‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 260 sur 354 · ἘΠ. Basil., ch. Luis, p. 305-308. Gay, op. eil., ibid · texte numérisé non relu

ἘΠ. Basil., ch. Luis, p. 305-308. Gay, op. eil., ibid

Italie, les défaites de la flotte grecque en Sicile, peut-être, enfin, les menaces d'une prochaine guerre en Orient, et surtout la question du titre impérial qu'avait pris Louis IL, amenèrent la rupture des fiançailles projetées et retardèrent de plusieurs années l'action décisive rèvée par Basile.

Ces événements n'empêchèrent pas pour autant Louis 1] de continuer ses campagnes en Italie. En cette même année 830 il est de nouveau sous les murs de Bari tandis qu'il envoie à la Calabre septentrionale menacée, une petite armée que défit l'Emir d'Amantea !, Mais le grand fait militaire de toute cette période est la prise de Bari et de son émir par les troupes impériales (2 février 851). Ce succès eut un grand retentissement en Orient aussi bien qu'en Occident. IL préparait la délivrance de l'Italie et apprenait aux chrétiens à ne plus craindre l'Infidèle, Mais pour achever οἱ rendre complète la victpire. il importait que Tarente aussi fùt reprise aux Musulmans et, pour cela, Louis ΠῚ n'avait pas de flotte. Les seuls vaisseaux qui sillonnaïient la mer étaient ceux du patrice Georges, {rop peu nombreux pour attaquer par mer uue ville qui était en rapports constants avec les Arabes de Sicile. Il fallut donc essayer de renouer les relations byzanlines interrompues depuis la fin du concile et ce fut Louis II qui, cette fois, fit la première avance ; mais Basile avait pour

lors d'autres soucis. Très mécontent d’'Anastase — on se le rappelle, — et de son ingérence dans les affaires ecclésias-

tiques, il était par à peu disposé déjà à écouter de nouvelles ouvertures de la part des Francs: les conquêtes de Louis ΠῚ en Calabre, les succès qu'il avait remportés sans le secours de Byzance n'étaient point faits non plus pour l'amener à prêter assislance à cet Occidental qui, seul, avait des chances d'en profiter ; enfin, chose plus grave, à cette date, la polémique de Basile et de Louis au sujet du titre impérial battait son plein. Au lendemain du concile, probablement, Basile envoya, peutêtre par l'intermédiaire d'Anaslase, une lettre aujourd'hui perdue à son confrère d'Occident pour lui interdire de porter le titre αὐ « Empereur des Romains » que Photius, habile courtisan, lui avait décerné dans l'espérance de l'attirer à son parti et de lui faire prêter la main à la déchéance du Pape qu'il

1, (1aY, p. 97.

avait, comme on sait, solennellement prononcée !. L'affaire avait eu son écho au concile: elle avait même contribué à envenimer les rapports entre les cours franque et byzantine el c'est pour répondre à tout ec qui s'était dit et fait que Louis I expédia immédiatement après la prise de Bari, en 871, sa fameuse réponse à Basile?. On conçoit dès lors que cette lettre, œuvre plutôt de controverse que de politique, ne dut guère agréer à l'Empereur. Elle n'était point faite pour préparer une alliance. Du reste, indépendamment de tout cela, Byzance ne pouvait consentir au parlage que proposait Louis IT. Donner la mer aux Grecs et l'Talie aux Francs, en échange de quoi ces derniers aideraient les troupes byzantines à recouvrer la Sicile, c'élait là un rève qu'il était loisible à l'Empereur d'Occident de faire, mais que l'Orient ne sanctionnerait pas. Si Basile combatlait en [alie, c'était, évidemment. pour rester en possession non seulement de la Sicile, mais des provinces d'Italie qu'il n'entendait point abandonner au profit de son rival, presque son ennemi.

Mais ces motifs d'ordre privé n'étaient pas les seuls. Le voulüt-il, il eût été difficile à Basile d'aider efficacement Louis ΠῚ en Occident. Précisément en cette année, un ennemi plus proche el autrement redoutable, le chef des Pauliciens, Chrysochir, venait, en effet, d'envoyer à Byzance un ultimatum qui était pour Basile un véritable outrage*. IT fallait de toute nécessilé concentrer au plus vite politique et armées en Orient. De l'Italie, il ne pouvait plus être question. Seule une flotte, sans doute celle du thème, demeura dans les eaux byzantines laissant Louis Il aux prises avec les pires difficultés.

Basile elles Pauliciens. — C'est, en effet, quelques mois après la prise de Bari, au printemps de ὅτι, que Basile dut entrer en campagne contre les Pauliciens. Cette secte religieuse avait voué à l'Empire une haine implacable depuis l'époque où Théodora avait cherché à les convertir en les faisant massa-

1. Gay, p. 86-88. Néanmoins ce ne dut être évidemment qu'après le sacre de Louis par Hadrien H à Rome que le roi franc dut vouloir porter un titre que son frère lui avait laissé en mourant. On sait, en tous eas, par ὦ que nous avons dit au chapitre précédent, que les lettres d'Hadrien I, lues au Concile, donnaient à Louis le titre d'Empereur.

a. Ibid. Cf, pour le texte de la lettre ἢ ἰδές de la France, τς NAIL, p. 553.

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