‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 195 sur 354 · Jafté, 3271 à · texte numérisé non relu

Jafté, 3271 à

4. Ce sont les fameux documents falsifiés par Photius (Pour la discussion de ces lextes cf. Héfelé-Delarc, vi, 21 et seq. Hergenrôther, n, 383-39f). Grâce aux lettres latines authentiques de Jean VII que nous possédons, il est facile de confronter les pièces et de discerner les arrangements et coupures qu'y apporta Photius. À remarquer que la lettre du Pape porté men tion de « Basile, Constantin, Alexandre », tandis que Fapocryphe de Photius donne « Basile, Léon, Alexandre ». Pour expliquer celte différence, pas n'est besoin de recourir à une faute de copiste (Héfelé-Delare, vi, a2t). La vérité est que lorsque Jean VII écrivit, en août 89, Constantin n'était point mort. Basile avait relégué dans l'ombre le fils de Michel et les ambassit deurs ne firent probablement connaitre an Pape que le nom des enfants légitimes de Basile, bien que Léon ne fût pas un inconnu puisque le Cqncile de θη le mentionne dans ses acclamations à côté de ses frères et que les lettres de Basile à Rome datées de cette époque le signalent elles au Quand, au contraire, Photius falsifia la pièce, Constantin était mor εἰ force était bien à Byzance d'indiquer la personnalité de Léon qu'on n'avail pus encore songé à évincer par le stratagème de Théodore que l'on sait (cf, infra, 1.1, ch. ut}.

du Saint-Siège et rappelé la demande de Basile en faveur de Photius, le Pape agrée la réintégration de son confrère d'Orient afin que l'Eglise de Dieu ne soit plus divisée et troublée par le scandale « ne ecclesiam Dei tanto jam tempore pertubatam pateremur amplius manuere divisam scandaloque commotam » vu que le patriarche Ignace est mort, « Ignatium piæ memoriæ patriarcham de presenti vila jam migrasse cognoscimus », et à cause des circonstances. « lemporis ratione perspecta ! », bien qu'il aitusurpé sans l’assentiment de notre siège la charge qui lui avait été interdite, « hoc modo decernimus ad veniam pertinere quod nuper de ipso Photio, licet ipse absque consultu sedis nostræ officium sibi inlerdictum usurpaveril » ; 2° à cette réintégration demandée par les patriarchats d'Orient et les églises de Constantinople, Jean VITF met deux conditions : à savoir que Photius demande pardon devant un synode et dans la manière accoutumée, et qu'il salisfasse pour sa conduite antérieure, « ceumdem Photium satisfaciendo, misericordiam coram synodo secundum consuetudinem postulantem... recipimus »; 3° à la mort de Pholius, on ne choisira pas un laïc ou un dignitaire pour lui succéder, mais bien un cardinal-prètre ou un diacre de Constantinople: 4° enfin la réintégration de Photius n'a lieu qu'à la condition qu'il ne se permettra aucun acte de juridiction ecclésiastique sur la Bulgarie, qu'il n'ordonnera aucun évêque ΟἹ n'enverra aucun pallium ἢ.

Telles sont les conditions essentielles mises par Jean VII au retour de Photius au pouvoir. On le voit donc, c'est une sorte de concordat ou de traité de paix passé entre les deux cours, un « donnant donnant » profitable aux deux pouvoirs. Il me semble difficile, après cela, d'incriminer, comme on Fa trop souvent fait, Jean VII pour sa conduite, Cette politique était habile de part et d'autre ét, en fait, eut pour l'Eglise d'hecureux résultats puisqu'elle ramena, momentanément, lunion. Les événements du x siècle qui brisèrent pour toujours Fœuvre de Jean VIT n'eurent pas de points d'attaches directs dans celle mesure de clémence et de sagesse. Que il advenu si le Pape, sourd aux demandes de Basile, point inquiété par de

1, C'est-à-dire, d'une part les incursions sarrasines et, de l’autre, les affaires de Bénévent.

2. Mansi, xvu, 135-189. Je n'ai indiqué que les conditions d'ordre général, celles qui ont une importance réelle et politique.

dangereux voisins, eût refusé l'offre de l'Empereur? C'est là. assurément, une question oiscuse puisqu'elle rentre dans infinie atégorique des « futurs possibles »: mais serait-il téméraire de croire que la scission des deux Eglises, au lieu d'avoir été relardée se fût accomplie dès le 1x° siècle? Du reste, est-il bien juste de faire porter à Jean VIF a responsabilité d'événements posérieurs qu'il ne pouvait prévoir el, par conséquent, conjurer? Ce qui paraît certain. en lous cas. c'est la parfaite loyauté du Souverain Pontife en loue cette affaire. Non seulement. aucun acte de son pontificat ne contredit où ne rétracte les conditions posées au retour de Photius. mais lui-même, dans ses autres lettres. confirme ces condilions et pousse la condescendance jusqu'à écrire aux ennemis ‘de Photius pour les réconcilier avec leur Patriarche!. Peine perdue, on le sail: car si, sous la menace d'une excommunication, Slylianos se rapprocha de Photius, du vivant de Jean VIF. il se dédommagea an cours des Pontificats suivants, en écrivant le terrible réquisitoire qu'il envoya à Etienne.

Le résultat de ces faciles el heureuses négociations dans l'ordre religieux ne tarda pas à se manifester dans le domaine des choses politiques. Tandis qu'à Byzance, Pholtius était officiellement reconnu par les légats du Souverain Pontife, en Halie, les dromons de Basile venaient au secours du Pape et battaïent les Sarrasins. La lettre de Jean VIE au spathaire Grégoire. datée du 19 octobre S79?, laisse bien deviner sa joie et la reconnais sance qui devait être sienne en contemplant l'œuvre de sa polilique. Aussi est-ce vraisemblablement, sans grande inquiétude qu'il vit s'ouvrir en novembre de cette mème année le singu- Hier concile qui allait, officiellement. réhabiliter Photius.

Mais un grave événement, dont l'influence devait être considé-

able sur toute la fin du règne de Basile, venait, précisément, de se produire à Constantinople. Constantin, fils aîné de Basile, était mort peu de temps avant Fouverture du Concile. Celle mort. en arrachant à Basile tout sérieux espoir de se survivre à lui-même dans le fils qu'il aimait tant, anéantissait du mème coup lous les rêves d'avenir que le rude paysan de Macédoine avait longlemps caressés pour sa vérilable et légitime famille.

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