‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 264 sur 354 · Ibid., xL, p · texte numérisé non relu

Ibid., xL, p

chrétiens, ne tarda pas à se trouver en très critique posture par suite des excès que commettaient en Italie son armée et son gouvernement. Les princes de Bénévent, de Spolète, de Salerne. de Naples, presqu'au lendemain de la victoire de Bari s'insurgèrent contre leur suzerain. En août ὅτι. Louis IT, tout victorieux qu'il fût, était pris à Bénévent comme dans un piège. Il Gtait captif d'Adelchis. On devine l'impression que fit en Italie et chez les Arabes une pareille affaire, Le résultat en fut, immédiatement, une nouvelle attaque des Sarrasins contre l'Italie. L'Empereur y gagna, en vérité, la liberté, mais entre luiet son vassal de Bénévent la rupture élait consommée. Adelchis n'eut plus d'autre ressource que de se tourner vers Byzance pour lui demander secours et protection. Cela se passait en 873. Le coup élait fatal pour Louis IF. Par là, malgré son triomphe de Bari, toute la politique du Carolingien avait échoué. Du reste, l'heure de sa mort n’élait plus éloignée. Le 19 août 855 il s'éteignait à Brescia, tandis que Basile, profitant des circonstances, envoyait le patrice Grégoire comme stratège à Otrante pour y surveiller le cours des évènements.

Durant l'année 872, Basile out occupé par la guerre contre les Pauliciens avail singulièrement négligé ses possessions de Sicile. Les Arabes, heureusement pour lui, se débattaient dans d'inextricables difficultés civiles dont, régulièrement,. les gouverneurs payaient les frais en se faisant assassiner. Cet état de choses explique bien pour quelles raisons les Grecs siciliens vécurent en une paix relative et ne perdirent aucune des villes qui se trouvaient encore en leur pouvoir. Mais. si les Arabes siciliens n'agirent guère alors, ceux de Tarse et de Crête, par contre, plus forts et plus unis que les autres, reparurent dans l'Adriatique. Dès qu'un centre arabe se croyait assez fort, on élail sûr de voir son gouvernement se lancer dans quelque aventure. Tel fut, parexemple, le cas de l'Emir de Tarse, Osman ou Esman (Ἔσμάν) " qui, vers cette époque, profitant des premiers succès arabes en Ilyrie. s'en vint assiéger à l'improviste les côtes de la Grèce. En mai 872, en effet, les Arabes dévastaient les côtes d'Ilyrie et s'’avançaient jusqu'à l'île de Brazza, au sud de Spalato. En rentrant chez eux, pourtant, une désagréable surprise les attendait. Subitement, ils se trouvèrent en

τ, ἘΠ᾿ Basil., 1x, p. 315.

présence de la οι de Nicctas Oryphas qui. probablement, était demeurée sur les côtes de Grèce depuis l'année précédente. La légère défaite que leur fit subir le commandant des forces byzantines, n'élail pas pour les décourager. Au lieu de s'enaller sur les côtes d'Illyrie, les Arabes, commandés par un cerlain Photius!, se précipitèrent sur celles de Péloponèse ?. Patras, Pylos, Corinthe souffrirent de leurs déprédations. Nicelas était alors élabli à Cenchrée*. Par une heureuse inspiration, au lieu de tourner.la presqu'île pour rejoindre la flotte sarrasine au cap Malée où se trouvait son point d’altache, il fit clandestinement passer troupes el vaisseaux par terre el, tout à coup. se présenta devant Fennemi#. Les Arabes furent vaincus. Leur flotte fut ou brèlée ou coulée, l'équipage décimé, la Crête dut payer pendant dix ans tribut à l'Empereur. Pour heureuse qu'eût été celle expédition, elle n'en étail pas moins la preuve certaine du danger qui ne cessait de menacer les Byzantins de Grèce, d'Italie, de Sicile. En fait, la Méditerranée était au pouvoir des Arabes et toujours on pouvail craindre de nouvelles surprises. Aussi, dès que Basile, entre 874 et 876, eut terminé sa campagne d'Orient, songea-t-il à tirer parti de la situation pour prendre solidement pied dans la Méditerranée et se garder contre toute nouvelle insurrection des Arabes de Crète. Une île mi-grecque, mi-arabe, parut lui offrir le point stratégique qu'il désirait. C'était Chypre. Nous n'avons aucun détail précis sur la façon dont il occupa l'ile et sur l'époque exacte de la campagne militaire qui la lui fit gagner ; nous savons seulement que, durant sept années, il put y établir un stratège. Malheureusement, les Chypriotes grecs ne secondèrent d'aucune façon les efforts de Basile. Assez heureux sous la domination arabe, ils sentaient peu le besoin de changer de régime. Chypre retomba donc au pouvoir des Sarrasins jusqu’à l'époque de Nicéphore Phocas ÿ. Sur la côle d'Ilalie, à Otrante, Basile 1° eut aussi, à cette mème date, une heure de brillant succès. H avait 6t6 très heureux dans la nomination du patrice Grégoire comme « bajulus » et

Page 1