Ibid., pi. Mil
ET l'eMPIHE byzantin f^l^
servir à ornemenlcr une petite boîte de bois. Ce dessin est d'ordre religieux. 11 représente Moïse revêtant Aaron et ses fils de l'habit sacerdotal — c'est du moins ee que nous dit l'inscription. — Là comme dans les autres exemples de l'art du ix*" siècle que nous avons signalés nous trouvons unis à une certaine gaucherie de composition toute de symétrie quelquesunes des qualités artistiques qui distingueront l'époque suivante. Le centre de la plaque est occupé par un des fils d' Varon auquel Mo'ïse remet le manteau. Le geste de ce dernier accrochant le vêlement est déjà plein de naturel comme l'expression de celui qui le reçoit est pleine de vie et de mouvement *.
Quant aux coffrets deux spécimens qui paraissent bien appartenir au ix'^ siècle sont arrivés jusqu'à nous. L'un se trouve au musée du Louvre. Il représente sur sa face antérieure, au dire de Labarlhe. Hérode en présence des rois mages. Le bas-relief du côté gauche est plus clair. C'est l'Annonciation. Au côté droit, la Visitation. La face postérieure nous retrace deux scènes : la Nativité et la Présentation. Tous ces sujets sont traités avec aisance. Les personnages ont de l'expression, une attitude souvent vraie. Le feuillage qui encadre ces scènes a beaucoup d'analogie avec celui qui entoure l'ange de saint Mathieu. On sent, à n^en pas douter, une main qui travaille d'après des motifs souvent reproduits et qu'elle a Fhabitude de traiter -.
L'autre coffret, beaucoup plus intéressant, appartient à la collection kircher à Rome, et est attribué par Graeven à la fin du ix*" siècle et par M. Schlumberger, qui le premier l'a décrit, au ix*" ou x*^ siècle. Les parois de ce coffret, présent de mariage fait à une basilissa. sont divisées en deux séries longitudinales. Sauf deux exceptions, les sujets se rapportent tous à l'histoire de David, de son enfance à sa mort. Les quatre arêtes du coffret sont décorés de rinceaux, d'arabesques et de fruits. Le sommet du couvercle, formé d'un petit panneau long, représenteen son centre le Christ bénissant le couple impérial en grands habits de cérémonies. Au-dessous, dans un petit compartiment, deux personnages en prière, sans doute l'Empereur et son épouse.
.'). (Iracven, II, photogr. i.
(j. Labarthc, Album, pi. i\.
/i20 BASILE I
Ce coffret est très curieux. L'art est le même que celui des autres plaques dïvoire. S'il y a, comme le remarque M. Schlumberger. beaucoup de vie et de relief dans les scènes, les personnages restent courts et trapus, les diverses scènes sont encore souvent gauchement composées quoique singulièrement vives et variées ; mais déjà on saisit le progrès constant et, ce qui parait plus intéressant, des procédés pris à l'antique. Le coffret, en effet, porte encore des traces de peinture faites sans doute pour donner plus d'éclat et de relief à la sculpture; c'était la méthode hellénistique. — A qui appartint ce royal bijou ? M. Schlumberger a essayé de faire plusieurs hypothèses qu'il a lui-même abandonnées. Serait-il téméraire de supposer que ces scènes de David, intentionnelles à coup sûr, furent sculptées pour Basile qui, lui aussi, de pâtre devint roi, lutta victorieusement contre ses ennemis et dut combattre avant d'être reconnu par Israël, la maison de Saûl ^ ?
Cet art de Tivoirerie si répandu à Byzance, a eu dans l'Italie méridionale au ix'' siècle d'assez nombreux imitateurs dont les œuvres sont représentées aujourd'hui, entre autres, par quelques beaux coffrets de la collection Carrand au Bargello à Florence. Plusieurs de ces coffrets sont de véritables œuvres d'art, par la composition, la fantaisie, l'imagination qu'a su déployer l'artiste comme par la façon souvent très finie avec laquelle les sujets sont rendus. Sur l'un, par exemple ^, l'artiste a représenté Marie au sépulcre et sur le tombeau vide l'ange lui annonçant la grande nouvelle de la Résurrection. Celte œuvre fait déjà penser, parla vie, la simplicité et la grandeur du tableau, à la fresque assez semblable que quelques siècles plus tard l'Angclico peindra dans l'une des cellules de Saint-Marc. Sur un autre coffret ^, nous avons une ascension aussi superbement enlevée que finement travaillée et qui prouve bien l'heureux et rapide développement de l'art byzantin au ix*^ siècle jusque dans ces pays d'Italie et de Sicile pourtant si troublés et si profondément bouleversés *. •
t. Schlumberger, In coffret byzantin d'ivoire du musée Kircher à Rome (Monuments Piot, i. VI, 2. l^aris, 1900).
\. Cet ivoire est reproduit par Labarle, Album I, pi. I\.
CONCLUSIO?s