‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 128 sur 354 · bid., à, p · texte numérisé non relu

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l'objet de leur voyage accompli, le questeur les renvoie chez eux'. Beaucoup de pauvres devaient, sans doute, comme en toute grande ville. venir chercher à Byzance travail et fortune. Cette foule de gens sans aveu, sans foyer, souvent sans occupations, élait le noyau habituel autour duquel se groupaient tous les mécontents et d'où partaient émeutes et séditions. Aussi une rigoureuse surveillance enserrait-elle celte population flottante à chaque heure du jour, et c'était le questeur qui en portait toute la responsabilité. La loi, du reste, était très sévère à l'égard de ces étrangers pauvres. Dès qu'un mendiant était aperçu. le questeur le faisait appeler, et. s'il n'avait à Constantinople ni procès ni affaires, il le renvoyait tout de suite, à son maître quand il était serf, dans son pays quand il était libre. aux chefs des corporations pour qu'il travaillât suivant son métier quand il était « autochtone » ? : s'il ne voulait rien faire, on le chassait de Constantinople. Enfin — chose très intéressante — le quesleur paraît avoir cu autorilé sur les archontes de province car il a droit de leur écrire et peut les traduire devant l'Empereur *.

Mais, indépendamment de ces fonctions d'un caractère, en réalité, assez peu judiciaire, le questeur rendait la justice et connaissait de certains cas. C'est ainsi qu'il était juge compétent dans les affaires de faux « πλαστογραφία » el par là, tout naturellement, dans les questions de testament et de succession. L'ouverture et l'enregistrement des testaments se faisaient en sa présence, el c'est devant son tribunal que se plaidaient les procès concernant les héritages, que devaient se présenter les exécuteurs testamentaires el que se jugeaient certaines affaires de mariage ἢ. Léon le Grammairien raconte une anecdote grâce à laquelle nous pouvons nous rendre comple de ee double rôle du questeur. C'étaitau temps de l'Empereur Théophile, grand ami de la justice. Un jour, une veuve vint à lui se plaindre de ce que Pétronas, le beau-frère du basileus, avait, malgré la loi et la cou- Lume, élevé des constructions à une telle hauteur que, de chez elle, elle ne voyait plus rien. La chose fat jugée, reconnue vraie. et Pétronas, pour sa faute, battu de verges en pleine rue : puis le

. Epanag., \, 3, 70-71.

. Ibid., 5, 7.

. Ibid., 9 et 10, p. 72.

ἡ, Proch., 11, 24, p. 41. Zachariæ, Geschichle, 369.

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questeur Eustrathios, qui, sans doute, avait participé au jugement, s’en alla avec ses antigraphes, Léon et Démétrios, renverser jusqu'en ses fondements la demeure de Pétronas ! : ce qui se comprend fort bien étant donné qu'il faisait partie, d'une part, du tribunal de l'Empereur. et que de l'autre. ses attributions étaient d'ordre policier.

Le tribunal du questeur se composait de six espèces de fonclionnaires : un protochancelier, des chanceliers, des scribes pour les écritures, les comples, les actes, ele. : puis des antigraphes (ἀντιγραφεῖς), un ekskeplor (σχέπτω) ou {[ἐχσχέπτωρ) et un libellisios (68) i710$). Les antigraphes étaient les subordonnés et les aides immédiats du questeur. C'élaient eux qui l’'accompagnaient et l'assistaient dans toutes les affaires où il se trouvait requis ?, et qui, vraisemblablement. dirigeaient, sous son autorilé, l'administration dont il était le chef. Autrefois il y avait eu quatre antigraphes appelés « magistri scriniorum » préposés aux quatre bureaux judiciaires 5. : mais au 1x° siècle nul texte ne nous dit quel était leur nombre. Quant aux deux autres, L'ederxirros » el le « λιδελλίσιος », nous n'avons sur eux aucun renseignement précis. Zachariæ croit qu'ils n'étaient autres que les notaires dont il est parlé dans la Pira et une novelle de Constantin Porphyrogénète ἢ,

Enfin, le troisième fonctionnaire indiqué par Philothée comme appartenant à la classe des juges était, après l'éparche et le questeur, le préposé aux pélitions (ὁ ἐπὶ τῶν δεήσεων), personnage de moins haut rang que les deux autres car, s'il jouit encore des titres nobiliaires habituels aux soixante grands fonctionnaires de l'Empire, il n'arrive au catalogue que le cinquante-cinquième et ne parail pas avoir eu, à Constantinople, de subalternes à ses ordres. Nous ne voyons. en effet, nulle part nommés les bureaux relevant de sa juridiction ou les fonctionnaires formant son entourage. La fonction essentielle du « préposé aux pétitions » fut loujours, jusqu'à la fin de l'Empire. de centraliser à Byzance les demandes, suppliques, ete. adressées à l'Empereur. Il ne parait pas douteux. d'après les sceaux qui nous ont été conservés, qu'il y ait eu dans chaque thème un de

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