‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 101 sur 354 · Theoph · texte numérisé non relu

Theoph

a. Schlumberger, Sigill., 155.

3. Pylai Πύλας se trouvait sur le golfe Aslakinos. Son xenodochion devait être important parce que c'élait le siège d’un des grands relais pour les voitures qui se dirigeaient dans l'intérieur de l'Asie Mineure (Sideridos,

ET L'EMPIRE BYZANTIY 103

réunis en cet endroit qu'un ministère fut constitué. ΠῚ était composé du même personnel que celui du grand curateur : mais il n'avait sous ses ordres aucune demeure hospitalière.

De même que l'Empire était divisé en thèmes, en évêchés, en éparchies, suivant l'administration impériale (militaire. ecclésiastique ou judiciaire) dont il relevait, il paraît avoir élé divisé, au point de vue financier, en « cpiskepsis ἐπισχέψεις »], Si cette division territoriale est exacte, « 1᾿ἐπίσχεψις » aurait eu à sa tête un inspecteur, « ἐπισχεπτίτης, ὑπόπτης » chargé de l'administration générale des finances dans la province et, sous ses ordres, un bureau composé de notaires, de scribes, de « praclores » ou collecteurs, etc. Toutefois, cette division pour logique et probable qu'elle soit, ne semble cependant pas suflisamment prouvée par les textes pour que nous puissions la donner comme certaine. A plus forte raison ne savons-nous rien de son organisation et de son étendue. Nous ne sommes guère mieux renseignés sur les dépenses et revenus généraux de l'Empire, du moins pour le 1x° siècle et c’est surtout par analogie, à l’aide de quelques textes antérieurs et postérieurs, que nous pouvons nous faire une idée de ce qu'était l'administration financière à Byzance à l'époque qui nous occupe.

1° Les dépenses. — Dans un Empire aussi étendu que celui de Constantinople, hiérarchisé et centralisé autant et plus que l'Empire romain, toujours en guerre contre de multiples ennemis qui surgissaient pour lui de tous côtés à la fois, à l'est et à l'ouest, au nord et au midi, avec cela gardien fidèle et parfois libéral de cette beauté artistique qu'il avait reçue en héritage de la Grèce, qu'il entendait toujours chanter en son âme loute pétrie d'hellénisme et qu'il pouvait, privilège assez rare, vivifier encore chaque jour au contact des œuvres syriennes et arabes, les dépenses de toutes sortes devaient être, fatalement, considérables et constituaient pour le peuple une très lourde charge. Essayons donc de voir quelles étaient les dépenses de l'Empire et quels ses revenus.

1. Zachariæ, Geschichle des griechisch. rômischen Rechis, XIV.

Si Byzance ne connut pas ce que nous appelons le « budget des cultes » les Empereurs cependant subvenaient de leurs deniers aux frais qu'entrainaient les belles cérémonies οἱ l'entretien du clergé. Sainte-Sophie, comme du reste toutes les autres églises ΟἹ comme lous les monastères, avait ses propriétés particulières, des terres. qui constituaient sa fortune assurée οἱ sur laquelle vivaient ses prêtres, Au vi siècle ces biens fonciers élaient déjà considérables. car nous savons que Justinien dans plusieurs de ses novelles en règla l'emploi d'une façon qui ne laisse aucun doute sur l'aulorilé qu'il s'arrogeait en ces sortes de matières ἢ. Mais, indépendamment de ces biens qui allèrent toujours grandissant par suite des dons que riches et pauvres aimaicnt à faire aux églises et aux monastères qu'ils affecionnaient particulièrement, les Empereurs assumaient cerlaines charges qui devaient parfois grever lourdement leur budget. Ces charges étaient les unes volontaires, les autres fixes. A titre de bienveillance, de charité, de dévotion, Îles souverains faisaient des aumônes nombreuses et répétées. C'est ainsi que Basile [°° non seulement restaura, embellit et cons- (ruisit quantité de sancluaires, ce qui peut être le fait de tout gouvernement soucieux de l'entretien des monuments artistiques et du besoin des peuples et ne saurait entrer en compte des charges d'ordre religieux — mais nous le voyons doler Sainte-Sophie d'une propriété dont les revenus devaient servir à l'entrelien des lampes « qui menaçaient de s'éteindre faute d'huile » el à celui du clergé ? et donner à Saint-Diomède des livres et de riches vêtements ἢ. Ces Tlibéralités. probablement se renouvelaient de temps à autres et, pour n'être pas fixes. devaient correspondre néanmoins à un chapitre prévu des dépenses impériales.

D'autres charges, au contraire. revenaient à époques déterminces el la lradition les consacrant en avait fait une obligation. C'étaient les dons que l'Empereur remetlait en certaines circonstances : à son avènement, au jour de son sacre, à son

1, Noir en particulier Novelle, HE NN, 58, 113.

a. ΕἸ, Basil.. ch. LAN, p. 335.

3. Ibid, ixaue, p. 332. Cf. le très curieux chrysobulle de l'Empereur Romain daté de 924 en faveur des moines de l'Athos. Il donne une excellente idée de la générosité des princes byzanlins à l'égard de l'Eglise. (Migne, CAIN, p. 1059).

mariage, à l'occasion du baptême de ses enfants !. aux grandes fêtes de l'année, οἷο. Théodora, par exemple, fit don de quinze livres d’or au Patriarche qui lui mil la couronne sur la tête et le clergé en reçut autant ἡ. D'autre part la règle établie par le cérémonial était qu'à cerlains jours l'Empereur, après s'être rendu à Sainte-Sophie pour les offices, remettait au sortir de l'église, une bourse pleine d'or aux dignitaires et fonctionnaires ecclésiastiques de service, comme l'archidiacre, les « ostiarii » ou portiers, les chantres, les « prosmonarii » ou gardiens et aux pauvres. Puis, en se séparant du Palriarche, après avoir reçu de ses mains les « culogies », l'Empereur lui donnait les « aroxoubra », pelits sacs remplis de monnaies ὃ qui passaient sans doute dans la caisse privée du Patriarche et devaient par là augmenter ses revenus. S'il faut en croire un passage du Livre des « Cérémonies » l’apokombion contenait cent livres d'or ".

Une seconde charge, du reste toujours couverte par des impôts spécialement levés à cet effet, élait celle concernant les travaux publics. Nous n'avons pas, sur ce chapitre, de renseignements Lrès nombreux. Comme nous l'avons vu, le service des eaux qui, sans doute, comprenait l'édification et la réfeclion des aqueducs et des canaux souterrains était dirigé par les

Πα comles des eaux », fonctionnaires dépendant du logothète du trésor public, Mais nous savons d'autre part que plus d'une fois les Empereurs —- et Basile tout le premier — comme aussi des particuliers dotèrent Byzance de citernes destinées à lui fournir l'eau qui paraît lui avoir souvent manqué. Ces citernes, généralement dépendantes d'églises, de cloîtres, de palais, servaient à la consommation et à l'usage des gens du lieu qui pouvaient ainsi boire une eau fraiche et pure: mais pour une raison que nous ignorons un certain nombre de ces puits fut comblé par les Empereurs et remplacé par des vergers. C'est à rendre à leur première destination quelques-unes de ces cilernes.

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