Genesios
Ce fut à l'époque des (^omnènes que la fureur des titres les plus divers semble avoir atteint son apogée. On créa alors des protonobilissimes, des protocuropalales, etc. Entre tous ces dignitaires il y avait vni ordre de pré-
Ceci posé, parcourons les divers litres dont se composait la hiérarchie byzantine. Gomme le dit Philothée dans le Clétorologe, il y avait dix-huit titres n'impliquant, par soi, aucune fonction réelle, titres purement honorifiques, donnés par l'Empereur pour récompenser ses amis, tout comme, dans nos cours modernes, un souverain délivre des titres de comte et de marquis à ceux qu'il veut honorer. Le plus haut de ces titres était celui de :
i" César. Au ix" siècle il ne fut donué qu'une fois — à Bardas — peu avant sa mort, au moment où il allait atteindre l'Empire. Comme autrefois à Rome, le César était toujours de famille impériale ou allié à la famille impériale, vivant presque sur le même pied que le Basileus « Tiapoii-oîa rrj; fi7.(T0^y,r[; q6;t,ç » qui seul lui était supérieur. Aussi, son élection et son sacre révétaienl-ils des formes particulièrement solennelles à en juger par le récit des fêtes qui furent données à l'occasion de l'élévation du fils de Constantin Y à cette dignité le 2 avril 768 ^ L'armée, comme il convenait pour l'élection et le sacre d'un homme que la destinée pouvait conduire au trône, prit une part active à ces cérémonies avec le sénat et le patriarche qui pontifia ce jour-là ainsi qu'il le fit au ix*' siècle quand Michel associa Basile à son pouvoir suprême. Jusqu'à l'époque d'Alexis Comnène ce titre demeura le premier de la hiérarchie aulique. Il ne descendit au troisième que par la création de
séance exactement défini et très minutieusement observé. La règle générale était, qu'à titre égal, un fonctionnaire avait le pas sur un simple dignitaire aulique et qu'entre gens également titrés la préséance était réglée, non d'après l'âge ou toute autre considération, mais d'après la date de promotion. (Cf. p. e. Ceremon., iS^a).
Si l'on pouvait conclure, pour le ix^ siècle, quelque chose d'un évènemenqui se passa au xi' siècle, et que Psellos raconte à propos de son futur gendre, on aurait peut-être la clef de l'énigme qui nous cache l'explication de ces titres multiples. De l'histoire de Psellos, en effet, il faut conclure que l'élévation d'un titulaire à un grade supérieur n'entraînait pas pour lui la perte de son grade inférieur et qu'en certaines circonstances graves, si l'Empereur, malgré la règle générale rayait d'une dignité un membre prévaricateur, les grades inférieurs qu'il avait pu avoir ne lui étaient point enlevés « ipso facto ». On comprend dès lors l'utilité pour un fonctionnaire de mentionner tous les titres par lesquels il a passé. (Psellos, v, 204-212).
I. Ceremon., 472 et Dielil, op. cit. Il est peu probable qu'en un siècle le rôle social du César se soit modifié. Ce que l'on sait du train de vie de Bardas, de son autorité, do sa puissance, permet, je crois, de regarder pour vrai au ix'' siècle ce qui le fut au vur concernant cette institution.
ceux de despote et de sébastocrator. Le litre du César daus les acclamatious était celui d'(( sÙTjyi^TaTo; ». L'insigne qui lui était remis par TEmpereur était la couronne sans croix. Il portait une tunique « chrysopersique » K
•2" Le \obillssime (y, toj vwê£Ai.o-i|jLO'j àçta). Le nobilissime portait, comme insigne, une tunique de pourpre et d'or (le o'.êr.Tv s-'.ov), la clilamyde et la ceinture que l'Empereur lui remettait solennellement à l'église le jour de son élévation '-. De droit il s'asseyait à la table impériale en compagnie du Patriarche, du César, du curopalate. de la patricienne à ceinture et plus tard du Basileopator. Lui aussi, naturellement, était généralement un membre de la famille impériale, souvent un fds d'Empereur, comme Mcétas. quatrième fds de Constantin dont ilest parlé au chapitre XLIV du livre des Cérémonies. Son titre dans les acclamations était celui d'(( s-icpavio-TaTo; )). Les sceaux des xn" et xuf siècles nous donnent parfois le titre de protonobilissime, dignité qui, sans doute, naquit à l'époque des Comnènes ^ .
3" Curopalate (r, toG xo'jpoKcôÀ'zoj àç'la). Comme le nobilissime le curopalate portait une tunique rouge et or, une clilamyde et une ceinture. Son nom indique quelle était originairement sa fonction. Il était grand maréchal du Palais, charge qui devint purement honorifique et ne s'accordait, en dehors de la famille impériale, qu'aux souverains et à quelques rares privilégiés. C'est ainsi que sous Constantin Copronyme A rtabasdos, qui avait épousé la sœur du basileus fut curopalate *. De même au \x^ siècle Michel Rhangabe, Bardas, furent élevés à cette dignité. Depuis Léon VI la charge de curopalate paraît avoir été héréditaire dans la famille des princes d'Ibérie^ ; mais il ne semble pas toutefois quelle ait été, dès lors, l'unique apanage de cette famille car les sceaux nous ont livré le nom de personnages qui ne paraissent pas avoir été des princes d'Ibérie ^.