‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 396 sur 409 · FIN DU REGNE DE BASILE · texte numérisé non relu

FIN DU REGNE DE BASILE

Depuis la mort de Constantin en 879, la vie de Basile ne fut plus qu'une longue souffrance. Brisé par ce coup du sort qui lui enlevait son véritable enfant et allait permettre à Léon YI, le fils de Michel III. sa victime, de régner et de cueillir les fruits de ses persévérants efforts, vieilli et usé par les fatigues qu'ii avait assumées, Basile se laissa circonvenir par Photius et Santabarenos et il perdit la raison. Les souvenirs du passé, de ce passé maculé de tant de taches, reprenaient à ses yeux corps et vie et semblaient se lever devant lui comme un spectre pour kii rappeler ses crimes d'autrefois et les lui faire expier. Les conjurations de Photius et de Santabarenos, comme celle du domestique des Icanates Jean Kourkouas, étaient là. du reste, pour donner à ses craintes l'apparence trop fondée de la réalité. Se croyant entouré d'ennemis, prêt à succomber sous leurs coups, Basile redevint l'homme violent et cruel qu'il avait été à certaines heures de sa vie. Léon, un instant compromis dans une imaginaire révolte, fut rudement châtié ; les partisans de Kourkouas furent tondus et exilés. L'affaire de Léon eut. du moins, un épilogue. Les plans de Photius et de Santabarenos ayant échoué, ce dernier dut s'exiler dans son évêché et Photius perdit le peu d'autorité qui lui restait. A leur place, dans la confiance de Basile, un habile homme vint se glisser. C'était le futur beau-père de Léon VI, Slylianos Zaoulzès. Déjà, grâce à son intervention, Basile avait pardonné à son futur successeur et lui avait rendu la liberté. Quand Santabarenos se fut retiré, Slylianos devint tout puissant. Il était Arménien comme Basile, rusé comme tous les gens de sa race; il avait, peut-être après Photius, été pré-

ceptcur d'Alexandre et d'Etienne ^ Il n'en fallait pas davantage pour que l'esprit affaibli de l'Empereur acceptât cette seconde tutelle. C'était pour le grand parti aristocratique, resté fidèle à la mémoire de Michel, la définitive victoire. Désormais, il était sûr de voir Léon VI régner après Basile. C'est ce qui ne tarda pas à arriver,

L'Empereur, rongé par l'inquiétude, la souffrance, la tristesse, passait son temps à chasser et c'est là que la mort vint, un jour, le chercher. Le 20 août 886, il se trouvait, en effet, dans une résidence impériale, à Apamée, non loin de Rhegion-, pour y courir le cerf. Il était accompagné de Stylianos, du prolovestiaire Procope-' et d'un certain nombre de personnages de la cour. La chasse avait débuté sans incidents quand, tout à coup, un cerf d'une grandeur exlraordinaire apparut. L'Empereur, à cheval, voulut se précipiter à sa suite. Il était seul. En entendant le bruit du cavalier, le cerf qui buvait à une source se retourna subitement et de ses bois accrocha la lance de l'Empereur et la fit tomber. Basile, à ce moment, fit-il un mouvement pour rattraper sa lance? c'est ce qu'il est impossible de savoir. Ce qui est certain, c'est que les bois du cerf vinrent se loger dans sa ceinture, l'arrachèrent de son cheval et le portèrent, paraît-il, jusqu'à Katasyrtae, tandis que le cheval revint seul au milieu des chasseurs. Aussitôt, naturellement, on se mit à la recherche de l'Empereur. Finalement, après bien des battues inutiles, un phargan de Thétérie aperçut le cerf, put le rejoindre et couper de son épée la ceinture de l'Empereur qui tomba par terre inanimé. Mal en prit au pauvre soldat. Sa noble conduite ne fut guère récompensée car. revenu à lui, Basile, convaincu qu'il avait été l'objet d'un complot — et cela peut-être non sans raisons — ordonna de faire enfermer son sauveur et de le décapiter ^ sous prétexte qu'il avait voulu non le sauver, mais le tuer î L'Empereur n'en était pas moins irrémédiablement condamné. Transporté à Constantinople, il vécut encore neuf jours dans les plus horribles souffrances, perdant son sang, en proie à la fièvre et au délire, accusant Photius et Santabarenos de l'avoir éloigné de

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