‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 360 sur 409 · Ibid., 256; ibid., 24i · texte numérisé non relu

Ibid., 256; ibid., 24i

ET l'empire byzantin 38 1

fait pour enrichir les grands propriétaires. Le mince revenu payé par le colon à sou seigneur suffisait à peine à ce dernier poiu* raccpiitlemeut de Timpot. Bien plus. Il y eut désormais dans la localion de la terre de grands aléas. Le colon pouvait clianger de domicile et laisser, par conséquent, les terres du seigneur en friche : grave préjudice pour lui puisqu'il était toujours obligé de payer l'impôt. Ce fut la raison de la lutte entreprise dès le rétablissement de l'orthodoxie par les « puissants » pour le recouvrement de leurs anciens privilèges, lutte qui se trahit à l'époque de Basile, au travers des quelques textes dont nous avons parlé et qui, dès le début du x^ siècle, arrive à la victoire enregistrée dans les Basiliques par la reprise du Code justinien et qui peut se caractériser par ces deux faits : on essaya, de nouveau, de lier le colon à la terre du seigneur ; on essaya d'élever les revenus agricoles. Les Basiliques et les textes juridiques, contemporains et postérieurs, en effet, connaissent de nouveau deux sortes de paysans, souvent appelés « Tzàpoixoi » : ceux qui sont libres et paient l'impôt et ceux qui dépendent d'un seigneur '. A son tour, le u patrocinium » reparaît dans une novelle de Romain Lécapène et dès lors l'Empire byzantin vivra plusieurs siècles encore sur le droit justinien plus ou moins modifié ou altéré.

Telle était donc dans la seconde moitié du ix*^ siècle la situation du paysan par rapport à son seigneur. Reste à dire comment la terre se trouvait répartie. La couronne possédait, nous l'avons vu. des domaines considérables. Basile, par achats et confiscations, augmenta encore les revenus soit du fisc, soit de sa cassette privée et contribua, sans peut-être s'en rendre bien compte, à hâter la lente disparition de la petite propriété privée. Mais ce furent surtout les églises et les couvents qui accaparèrent les plus grands lots de terre. Des donations nombreuses leur étaient faites; souvent les moines en entrant au couvent remettaient à leur nouveau supéiieur la fortune qu'ils tenaient de leurs parents ; les misères du temps aussi — famines, guerres, maladies — favorisèrent d'injustes empiétements et permirent aux églises et couvents la constitution de fortunes foncières tellement considérables que la petite propriété privée en eut beaucoup à souffrir. De leur côté, grands et puissants seigneurs

i. ZacliariiP v. Liii^enthal, op. <•//., 260.

imitaient ce qu'ils voyaient faire à l'Empereur et aux églises et par d'incessantes rapines augmentaient au détriment du pauvre leurs grandes propriétés. Enfin, il y avait des terres soumises à deux sortes de régime foncier : les terres des soldats et celles des communes libres. Toutes ces terres, qu'elles fussent à l'Empereur, aux moines, aux grands, étaient cultivées par les (( paroikoi », les fermiers, et souvent, sur les terres d'églises, par les moines, ou bien elles étaient louées en emphyteuse à de petits propriétaires qui, un jour, faute de pouvoir payer et le fisc et le propriétaire, ne pouvant plus cultiver ce qu'ils ont loué, passeront au rang de serfs. Quant à la petite propriété libre, dès l'époque de Basile, elle tend à se faire de plus en plus rare. Leurs tenanciers étaient les (( -évy.tî; » lôs pauvres, ceux qui, suivant le I^roclliron^ n'avaient pas cinquante nomismata de fortune.

Au dernier degré de l'échelle sociale se (rouvaient les esclaves (ol ôo'jXol). Ce n'est pas. dit pompeusement Basile, la nature qui a créé l'esclavage. La nature ne fait que des liommes libres ; mais c'est la guerre qui engendre l'esclavage parce que la loi de la guerre veut que les vaincus soient la chose (xTrjjjia) du vainqueur-. Dès lors, ne pouvaient être esclaves que ceux qui, en guerre, tombaient aux mains du vainqueur et ceux qui, dans la suite, naissaient d'esclaves devenus domestiques -^ Mais c'était là de la théorie. Il suffît, en effet, de parcourir les règles que Basile décrète au sujet de l'état légal auquel doit appartenir un enfant à sa naissance pour se rendre compte qu'en fait, on pouvait devenir esclave, même en temps de paix. Sans doute, par ces règles *, il entend favoriser l'enfant et invariablement il le déclare libre ; mais qu'on examine les hypothèses qu'il établit et l'on verra par quelles fluctuations la condition des parents pouvait passer. Libre sera l'enfant né d'une mère libre et d'un père esclave ; libre, l'enfant qui naît d'une mère libre au moment de la conception et qui devient esclave avant la naissance^ ; libre enfin l'enfant qui naît d'une mère redevenue esclave si au temps de la conception elle était affranchie ^. Entre

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