Nomocan, t. 1, xxxvi, p
essentiel de la diaconesse et la raison pour laquelle de très bonne heure cet ordre fut institué, consistait à administrer le baptème aux femmes. L'Eglise grecque donnait, comme encore aujourd'hui, le baptème par « immersion » : on dépouillait de ses vêlements le récipiendaire οἱ après l'avoir plongé dans l'eau, on l'oignait d'huile. Il est facile de comprendre que les prêtres ne pouvaient, en de telles conditions, baptiser les femmes. Ce soin était dévolu aux diaconesses qui, en outre, avaient mission d'instruire les catéchumènes de leur sexe. Par exception, sans doute, — car elles n'avaient pas le droit de distribuer le précieux sang ! — elles pouvaient, en outre, apporter la communion aux chrétiens enfermés dans les demeures des Sarrasins *. Elles employaient le temps qui leur restait à la prière et aux soins du sanctuaire. S'il faut en croire les Basiliques *, elles recevaient pour leur service des émoluments.
Tout le clergé d'une Eglise vivait, comme nous l'avons remarqué, sur les biens de cette Eglise. IL fallait donc que la fortune ecclésiastique fût sagement administrée pour n'entrainer pas de regreltables égarements de la part d'un clergé exposé à mourir de faim. De là toute une législation ecclésiastique dont il faut dire quelques mots en terminant ce paragraphe.
Du moment que le budget des cultes n'existait pas à Gonslantinople, force était à l'Eglise de se créer une fortune. Comment sy prenait-elle pour cela? D'abord, elle recevait des dons, En principe, tout fondateur d'Eglise devait pourvoir au traitement du clergé; mais parfois, à en croire certaines novelles impériales des empereurs du x° siècle, il n'en faisait rien où donnait une somme insuflisante pour elle. Heureusement les Eglises avaient d'autres ressources que le capital premier apporté par le bienfailteur de l'édifice. Elle avait d'une part la générosité des fidèles et de Fautre la munificence impé
riale, Si la loi en effet frappait les propriétés ecclésiastiques de l'impôt foncier, elle les dégrevait de toutes charges civiles et