‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 272 sur 354 · L'ADMINISTRATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

L'ADMINISTRATION MILITAIRE

Ce n'est pas sans peine que Basile 1" obtint de son armée l'effort nécesssaire pour accomplir la grande œuvre de libération nationale qu'il ne cessa de tenter au cours de son règne. Michel II lui avait légué, en cela comme en tout le reste, des services militaires désorganisés, des troupes indisciplinées el mal exercées, des soldats mécontents parce qu'ils n'étaient plus payés. Une fois déjà, avant la mort de Michel, cet état de choses avait amené un semblant de révolte que le Basileus s’empressa de calmer en distribant de l'argent qu'ou fiten hâte fondre el monnayer ; mais ce n'élait là qu'un expédient. Il fallait réorganiser l’armée aussi bien que la justice, les finances, ladministration civile et c’est ce que fit Basile. Là, comme ailleurs, il paraît avoir apporté un grand nombre d'amélioralions que son sens pratique et sa claire intelligence jugèrent bien vite nécessaires !.

1. I n'est pas très aisé de savoir avec exaclitude ce qui fut transformé, abandonné et innové au cours du règne de Basile I, A part quelques ren scignements épars qu'on pourra glaner dans la Vila Basilii: les chapitres du 11° appendice du Livre des Cérémonies composés à l'aide de sources du 1x° siècle et dont beaucoup sont du temps mème de Basile: un certain nombre de passages du He Livre des Cérémonies écrits à l'époque de Léon Vi; quelques textes des Taklika de ce mème Empereur, nous n'avons pas d'autres données précises sur la part que prit Basile à la reconstitution de l'armée. Nous possédons, grâce aux géographes arabes, Ibn Hordadbch et Kodama, un état de l'armée telle qu'elle existait entre 820 et 842; nous en possédons un autre quelque peu différent dans le Clétorologe. I est plus que probable que ces changements dont la caractéristique se trouve être du même ordre que ceux que nous avons observés aux chapitres précédents — une augmentation du nombre de fonctionnaires par rapport à l'époque précédente — remontent en partie à Basile. Le fondateur de la dynastie macédonienne a préparé et commenté dans toutes les branches de l'administration impériale les réformes que Léon VI termina. Il n'est donc nullement nécessaire de récuser le lémaignage des géographes arabes ainsi que le fait M. Uspenskij, sous prétexle

Ainsi que nous l’apprend Constantin VII, l'armée, à l'avènement de Basile, élait en très fâcheuse posture. Les largesses habituelles, les « rogai », les distributions de blé !, avaientété suspendues et, de ce fait, l'armée s'était trouvée affaiblie et désorganisée. IL fallut donc réformer les cadres en appelant sous les aigles byzantines de nouvelles recrues ? et, pour cela, leur distribuer ce qui leur élait nécessaire. Le recrutement de l’armée se faisait de deux manières : par des engagements volontaires et par des engaments forcés ?, imposésaux propriétaires de biens-fonds militaires car ceux-là seuls, suivant l’ancienne tradition romaine, étaient tenus au service ἢ. Dans chaque province, en effet, il y avait un certain nombre de familles en possession de terres militaires (στρατιωτιχὰ χτήματα). Leur nom était inscrit sur un registre spécial, le « στρατιωτικὸς χατάλογος », lerme qui revient souvent dans les récits hagiographiques ὅ et dont la garde élait confiée à un fonctionnaire spécial, chargé de le tenir à jour comme de faire les inspections nécessaires 6. Sur ces registres figurail la mention des biens militaires avec le nom des possesseurs οἱ ceux-là seuls étaient appelés sous les armes dont les noms étaient inscrits sur les registres. Ces biens militaires une fois entrés dans une famille, se transmettaient avec leurs charges, par voie d'héritage, élaient exempts de certaines redevances, le service mililaire obligatoire tenant lieu d'autres impôts, et élaient insaisissables. On avait ainsi des familles de soldats, par conséquent unc castle spéciale, formée de pères en fils, au métier des armes (6 στρατιωτικός, ὁ πολιτικὸς 01x05). el, sauf d'assez

“ares exceptions, peu de civils (πολῖτα!) venaient s’y mêler 7.

que leurs dires ne concordent pas avec ceux de Constantin VIT, L'historien russe ne parait pas s'être aperçu qu'entre 842 et l'année indécise du x° siècle en laquelle écrit Constantin VII, de grandes transformations se sont opérées. Pour connaitre donc autant que faire se peut l'organisation de l'armée à l'époque de Basile, la plus sûre méthode me parait être de prendre comme base le Clétorologe de Philothéc qui est daté avec précision en le confronlant avec les écrivains arabes.

Page 1