‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 307 sur 354 · Schlumberger, Sigillog · texte numérisé non relu

Schlumberger, Sigillog

paux centres des « douanes de l'Hellespont » étaient Gallipoli, Cyzique, Abvdos ! : les douanes du Pont avaient leur centre au pied du Hiereion, en face de Rouméli-Kavak actuel?. [ndépendamment de ces douanes maritimes qui commandaient le grand commerce international, il y avait aux frontières du pays. comme aux ports de l'Empire, d'autres douanes de moindre importance pour le commerce qui se faisait par terre et pour l'exportation. Là aussi, il y avail des commerciaires qui, comme ceux des grandes douanes, apposaient la bulle de plomb aux marchandises au moment de leur entrée et de leur sortie*. Enfin. de province à province, il existait des douanes intérieures, sorte d'octrois sans doute, destinées à favoriser le commerce à l'intérieur de la province comme à augmenter les revenus municipaux.

Le grand marché de l'Empire était naturellement Byzance. C'est là qu'arrivaient par le Pont et le Bosphore les marchands de Cherson. Ils apportaient de leur pays de la pourpre, des ceintures, des étoffes de soie, des vêtements brodés, du poivre, des peaux ἢ. Les Russes, à leur tour, vinrent prendre place, à cette époque, sur le marché byzantin. Eux aussi apportaient les peaux destinées à faire des fourrures, peaux de castor et de renard noir très recherchées à cause de leur rareté et de leur aspect soyeux. [ls vendaient aussi des épées, du miel, etc. Les marchands russes étaient établis dans le quartier de S.-Mamas f : des règlements très sévères fixaient le lemps de leur séjour à Constantinople, l'époque de leur arrivée, comme celle de leur retour en Russie, — Alors, comme aujourd'hui, les Juifs de tous pays faisaient avec Byzance un commerce actif. Ces marchands, nous dit Ibn Hordadbeh, parlent l'arabe, le persan, le « romain », — c'est-à-dire le grec et le latin — les langues franque, espagnole et slave. Ils voyagent de l'Occident en Orient οἱ de l'Orient en Occident, tantôt par terre, lantôt par mer. Hs apportent de l'Occident des eunuques, des esclaves femelles, des garçons, du brocard, des peaux de castor, des pelisses de

. Schlumberger, Sigillog., 196.

. Ibid, 198.

. Ibid., p. τι.

. De Admin. ch. vi, p. 166.

. Ibn Hordadbeh, de GϾje, Bibliotheca, 115.

. Heyd, Geschichle des Levantehandels, p. 79.

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martre et autres pelleteries et des épées. Ils s'embarquent dans le pays de Firandja (France) sur la mer occidentale et se dirigent vers Al-Faramäà : là, ils chargent leurs marchandises sur le dos des chameaux et se rendent par terre à ΑἹ Kolzom, à une distance de 25 parasanges. Ils s'embarquent sur la mer orientale el se rendent d'Al Kolzom, à Al-Djär (le port de Médine) et à Djodda (le port de la Mecque), puis ils vont au Sind, au Hind et à la Chine. À leur retour de la Chine, ils se chargent de muse, de bois d'aloès, de camphre, de cannelle et des autres productions des contrées orientales... Quelques-uns font voile pour Conslantinople afin d'y vendre leurs marchandises aux Romains, d'autres se rendent à la résidence du roi des Francs pour y placer leurs articles 1.

On comprend qu'il devait être, en effet, difficile à ces marchands au long cours d'éviter Byzance. La grande ville était tout à la fois pour eux, une escale commode au milieu de leur voyage, un excellent débouché pour leurs marchandises, un lieu de repos et d'approvisionnement. Là ils trouvaient tout ce qu'ils pouvaient désirer et si les règlements sur l'exportation étaient sévères, il est bien probable cependant qu'habiles comme l'étaient les Juifs, ils pouvaient arriver à se procurer ces marchandises prohibées, — telles les belles étoffes de soie souverains d'Occident aimaient à porter ?,

Byzance, loutefois, n'était pas la seule place commerçante de l'Empire. Nicée, par exemple, élait un centre important. C'était par à qu'arrivaient les légumes qui approvisionnaient la ville 3; par là aussi qu'arrivaient au Stratégion et au Tauros, les animaux de boucherie que les μαχελάσιοιν, les bouchers, les

que les

“οιρεμπόροι. les charcutiers, achetaient pour l'approvisionnement de la grande citéf. Plus loin dans les terres, Adana était une grande ville industrielle 5 : Tarse avec son port sur la Méditerranée. Trapézonte avec son trafic sur le Pont, Thessalonique, la seconde ville de l'Empire. comptaient parmi les lieux de com-

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