Cité par Héfelé-Delarc, +, 556, 3. Mansi, Xv
paraît généralement bien renseigné, s'il a, malgré tout, des chrétiens qui lui demeurent attachés, c'est surtout grâce aux nombreuses personnes qui venaient à Rome. Nicolas 1° le dit formellement à empereur Michel ! : « Beaucoup de monde venait au tombeau des Apôtres, d'Alexandrie, de Jérusalem, de Constantinople, du Mont Olympe. » Ces pèlerins comme Théognosle étaient pour les Souverains Pontifes de précieux auxiliaires. Aussi, pas plus les empereurs que Photius ne voyaientils avec plaisir ces déplacements pleins de danger pour leur autorité, Michel s'en plaint avec amertume et réclame du Pape le renvoi de ces moines à Byzance pour qu'ils y soient punis ?, et Pholius, avec plus de diplomatie, met en garde son confrère de Rome contre ceux qui viennent à lui, en un passage très curieux de sa seconde lettre à Nicolas : « C'est pourquoi votre Béalilude prenant soin de faire observer la discipline ecclésiaslique et suivant la droile ligne des canons, ne doit pas recevoir indistinctement ceux qui partant d'ici, s'en vont à Rome sans lettres de recommandation, pas plus que, sous prétexte d'hospitalité, elle ne doit permettre qu'ils jettent des germes de discorde. Certes, il m'est très agréable et c'est chose avant tout respectable, que de vouloir aller auprès de votre paternelle saintelé et de jouir de la trace vénérable de ses pas, mais cela ne doit pas se faire à notre insu et sans lettres de recommandation, car ce n'est chose bien reçue ni par nous, ni par les canons, ni par votre jugement impartial ὅν » N'est-ce pas avouer le déplaisir causé à lous par ces voyages si propres à éclairer le Pape? Mais n'est-ce pas aussi une preuve que toute foi romaine n'était pas morte encore au cœur des Byzantins du εχ" siècle ? Ces faits expliquent bien, ce me semble, d'une part, qu'après la chute définitive de Photius, l'union ait pu être rétablie sans trop de peine: mais, d'autre part, qu'il ne fallut pas au xr siècle un effort gigantesque de la part de Kerularios pour briser, irrémédiablement cette fois, le fil ténu qui reliait entre elles les deux Eglises d'Orient et d'Occident. Du reste, cette longue querelle eut sur les rapports de Rome avec Byzance un autre contre-coup : elle aigrit les esprils, les rendit méfiants, el la haine venant s'ajouter à tant d'autres griefs, diplomatiques 1. Lettre VITE. Mansi, xv, 208.
a, Ibid., ibid., p. 203.