LE COMMERCE A BYZANCE AU IX" SIECLE
Si la révolution sociale que nous entrevoyons à travers les textes semble avoir au vni^ siècle el durant la première moitié du ix" singulièrement modifié la condition des classes pauvres ; si l'incurie du gouvernement de Michel lit perdre à l'Empire quelque chose de son prestige extérieur, ce ne fut pas, sans doute, le commerce qui souffrit le plus de cet état d'abaissement momentané. Déjà très (( internationalisé » il n'avait guère que deux ennemis redoutables : la mer el les pirates. Aussi voyons-nous par les rares allusions des chroniqueurs et le récit des géographes arabes, que malgré les agitations religieuses et politiques de Byzance, le commerce ne chôma pas entre TOrient et l'Occident.
Nous savons déjà que les douanes continentales et maritimes étaient une des grandes ressources financières de l'Empire. Commises à la surveillance des (( commerciaires )> qui pouvaient être revêtus de titres de noblesse ^ elles servaient tout d'abord à alirnenter la caisse provinciale, parfois à payer le stratège, plus généralement à subvenir aux multiples nécessités de l'administration du thème. Le reste allait dans les caisses de l'Empire. L'impôt qui se payait ainsi paraît avoir été du dixième sur la valeur des marchandises-.
Les douanes les plus importantes se trouvaient, naturellement, à l'entrée de l'Hellespont d'une part, pour le commerce venant d'Occident ; à l'entrée du Bosphore de Thrace, du côté du Pont, d'autre part, pour le commerce venant d'Orient -^ Les princi-
1. Nous avons, par exemple, le sceau d'un conunerciaire qui est « candidat ». Schlumherger, S igillog., p. ii4-