Mansi, xvut, 192. Lellre 102, 2. Jaffé
Par elle, tous les efforts de sa vie el lous les résullals de ses crimes se trouvaient donc vains. C'était au fils de sa victime, à Léon, que le sceptre allait passer. Celle catastrophe, Basile ne la supporla pas. Son esprit. jusque-là si lucide, s'obscurcil soudain et sa volonté si tenace s'affaiblit rapidement. À partir de-ce jour, Basile ne fut plus lui-même, et désormais ce sont des intrigants, des criminels ou des habiles qui gouverneront en son nom. En de telles conjonctures, Photius avait beau jeu pour agir à sa guise. D'emblée, il devenait le chef tout-puissant de l'Eglise ct toutes les ambitions lui devenaient permises. Le Concile s'ouvrit el se ferma sans que Basile y parut, sans même qu'il y fut représenté comme au Concile de 86g!. chose qui scrail’ faite pour surprendre et deviendrait inexplicable si l'on n'admettait pas la suprème imporlance que nous donnons à la mort de Constantin. Photius n'était pas homme à laisser échapper une occasion aussi favorable à la réalisation de ses plans. Patriarche, il l'était donc. Rome, FOrient. Constantinople, l'Empereur, lout le monde le reconnaissait. Le concile n'élait plus. par conséquent, pour lui, que l'instrument dont il devait user pour son exaltation personnelle. En cela encore, les légats le servirent à souhait. Ignorant le grec, ayant besoin d'interprètes, d'une intelligence très mesurée, à ce qu'il semble, les deux évêques latins el le cardinal Pierre se laissèrent circonvenir — s'il faut en croire les actes grecs el si lon admet, ce qui paraît difficile, qu'ils ne furent pas falsifiés — et acceptèrent tout ce que Photius voulut. Or, non seulement, au cours du concile. le Patriarche n'accomplit aucune des formalilés canoniques exigées par Jean VII et refusa de prendre les engagements solennels que le Pape lui demandait au sujet de la Bulgarie et de l'élévalion possible, à l'avenir, d'un laïc au trône patriarcal. mais, de
τ. Les actes de ce concile où furent lus les lettres et les documents falsifiés par Photius portent mention de sept séances qui s'échelonnent entre novembre 859 el mars 880. De ces sept réunions, cinq seulement paraissent réellement avoir été tenues. Les deux dernières sont probablement apocryphes (Héfelé-Delarc, ναὶ 50). Elles furent composées après coup par Photius pour légitimer ses controverses dogmatiques sur le « Filioque ». Le Patriarche fait présider la première de ces deux dernières séances par l'Empereur et lui fait tenir un discours sans importance dans lequel il s'excuse de n'avoir pas pris part au concile, Il importe, du reste, de remarquer que les Ἰύμα! 5. signèrent les actes à la fin de la cinquième sesssion. Quant à Basile, sa signature ne se trouve nulle part.
concert avec ses amis! et par leur intermédiaire ?, très résolu: ment, il rejeta la suprème autorité du siège apostolique. fil annuler et analhémaltiser les actes de Nicolas οἱ d'Hadrien ainsi que le VII Concile œcuménique, celui de 869, et sur les ruines de la puissance romaine ainsi définitivement brisée. exalté par le concile pour ses vertus et ses mériles, fièrement, il éleva sa propre gloire en se faisant reconnaître comme le premier de tous « μᾶλλον δὲ προέγων Ex θεοῦ ὡς ἀρ ιερεὺς μέγιστος ». ayant pouvoir lier et de délier#, C'est le premier pas de Photius sur celte voie qui allait le mener loin, c’est-à-dire jusquà la fameuse conjuration ourdie par lui contre F'Empercur, dans l'espérance de prendre tout à la fois en mains et la crosse el le sceptre.
Nous ne savons quel fut exactement l'accueil que le Pape réserva aux légats. Les lettres de Jean VIT postérieures au concile semblent montrer qu'il ne connut jamais complètement ce qui s'étail fait à Constantinople ; mais, visiblement, il se doulait de quelque chose, car les deux lettres qui nous sont parvenues signées de son nom el datées du 13 août 88o sont pleines de restrictions. Dans l’une, adressée à Pholius, il se plaint que ses ordres n'ont pas élé accomplis ? ; aussi, ne ratifie-Hil les actes du synode constantinopolilain que d'une façon toute conditionnelle : « EL si fortasse nostri legali in eadem synodo contra apostolicam præceplionem egerunt, nos nec recipimus, nec judicamus alicujus existere firmitatis »., preuve évidente qu'il n'a pas eu sons les yeux les actes du concile, Dans Fautre, adressée à la même date à l'Empereur, tout en le remerciant de ses secours militaires, de la restitution faile à l'Eglise romaine du couvent de Saint-Serge à Byzance et de la recor naissance de laulorilé romaine en Bulgarie, il ajoute, comme dans sa missive à Photius, qu'il πὸ confirme les décisions prises à Constantinople lors du concile, qu'autant qu'elles sont en accord avec les ordres donnés à ses légats. Du reste, à leurre tour, les légats eurent le sort de ceux qui. les premiers, s'occu-
1. Ses deux principaux adversaires, Stylianos et Métrophanes, n'apparurnl pas au concile.
a. Cf. par ex. le discours de Zacharie de Chalcédoine à la première session. Mansi, xvn, p. 384.