‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 177 sur 354 · él. Ignat · texte numérisé non relu

él. Ignat

a. Ibid., 544.

3. C'est la version du continualeur de Georges le Moine et des chroniqueurs qui le copient ou s'en inspirent : Syméon Magister, Génésios, Léon. Tous prélendent qu'au lendemain du meurtre de Michel, Photius chassa Basile de l'Eglise comme indigne ἢ « λυ στὴν χαὶ φονέα», dit Syÿméon — et qu'irrilé par cette injure l'Empereur déposa le Patriarche et réintégra Ignace. Mais celle histoire n'est pas admissible, D'abord, elle est en contradiction avec le caractère de Photius, qui n'avait pas, à l'égard des puissants, de ces périlleuses audaces ; elle l'est avec les autres sources historiques qui donnent à la conduite de Basile de très différentes raisons : elle l'est surtout, ce qui est plus grave, avec les dires mêmes de Photius. En exil, le Patriarche déchu écrivit à l'Empereur. Dans sa lettre que nous possédons, il lui rappelle les liens indissolubles qui les unissent: sa consécration et l'Eucharistie. Nulle part, Photius ne fait la plus légère allusion à un événement qui, s'il avait été réel, était d'une telle gravité qu'il n'aurait pu le passer ainsi sous silence. Le moins qu'il οὐ pu faire, coût été de Fexpliquer, d'en donner les raisons ou encore de S'humilier pour implorer son pardon, Or, nous ne découvrons rien de semblable dans la correspondance de Photius. La vérité est, probablement, beaucoup plus προ et ne doit pas même étre cherchée dans les antipathies de certains chroniqueurs à l'endroit de Basile. ἢ eût été, en effet, à peu près impossible de lancer dans le public une histoire aussi invraisemblable, alors que chacun devait savoir la vérité à ce sujel. En réalité, cette version nous est parvenue par suite d'une confusion, Qu'on remarque, d'abord, que Syvméon, après avoir raconté celle anecdote, n'en continue pas moins de dire que c'est Photius qui baptisa le jeune Etienne à la Noël 86 chose impossible, puisqu'il était certainement chassé -- mais qu'on remarque aussi que le chroniqueur n'a pas parlé de la déposition d'Ignace et de sa protestation contre Bardas, et l'on aura, je crois, le mot de l'énigme. 11 est très probable, à mon sens, qu'un chroniqueur poslérieur à mêlé les deux noms et, par conséquent, les deux événements el créé ainsi, sans le vouloir, la légende du courage inopiné de Photius.

thies secrètes ou avouées de l'Empereur qui resta, dit son petitfils, l'ami de Photius, et lui confia même l'éducation de ses enfants! ; d’autres enfin, comme les Romains, s’efforcèrent, par la plume d'un des leurs, de montrer que Basile n'agit, en l'occurrence, que pour se conformer à la justice et aux décisions du Saint-Siège. Suivant Anastase, en effet, l'Empereur, dès qu'il fut proclamé, entreprit une sérieuse enquête sur les droits réciproques des deux Patriarches et rechercha les jugements de Rome?. Ce fut alors qu'il chassa Photius pour rappeler Ignace.

En fait, Basile n'avait pas besoin de ces multiples raisons pour prendre parti. Deux mois après son avènement, il avait exilé Photius tout simplement parce qu'il y était déjà décidé dès avant le meurtre de Michel. Aussi est-ce en toute vérité que Nicétas put dire, dans son panégyrique d'Ignace, que Photius fut disgracié au « lendemain » même de l'arrivée de Basile au pouvoir. Ce qui paraît bien certain, en tous cas, c'est que Basile voulut donner à cette déposition la valeur d'un acte juridique et l'apparence d'une complète soumission aux jugements de Rome. Par la déposition de Photius et le rétablissement d'Ignace, Basile ne préjugeait pas la question. Il obéissait — ou feignait d'obéir — simplement à la volonté du Pape, qui avait ordonné dès 86: de rétablir les choses dans l'état où elles se trouvaient avant la déchéance d'Ignace et il lui remettait, suivant son désir, le soin de trancher le débat. C'est pourquoi, lorsque Ignace rentra solennellement à Constantinople, accompagné du drongaire Hélias, l'Empereur exigea que, momentanément, le Patriarche irait habiter son palais paternel de Mangana* et non le Patriarcheion. Pour la même raison, il rappela sur leurs sièges épiscopaux et à la tête de leurs couvents tous ceux qui avaient été chassés et remplacés par Photius # et, tandisqu'en son particulier, il recevait solennellement Ignace à la Magnaure 5, le comblait de prévenances et le laissait en grande pompe se rendre à Sainte-Sophie ©, officiellement, il'envoyait à Rome le spa-

1. I est bon d'observer que Constantin fait le panégyrique de son grand. père. Or, à la mort d'Ignace, Basile rendit le pourvoir à Photins : ce qu'il fallait expliquer par une constante el secrète fidélité. Fil. Basil,, XxXxXIV, 292.

a. Mansi, xv1, p. 6.

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