‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 261 sur 354 · Vasiljev · texte numérisé non relu

Vasiljev

crer. Ils s'en étaient allés en grand nombre au delà des frontières byzantines, avaient fondé plusieurs villes, entr'autres Tephrice, et aidés des Arabes avec lesquels ils avaient contracté alliance, dévalisaient les thèmes-frontières, attaquaient les forteresses extrêmes de l'Empire et semaient partout sur leur passage la ruine et la désolation, Au début du règne de Basite [", le chef des Pauliciens, Chrysochir, gendre et neveu de Karbeas tué par les Grecs en 863 !, envahit le territoire byzantin, s’en vint jusqu'à Nicomédie et à Nicée, aux portes de Byzance, s'en alla par le thème des Thracésiens jusqu'à Ephèse, ruinant tout, sans, nulle part, trouver de résistance sérieuse?. Ces incursions répétées décidèrent Basile à envoyer dès 869 Pierre de Sicile à Tephrice pour essayer de conclure la paix avec Chrysochir#. Cette ambassade dura neuf mois. En 850, Picrre de Sicile était de retour à Constantinople, apportant à l'Empereur la certitude que les Pauliciens faisaient en Bulgarie une active propagande religieuse! et une réponse insolente aux propositions de paix de Basile. Celle-ci. en effet, n'était autre que le démembrement de l'Empire. Chrysochir réclamait pour lui toute l'Asie Mineure *. Cette proposition était un affront à la majesté impériale. Basile comprit qu'il n'avait plus qu'à commencer la guerre. Dès le printemps de 850, laissant de côté les affaires d'Italie, il partait en personne à la tête d'une grande armée contre les Pauliciens et se dirigeait sur Tephrice. Il estimait, dit son petit-fils, qu'il était de son devoir de souverain d'aller lui-même au devant du danger qui menaçait son peuple ἡ), Le succès de cetle première campagne fut lamentable pour Basile. Battu par les Pauliciens, il n'échappa à la

1. Vasiljev, r, 202. Cf. Sur Chrysochir, le Contra Manich. Patrol., cu, p.84.

a. (renesios, 1145. Vasiljev, πὶ p. 26.

3. L'ambassade de Pierre de Sicile comme toute l'histoire des Pauliciens à cette époque, nous est connue par la continuation de Georges Harmatole, par l'histoire de Pierre de Sicile, l'ouvrage de Photius sur les Manichéens οἱ le fragment de l'Escurial publié par Friedrich. L'autorité de ces diverses sources a été vigoureusement attaquée par Karapet Ter-Mrkttschian et Friedrich ΟἹ défendue par Conybeareet Ehrhardt. Les arguments donnés par ces deux derniers érudils paraissent, sinon absolument probants, du moins suffisamment solides, pour que, jusqu'à plus ample informé, on continue à utiliser ces documents et à tenir pour authentique la mission de Pierre de Sicile chez les Pauliciens. Cf, Vasiljev, τι, 27 et seq.

Migne, CIV, p. 1242.

Vasiljev, αὶ, 28-29. Gienesios, 1148,

ὃ. Vil, Basil., ch. xxx vu, p. 287.

captivité que grâce à Théophylacte, père du futur Empereur Romain. Tout le résultat de cette première guerre consista dans la destruction de quelques forteresses comme Avara, Spathi, Koptos ? et, l’année suivante, dans une nouvelle attaque de Chrysochir qui s'avança jusqu'à Ancyre détruisant tout sur sa route. Il rentra dans ses Elats avec de grandes dépouilles*. L'Empereur comprit qu'il n'avait point de temps à perdre. Tandis qu'à Constantinople, il s'occupait des affaires de l'Empire et s'en allait dans les Eglises prier Dieu et ses saints qu'il ne mourût pas avant d'avoir vu la mort de Chrysochir el « d'avoir eu la joie de lui planter trois flèches dans sa tête impure »#, il envoyail dès 872 son gendre, le domestique des scholes, Christophore ὅ, contre son ennemi. Celui-ci. comme précédemment Basile, s'avança jusqu'à Tephrice: mais celte fois il fut plus heureux que son maître. IL remporta sur les Pauliciens une éclatante victoire, Tephrice fut prise et détruile jusques en ses fondements. D'autres forteresses, à leur tour, subirent le même sort. La puissance paulicienne était sérieusement atteinte. Le grand mérite de Christophore, en cette décisive campagne, fut de comprendre que rien de durable ne serait accompli en Orient tant que l'Empereur ne serait pas maitre de Chrysochir lui-même. C'est pourquoi profitant de l'avantage que lui donnait la vicloire, il se décida à poursuivre les derniers restes de l'armée ennemie. Chrysochir était entré dans le thème de Charsian el campait à Agrana, landis que le domestique des scholes, avec le gros de ses troupes. s'élait cantonné à Siboronÿ. Le plan de Christophore fut rapidement conçu. Ordre fut donné aux stratèges des Arméniaques et de Charsian de poursuivre Chrysochir jusqu'à Bathyrrhax, puis de revenir s'il s'enfuyait au delà 7. Si, au contraire, il attaquait les fronlières, ils devaient immédiatement en avertir le domestique. Grecs et Pauliciens se rencontrèrent dans la plaine située au pied du Zôgoloenos*, Là. au milieu de la nuit, seize cents

Page 1