‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 184 sur 354 · Mansi · texte numérisé non relu

Mansi

2. Il est très remarquable quele Liber Ponlificalis passe avec une étonnante rapidité sur les affaires du Concile, 1} ne fait aucune allusion au second procès que Basile voulait instruire en présence de Photius et des évèques incriminés et du refus des légats : ce. qui me semble être cependant le nœud de loute l'agitation religieuse du moment.

occulte qu'il s'était donnée avait pris fin. Tant que dura la confrontalion des accusés et des témoins et qu'un jugement n'avait pas été émis, il avait voulu garder aux yeux de tous une stricte neutralité et ne faire prévaloir sa façon d'envisager les choses que par d’autres : il ne fallait pas qu'on pût mettre en doute son esprit de justice. Mais désormais la situation changeaïit. Contre son gré les légats avaient refusé de juger la cause. À moins de remettre tout en question et de prolonger, en l’augmentant, le trouble général, force lui était d'accepter momentanément le fait accompli et d'en tirer le meilleur parti possible. Cette seconde attitude de Basile est très visible dans la sixième séance qui eut lieu le 25 octobre. Faute de micux, il s'ingénia, par tous les moyens, à faire accepter les décisions romaines aux principaux partisans de Photius. Lui-mème se mit à discuter avec les évêques schismatiques comme Euthymios de Césarée, Zacharie de Chalcédoine, Eulampios d'Apamée. quitte à se faire rappeler à l’ordre par les légats ! qui craignaient toujours une reprise du procès ?. Puis, dans un long « epanagnosticon » il exhorta chacun à revenir au « bercail » car son plus grand désir était de voir toutes les brebis sauvées. Si cependant les évêques ne voulaient pas écouter sa voix, ils devaient revenir sept jours plus tard pour entendre leur jugement.

Le 29 octobre, Photius et ses partisans revinrent, en effet, au concile, de nouveau présidé par Basile. Les mêmes scènes recommencèrent. Les évêques voulaient un nouveau jugement; les légats s’y opposaient. Ils n'avaient pas compris que l'Empereur se trouvait dans l'impossibilité de les défendre plus longtemps. Aussi est-ce sans succès qu'ils en appelèrent à Basile. 15 purent bien affirmer que ce dernier leur avait promis qu'ils pourraient parler librement — ce qui était sans doute vrai — rien n'y fit. L’anathème fut porté contre Photius et ses adhérents et, dans la session suivante, tenue le 5 novembre, tous les documents fabriqués par Photius ou qu'il fit signer de force, furent détruits par le feu.

Pratiquement, le concile était done terminé et Rome sortait, pour un temps, victorieuse de la lutte que Photius avait engagée contre elle. Son succès élait même, peut-être, trop complet.

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