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fait pour enrichir les grands propriétaires. Le mince revenu payé par le colon à son seigneur suffisait à peine à ce dernier pour l'acquitlement de l'impôt. Bien plus. 11 y eut désormais dans la location de la terre de grands aléas. Le colon pouvait changer de domicile et laisser, par conséquent, les terres du seigneur en friche : grave préjudice pour lui puisqu'il était toujours obligé de payer l'impôt. Ce fut la raison de la lutte entreprise dès le rétablissement de l'orthodoxie par les « puissants » pour le recouvrement de leurs anciens privilèges, lutte qui se trahit à l'époque de Basile. au travers des quelques textes dont nous avons parlé et qui, dès le début du x° siècle, arrive à la victoire enregistrée dans les Basiliques par la reprise du Code justinien et qui peut se caractériser par ces deux faits : on essaya, de nouveau, de lier le colon à la terre du seigneur ; on essaya d'élever les revenus agricoles. Les Basiliques et les textes juridiques, contemporains et postérieurs, en effet, connaissent de nouveau deux sortes de paysans, souvent appelés « raporxot » : ceux qui sont libres et paient l'impôt et ceux qui dépendent d'un seigneur. À son tour, le «patrocinium» reparaît dans une novelle de Romain Lécapène et dès lors l'Empire byzantin vivra plusicurs siècles encore sur le droit justinien plus ou moins modifié ou altéré.
Telle était donc dans la seconde moitié du 1x° siècle la situation du paysan par rapport à son seigneur. Reste à dire comment la terre se trouvait répartie. La couronne possédait, nous l'avons vu. des domaines considérables. Basile, par achats et confiscalions, augmentla encore les revenus soit du fisc, soit de sa casselle privée et contribua, sans peut-être s'en rendre bien comple, à hâter la lente disparition de la pelile propriété privée. Mais ce furent surtout les églises et les couvents qui accaparèrent les plus grands lots de terre. Des donations nombreuses leur étaient faites: souvent les moines en entrant au couvent remettaient à leur nouveau supérieur la fortune qu'ils tenaient de leurs parents: les misères du temps aussi — famines, guerres, maladies — favorisèrent d'injustes empiètements et permirent aux églises ΟἹ couvents la constitution de forlunes foncières tellement considérables que la petite propriété privée en eut beaucoup à souffrir. De leur côté. grands et puissants seigneurs