Quarante jours au dire de Théagnoste, (Mansi, xvr
8, Anastase, Mansi, xv1, 4.
faveur d'Ignace. C'est alors que partit de Constantinople l'ambassade de 859 conduite par Méthode.
Ainsi donc quand les ambassadeurs de Nicolas [arrivèrent à leur tour à Constantinople, la situation était très tendue. Pholius ne se maintenait au pouvoir que grâce à l'appui de Michel et de Bardas. Ignace était dans les fers, honteusement traité, irréguliérement déposé et les gens d’Eglise comme le peuple se partageaient en deux obédiences : l’une momentanément viclime de sa fidélité au Patriarche, l'autre victorieuse et récompensée de sa complaisance par les grandes dignilés que Photius lui octroyait.
Les légats romains, Rodoald de Porto et Zacharie d'Anagni, arrivèrent à Constantinople vers le mois de février 86r, porteurs de lettres et d'instructions précises. La conduite qu'ils avaient à suivre était done assez simple si elle n'était pas très aisée. En demandant à Rome des légats, Photius voulait prouver à l'Orient lout entier qu'il était, non seulement en communion avec le chef incontesté de l'Eglise, mais encore qu'il était officiellement reconnu par lui comme Patriarche de Constantinople. Aussi la colère fut-elle grande au Palais comme au Patriarcheion quand on apprit quelle était la mission confiée aux légats. Immédiatement circonvenus, ils furent tenus à vue, afin de les empêcher de communiquer avec le parti des « Ignatiens » 35: on les flatla. on les menaça, on leur donna même de l'argent ὅς, dans l'espérance de les faire céder. Et c'est ce qui arriva. Loin de leur patrie, en pays dont ils ne connaissaient sans doule ni la langue ni les usages, enserrés dans un réseau d'affaires qu'il leur était impossible de débrouiller, les légats n'eurent pas de peine à comprendre que, s'ils voulaient revoir la campagne romaine, leur petit évèché suburbicaire, leur famille et leurs amis, ils n'avaient qu'à prendre le parti du plus fort. Peut-être même les convainquit-on réellement des droits de Photius. En tout cas, quelle que soit la cause qui les ait fait agir, contrairement aux ordres reçus, ils firent réunir le concile pour lequel ils avaient été envoyés.
Le « nouveau brigandage » s'ouvrit aux Saints-Apôtres en mai 861. Trois cent dix-huit membres y assistaient, tous choisis