I. Nordcn, Das Papsttum iind Byzanz
'i. Jl ne s'ensuit pas, de cette politique relioieuse de Théodora, comme on l'a trop souvent répété, qu'elle ait arrêté tout développement et tout essor de vie dans l'Eglise grecque. Non, malgré la main-mise de l'Etat sur l'Eglise, cette dernière continua à lutter courageusement chaque fois que le besoin s'en fît sentir pour réprimer les abus, réformer les mœurs et tendre, dans la mesure du possible, \ers l'idéal religieux et moral que le christianisme propose à ses enfants. Voir à ce sujet le fort intéressant article de M. Dzavachov sur l'histoire des réformes ecclésiastiques dans l'ancienne Géorgie rjoiirn. du Ministère de l'Instruction publique, février 1904).
3. Le kentenarion valait 100 litrae byzantines. Suivant Bureau delà Malle, une titra f)esait SaG grammes 33 d'or et vaudrait environ loS.'t francs de notre monnaie actuelle. (Cf Rambaud, Emp. byz. aux" s., p. 1074, et plus bas, administration financière).
4. Les chroniqueurs ne sont pas absolument d'accord sur la fortune laissée par Théodora à son départ. La 17/. Mich. (xxi, i85) donne 1090 kentenaria d'or, Cedrenus (loH) de même, ainsi que Sym. Mag. (xn , 720; (jlenesios, iio5). Constant. Porphyr. (Vit. Basil., xwn, 2G8), donne quelques détails. 11 dit qu'à la mort de Théophile il y avait au trésor 970 kentenaria d'or monnayé, sans compter l'argent monnayé ou non (Cedrenus dit qu'il y avait 3ooo kentenaria d'argent) et que Théodora y ajouta 3o kentenaria d'or, ce qui fait 1000 kentenaria, soit environ i million 34 mille francs, fortune bien modeste pour un Empereur byzantin.
5. Theoph. Cont., Vil. Mich., \x, i85; x\i, 188. Vil. Basil., wnu, 3G8 et se([. Sym. Mag., m\, --h).
saieiil faire. Ce iic lut que le jour où il réclama pour son précepteur des dignités et des honneurs ^ qu'il reçut un refus net : « Il ne faut, répondit Théoctistos, conférer les dignités de l'Empire qu'à ceux qui en sont dignes et point à ceux qui ne le sont pas-. » Ce refus allait être gros de conséquences. Michel devenait un mécontent, enclin à recevoir et à admettre toutes les calomnies, à nouer toutes les intrigues, à croire tous les flatteurs. Malgré les efforts de Théodora pour gouverner avec sagesse et dignité, il ne pouvait pas se faire que sa politique ne mécontentât pas. Ambitieux éconduits, iconoclastes froissés, parasites voluptueux vinrent donc se grouper autour de Michel pour combattre la régente. A la tète du parti était Bardas. Grâce à ses adulations, il ne tarda pas à avoir l'oreille du maître et il ne lui fut pas difficile de faire entendre à l'Empereur le langage des passions : o Les choses sont mal administrées, lui disait-il. Théoctistos vous tient éloigné des affaires, vous l'héritier de Théophile : il veut épouser votre mère ou une de vos sœurs, et vous, vous aurez les yeux crevés ^. n Pures imaginations, sans doute, mais qui pouvaient, peut être, ne pas manquer de vraisemblance. Il est bien certain, en effet, que dans une cour OLi tout le gouvernement, central et provincial, se trouve confié aune seule famille, sans autre contrôle étranger que celui de l'ambition ou de la haine de parents malheureux, de graves négligences pouvaient être commises. Cela est, du reste, d'autant moins étonnant que tout ce monde de grands fonctionnaires ne paraît pas résider beaucoup dans les gouvernements provinciaux. Théophylitzès, par exemple, un cousin de Théodora. semble bien être stratège du Péloponnèse, mais il réside à Byzance ^. Petronas, frère de Théodora, est stratège des Thracésiens ^. Cela ne l'empêche pas de courir l'Empire, à la lête de troupes ramassées dans divers thèmes, pour combattre l'ennemi et d'être souvent à Constantinople. Bien plus, les deux pouvoirs, civil et militaire, sont si peu distincts que non seulement dans les thèmes, mais à Byzance
1. Thcopli. Cont., \ il. Micli., \i\, p. i84 ; Ccdroiius, lo^i.