Gedrcn
ET l'empire byzantin 55
veiller à ce qu'aucune injustice ne se commette car c'est en lui seul que les sujets lésés peuAcnt avoir recours '. » Par ses mains passaient toutes les nominations afin que « les cerfs ne commandent pas aux lions, mais les lions aux cerfs- » et c'est lui qui en personne allait parfois surveiller ses soldats avec lesquels il aimait à vivre et dont, joyeusement, il supportait les souffrances ^. Enfin, chose très remarquable pour un parvenu et un ignorant comme lui qui ne savait pas même écrire *, il comprit que la souveraineté n'est vraiment grande et féconde, quels que soient, par ailleurs, ses gloires militaires et ses bienfaits réparateurs, que lorsqu'à sa couronne brille le fleuron de la science et de la civilisation. C'est elle, la science, qu'un empereur doit prendre pour sa reine, « aj-rr, yàp xal j^ao-'Asiav xotijls^ xal TOJ.; j3a7',£jovTa; às'.jjiv/^a-TOj; y-.o'zù.tl ^ » et donner à ses sujets car elle est nécessaire à tous, chefs et particuliers, « où txovov poL<jC/.zù'7\y , aAAà xal lo-.wTau ^ » et c'est une honte pour un Etat quand les enfants demeurent sans éducation : « 6 -ovy.oo'j^ xal à-naiôcJTOj; £à)v a-ao-av TÀjV TTOA'.TîLav ào'.xsl^. » Aussi, tandis que lui-même se plaisait, au milieu de ses nombreuses occupations, à lire, tantôt les grands faits des généraux et des empereurs d'autrefois, tantôt des ouvrages de morale et de spiritualité et faisait, de sa main inexpérimentée, un choix des choses les meilleures qu'il avait lues pour les imiter ensuite^, il traçait à son fils tout un programme littéraire où l'étude de l'éloquence marchait de pair avec celle des modèles qu'il jugeait les meilleurs à la formation d'un futur Empereur comme « Isocrate, Salomon et Jésus fils de Sirach '^ ». On sait que ces conseils furent suivis et que Léon YI devint orateur.
Ainsi donc Basile ne se contenta pas de formuler la théorie du gouvernement absolu tel qu'il le comprenait avec tous ses contemporains. Il voulut a vivre » cette théorie et la réaliser dans son administration et sa conduite personnelle. C'est grâce
i.Ex/i.. XLIV, G.