Skabalanovic, ch. vit, p. 300 et seq
Mais. naturellement, tous ces biens mililaires n'étaient pas .d'égale valeur. Aussi entrainaient-ils après eux, suivant l'imporlance de la terre, des obligations assez diverses. Une parcelle de terre de quatre à cinq livres, par exemple, obligeail au service personnel dans la cavalerie !, tandis qu'une parcelle de valeur infime obligeait simplement le propriélaire à se coliser avec d'autres lenanciers de sa classe pour équiper un soldat *. On comprend dès lors aisément, d'après ce système, la nécessité qui contraignil Basile de mettre immédiatement un peu d'ordre dans les registres militaires et qui lui fit exiger la présence de certains soldats sous les armes. S'il ordonne, au surplus, une levée de volontaires c'est que. sans doule. comme ἰδ dit son petit-fils, durant d'assez longues années on ne distribua plus de terres et plus d'argent ΟἹ qu'ainsi l'armée allait s'affaiblissant sans cesse. Basile, du resle, eut toujours au cours de son gouvernement la constante préoccupalion d'augmenter son armée ct l'on peut être sûr que les terres qu'il donnait aux convertis, aux Sarrasins, à d'autres encore, étaient toutes des fiefs militaires entraînant l'obligation du service militaire*.
Nous ne savons pas à quel âge le jeune homme entrail au service. Saint Joannice se fil inscrire à dix-neuf ans dans le corps des excubileurs: mais nous ignorons s'il le fit par obligalion où par goût #, donc si dix neuf ans était l'âge légal. Léon VI de son ecôlé, dans les Taklika dit simplement de ne choisir pour l'armée ni vieillards ni enfants 5 et les géographes arabes que les « Romains admetltent dans le rôle de Farmée les jeunes gens imberbes 6,
Mais celle première réforme n'élail pas suffisante. Après avoir, suivant la tradition, comme chaque année, prèlé serment à l'Empereur’, les soldats durent se mettre à l'étude de leur mélier, à Fexercice quotidien de l'obéissance, à la pralique de la discipline mililaire$, Sur l'ordre de l'Empereur, on
τ. Cerem., p. 1N1.
o. {εἰς 3. Rambaud, op. ci, p. 288.
ἡ. 4. 4. S. S. Nov, H, p. 43%. Saint Luc partdil pour la guerre à 1$ ans (Fil, Δ΄’ Luce, $ 5}.
ὅς Taclika, AN, 1, 500, ü. De Gorje, Biblioth. geogr. arab, 4, VE, p. δῶ, τ. Fheoph., 636.
N, él, Basile, AXE, p. 481,
mélangea troupes anciennes et nouvelles, on les aguerrit, on leur donna des présents ! et ainsi, très rapidement, Basile eut une armée assez instruite et forte pour partir en campagne.
L'armée byzantine, en sa lotalité, était formée par les tagmes d'une part, les thèmes de l’autre. C’étaient, pour ainsi dire, deux armées différentes. Le tagme était très probablement l'armée en résidence à Constantinople ; le thème, l’armée de province*, la véritable force de l'Empire. Comme nous l'avons déjà remarqué, à l’époque qui nous occupe, le mot de « thème » tend de plus en plus à prendre la signification qu'il gardera définitivement plus tard: celui de corps de troupes et de province. II s’en suit donc qu'il y avaitun corps de troupes par provinceérigée en thème. En outre, certains pays — généralement aux frontières de l'Empire — avaient eux aussi une organisation mililaire et civile, mais simplifiée et sans doute plus exclusivement militaire, c'était la clisure. Ces clisures devenaient souvent avec le temps, lorsque la conquête était affermie et l'administration complétée, des thèmes, semblables aux autres. Chacune de ces provinces avait à sa têle wn stratège ou clisurarche, chef d'une double administration, civile et militaire *.
A l’époque où écrivait Hordadbeh, l'armée comptait environ 120,000 hommes |, que se parlageaient les stratèges. Chacun avait 10.000 hommes sousson commandement, groupés, comme de nos jours, en un cerlain nombre de subdivisions. Les troupes tenaient garnison non seulement dans la capilale du thème, mais aussi en différentes villes. Pour l'ordinaire, le corps d'armée se composait de deux divisions principales ou « Lourmes » comprenant 5.000 hommes chacune, ayant à sa têle un tourmarche”. Ce tourmarche étail généralement décoré du titre de spatharocandidat ou de spathaire et appartenait, de ce fait, à une des classes de la noblesse. Sa hiérarchie dans la