Vit. Basil., ch. xxx, p
transition au point de vuc social. La période qui précéda son avènement avait été un temps de révolution sociale οἱ religieuse. Arrivé au souverain pouvoir grâce un peu à cet état de choses, son premier devoir était naturellement de rétablir l'ordre en s'inspirant du passé lout en conservant du présent ce qui lui paraissait légitime. Et c'est ce qu'il fit.
Ainsi donc, d'après les quelques rares renseignements que nous avons sur ce sujet, nous pouvons dire qu'à celle époque, la terre, source de toute richesse, était la propriété de deux grands seigneurs : la commune et le puissant. La commune était la réunion des habitants d'un lieu. Cette commune avait la terre qu'elle habitait en pleine propriété. Lorsque les Slaves, dès le vu siècle, vinrent s'établir sur le territoire de l'Empire avec leurs femmes et leurs enfants; lorsqu'au vi οἱ au ix° siècle, les Grecs, chassés de leur patrie par les guerres et l'invasion arabe, se réfugièrent sur les terres d'Empire inhabilées et incultes ; lorsque les Empereurs voulurenl coloniser de vastes étendues de terre en friche et délaissées, chaque fois ce fut la « commune » qui prit officiellement possession du pays. Les chefs de famille se partagèrent la terre en parties égales. Chacun eut une parcelle, une «uegis » quil put cultiver en toute liberté. Ce fut une des formes de la propriélé, une de celles qui avant comme après les Iconoclastes, demeurèrent toujours dans l'Empire byzantin. Mais, comme nous venons de le voir, la grande innovation législative des Empereurs hérétiques fut celle qui modifia la condition du paysan qui travaillait sur la terre d'autrui, du fermier en un mot. L'« ᾿Εχλογή » connait, en effet, des fermages à prix fixes et annuels !, On mettait en location soit une propriété entière, soit des parcelles séparées, comme des vignes. Ces fermiers étaient de deux sortes : ou bien ils cultivaient la terre du scigneur avec leurs instruments et leur argent : c'étaient les « μορτίται ». Ils devaient, dans ce cas, le dixième de la récolte au propriélaire (une gerbe sur dix) ?, ou bien ils cultivaient la terre avec l'argent et les outils du seigneur: c'élaientles « ἡ μισειασται» fermiers qui devaient à leurs propriétaires la moitié des revenus qu'ils récoltaient ὃ, On comprend que ce système n'était pas