Vit. Jgnat., 565 ;: Sym. Mag., VII
se fit-elle pas longtemps attendre. Il revint à Constantinople, fut chargé de l'éducation des enfants princiers et rentra en grâce auprès de Basile, tandis que Théophane recevait le prix de ses services par l'archevèché de Césarée en Cappadoce.
Cette histoire de Nicétas appelle quelques remarques. Généralement on l'a rejetée comme une fable créée pour expliquer le subil revirement de Basile. Je crois cependant qu'au contraire elle a un fond tout à fait véridique. D'abord la Chronique de Syméon la reproduit, chose assez remarquable, parce que les deux sources sont absolument indépendantes. C'est mème un des rares endroits où elles se rencontrent. La plupart des faits “acontés par Nicélas ne se trouvent pas dans la Chronique et réciproquement. On en peul donc conclure au moins que le stratagème de Photius était connu à Byzance et qu'on en parlait. Mais de plus, ce qui donnerait créance à celle histoire, c'est qu'elle ἃ (ὁ adoptée par les historiens de la maison macédonienne. Que dit Constantin VIT des origines de sa famille sinon, précisément, avec quelques développements qui peut-être, du reste, se trouvaient dans le livre, ce que rapporte Nicétas ? Je crois donc qu'on peut admettre le récit et voir, en cetle affaire, la première cause du retour de Photius au Palais. L'Empereur. en parvenu qu'il élait, devait être heureux de cette découverte qui jelait un lustre inespéré sur sa couronne οἱ légilimait encore son usurpalion:; très désireux aussi de donner une nouvelle impulsion aux arts et aux sciences, aimant à s'entourer de savants, il dut, sans doute, trouver dommage de laisser dans l'ombre un talent comme celui de Pholius et tout naturellement il le retint à Constantinople et le donna comme précepteur à ses fils. Quant à l'année exacte où se passa l'événement elle est impossible à fixer, D'une part tous les enfants de Basile élaient nés et Constantin n'était pas mort: d'autre part il est peu probable que ce fut immédiatement après son exil que Photius entreprit celle supercherie : les deux lettres à Basile sufliraient à le prouver. Je crois done qu'il faut placer cel incidentelle relour de Photius à Constantinople entre 875 et 8-6.
Une fois rentré à Conslantinople, Pholius eut beau jeu pour recommencer ses intrigues. Entouré d'un parti puissant il n'avait qu'à profiter de la situalion pour ressaisir le pouvoir qu'il avait perdu. Ignace, en effet, était vieux et cassé par les longues épreuves dont sa vie avait été tissée. D'un instant à
l'autre on pouvait s'attendre à le voir disparaître et c'est pour ce moment qu'il fallait être prêt. Puis, les rapports entre Rome et Byzance étaient tels qu'ils permettaient à Photius tout espoir de retour. Le Pape réclamait plus que jamais la Bulgarie et menaçait d'excommunier Ignace s'il persévérait dans sa conduite à l'égard de cette Eglise !. L'Empereur, de son côté, n’entendail pas raison sur cette affaire, pour lui plus politique que religieuse. Comme par le passé, il voulait bien rétablir la paix confessionnelle, mais sans rien sacrifier de ses droits réels ou prétendus. Du reste, il avait toujours présent à la mémoire la conduite des légats romains, son échec au concile, et tout cela n'était guère fait pour le porter à ménager le Souverain Pontife. La situation était done bonne pour Photius. ἢ suffisait de savoir en profiter. ΠΠ semble bien que par lui-même l’ancien Patriarche, de retour à Constantinople, n'ait pas immédiatement et directement agi. Rentré au Palais comme précepteur des fils de Basile ?, il s'appliqua, sans doute, avant toute chose, à gagner la confiance des enfants, celle du père, celle de l'entourage impérial, à se ménager des sympathies et à reconquérir son influence. En tous cas, nous ne savons rien de précis sur la vie de Photius et sur ses rapports avec Basile avant son second pontificat.
Un de ses pires ennemis, Stylianos, écrivant à Etienne V, successeur de Jean Ὑ ΠῚ, raconte bien, en vérité, que dès son retour, Photius créa les plus grands embarras au patriarche Ignace, chercha à reconquérir par la force, son siège perdu, fit mème, un jour, irruption dans l'église de Sainte-Sophie pendant un office présidé par le Patriarche en personne et tenta de mettre fin aux jours du vieil Ignace *; mais ces histoires ont tout l'air d'être mensongères ou, du moins singulièrement amplifiées ἢ. Lorsque Slylianos écrivit à Etienne V, Photius élait de nouveau en complète disgrâce, exilé, condamné par les
1. Lettre de Jean VIIT à Basile de 874 ou 855 Ewald /Veues Archiv., τον, p. 309, Lettre 37) Jaflé, 2999.