‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 40 sur 409 · Mich., \\v, 193 ; x\n, 189; Cedrenus, io4o · texte numérisé non relu

Mich., \\v, 193 ; x\n, 189; Cedrenus, io4o

ET l, E.MIMIU: BYZANTIN » 1 J

même, on voit ïhéoctistos, d'abord, Bardas, ensuilc. quoique premiers ministres, prendre parfois la liante direction de l'armée et commander en chef une expédition. Et cela, en vérité, ne devait guère être favorable à la bonne marche des affaires dans une administration aussi compliquée que l'était forcément celle de l'Eiiipire byzantin. Ce n'est pas, cependant, ces considérations qui semblent avoir beaucoup ému l'Empereur. La grandeur de l'Empire et son administration l'intéressaient fort peu : ses plaisirs étaient sa seule occupai ion. La pensée, toutefois, d'être libre enfin de toute tutelle, si peu gênante qu'elle fut. le remplit d'espérance et c'est pour cette raison fpi'il autorisa le premier meurtre de son régne personnel : celui de ïhéoctistos ^ Ce lâche assassinat entraînait forcément avec soi la démission de Théodora et par là-même l'élévation de Bardas. C'était en 856, époque à laquelle Basile le Macédonien entrait au service de l'Empereur.

lit

Au cours de la régence de Théodora. l'iùnpire semble avoir été assez tranquille à l'intérieur et, à en juger par quelques puissantes familles aristocratiques de province, dans un état de grande prospérité. Sans doute ses limites s'étaient resserrées autour de la capitale depuis l'époque de Justinien et d'Héraclius. mais tel qu'il était encore au ix^ siècle et tel qu'il devint au X' sa puissance ])araissait redoutable aux ennemis et rassurante aux populations qui l'habitaient. Du reste, avec son cortège de fonctionnaires civils et militaires, il semblait à tous qu'il était bien défendu. Chaque thème, même dans les Slavinies, avait son gouverneur, byzantin d'origine, comme ce Méthode à Thessalonique qui devint célèbre dans l'histoire religieuse du ix" siècle par la mission qu'il alla fonder avec son frère Constantin-Cyrille en Moravie '-. Pas plus dans les provinces que dans la capitale, l'avènement de Théodora n'amena de révolution et l'histoire ne nous a laissé fpi'iui seul

I. Tlioopli. (]ont.. Vit. Mich., \iv cl \\, p. i85 ; S>m. Mag., \iii, 720; (iones., iioi-iio3 ; Gedren., io4i ; Georg. Moine, io45 ; Léon Granini., ioG(). 3. Lapôtro, L'Europe et le Snint-Sièfje, p. 100.

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souvenir d'une révolte importante durant le gouvernement de la régente : celle du Péloponnèse. Au ix^ siècle, le Péloponnèse ou Achaïe faisait partie, au point de vue administratif, des thèmes d'Europe. C'était, au dire de Conslantin Porpliyrogénète. le sixième en liste ^. En tous cas, il était relégué parmi les thèmes d'Europe, c'est-à-dire parmi les thèmes d'importance secondaire '-. Il avait à sa tête un stratège, mais qui loin de commander sur quarante villes importantes dont deux métropoles : Corinthe et Patras -^ pourrait bien n'avoir régné que sur des ruines, sauf pour quelques-unes de ces villes *. Néanmoins toute vie n'était pas éteinte dans ce pays que Constantin Porphyrogénète semble si mal connaître ^. Le commerce était prospère à Corinthe : la grande féodalité puissante : telle cette Danielis dont nous aurons à parler plus loin. Mais à côté de l'élément grec, depuis de longs siècles déjà, et surtout depuis Constantin Copronyme, vivaient des Slaves, souvent assez turbulents. Séparés du reste de la population hellénique, les Milinges et les Ezerites — deux des plus importantes colonies slaves du Péloponnèse — étaient confinés sur les pentes du Taygète et de là semaient la terreur sur tout le pays. Les déprédations, le vol, l'incendie étaient leurs armes favorites. Des régions grecques qui les avoisinaient immédiatement, aux portes de Patras, ils dominaient le pays par la terreur. On les voyait s'allier aux Sarrasins d'Afrique et autres lieux ^ et malgré l'héroïque défense des habitants, parfois aidés, suivant la légende, de saint André lui-même, ils semblaient maîtres du pays. Sous Michel III. aux environs de 8A9, eut lieu une de ces insurrections périodiques, peut-être celle-là plus terrible que les autres, qui exigea une énergique répression. Le stratège du Péloponnèse que Constantin Porphyrogénète appelle Théoctistos Bryennios et que Zonaras identifie aA ce le tuteur de l'Empereur, partit pour Corinthe. centre de son gouvernement ", emmenant avec lui des ïhraces, des Macédoniens,

1 . De Them., p. 1 34. Dans le clétorologium de Philothée qui est plus ancien, il n'y a pas de distinction numérique.

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