Léon Grannii
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manœuvre, de faire éloigner Antigone et ses troupes ^ était décidé à en finir avec un jeu qu'il savait fort risqué. Dès que le César se fut approché de Michel pour le saluer, lui-même s'avança et sur un signe convenu, tous les conjurés s'apprêtèrent à frapper leur victime. Basile donna le premier coup, après quoi chacun s'acharna sur le corps de Bardas qui fut mis en pièces et honteusement déchiqueté -. Du César, il ne resta rien que la mâchoire inférieure quon conserva longtemps dans une petite urne en ce même monastère de Gastria oii ïhéodora était religieuse et fut ensevelie^.
Basile était donc vainqueur. 11 n'avait que faire, dès lors, d'une expédition en Crête. On rentra à Byzance ; mais ce ne fut pas sans difficultés. L'armée, à la nouvelle du meurtre, essaya de se révolter. Il fallut toute l'énergie du drongaire Constantin, parent, mais ennemi de Bardas, et grand partisan de Basile^ — nous l'avons déjà vu — pour réprimer une sédition qui pouvait être fatale à l'Empereur et à son parakimomène et convaincre chacun que le César avait été tué légitimement à cause de ses insolentes prétentions et de ses ambitieux projets'». Ce fut, du reste, à partir de cet instant, la thèse de la cour et la raison qu'elle donna du lâche assassinat de Bardas <^.
Le peuple, cependant, ne paraît pas avoir jugé de même le meurtre qui venait d'être commis. Michel et Basile rentrèrent à Constantinople sans triomphe, la conscience chargée d'un lourd crime. L'Empire était privé de son j^lus habile défenseur et plus que jamais les esprits chagrins pouvaient, à l'horizon des choses, voir s'accumuler les sujets d'angoisse et d'inquiétude. Aussi la population ne fut-elle pas aimable à l'égard de ses maîtres. Des murmures accueillirent le cortège impérial et un