fallait-il rentrer dans le service actif. De protospathaire de^la phiale Podarôn et Léon furent nommés topotérètes de la flotte impériale, charge beaucoup plus importante. Le premier acheva sa carrière comme stratège des Kibyrrhéotes -.
Cet exemple le montre donc. Il y avait, en réalité, à Byzance, trois flottes : la flotte des thèmes, la flotte impériale, la flotte privée de l'Empereur. Cette dernière était la plus brillante. Les marins pouvaient arriver à de hautes situations. A grades égaux avec les marins des autres flottes, ils passaient les premiers ; puis venaient les marins de la flotte impériale, enfin ceux des thèmes. Le (( curriculum honoris » est donc bien nettement défini. D'un grade quelconque de la flotte ordinaire, on passait au grade correspondant dans la flottille impériale ; puis, on rentrait dans la flotte impériale avec un grade supérieur ; enfin de la flotte impériale on s'en allait dans celle d'un thème
1. Nous connaissons aussi des « dcutcroélatcs », tel ce Michel qui remplissait cette fonction sur l'agrarion de Basile. (Ibid., 'Sc^'i).