Labarte, op. cit
4. I semble bien qu'il devait y avoir au moins deux coupoles puisque Constantin parle de la coupole orientale.
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ET L'EMPIRE BYZANTIN hog
de cette chambre était particulièrement remarquable. Au milieu du sol s'étalait un paon magnifique! renfermé dans un cercle de marbre de Carie. Des rayons du même marbre formaient au dehors un second cercle plus grand d'où partaient « quatre ruisseaux » de marbre vert de Thessalie s'en allant aux quatre angles de la pièce. Dans les compartiments formés par ces ruisseaux se trouvaient quatre aigles admirables et d'une imitation si parfaite qu'on les eût dit vivants et prêts à s'envoler. Les soubassements des murs représentaient, en mosaïques, des fleurs variées. Le plafond, enfin, qui était de forme carrée était probablement en bois tout lamé d'or. Au milieu la croix gemmée en verre de couleur verte, entourée d'étoiles et l'Empereur au milieu de sa famille, dans la position d’ « orant », avec diverses inscriptions pieuses. Indépendamment de ces constructions affectées à son usage personnel, Basile fit encore, à l'intérieur du grand Palais, élever d’autres édifices dont nous ne connaissons pas l’ordonnance, comme le trésor impérial, le garde meuble, les bains du Palais ? et un triclinium près des galeries de Marcien, le Pentacoubouklon. Il fit enfin réparer la Chalcé tombée en ruine, l'orna magnifiquement et installa dans ce nouveau palais le tribunal « beaucoup plus auguste que l'Aréopage et l'Héliée® ». De même, en dehors de la ville, il reconstruisit et embellit d'autres demeures impériales, à Mangana, à Pigi, à Hieria. Mais sur tous ces travaux, nous n'avons d'autre détail que la brève mention qu'en fait Constantin VIT. Malgré ces lacunes, on le voit donc, l'œuvre artistique de Basile a été immense. Prenant l'art au point où l'avaient laissé les princes iconoclastes, il lui a donné une nouvelle impulsion. De l'époque qui précéda son avènement, il garda les sujets d'ornementation profane que cette époque avait créés pour remplacer les motifs purement religieux, mais sous son influence, là comme ailleurs, la religion rentra triomphante et unit bientôt son inspiration propre à celle qu'elle rencontrait. L'inspiration profane, loin de disparaître, donna tout au contraire naissance aux grands sujets d'histoire qui s’en iront orner les demeures impériales et parti-
On sait que le paon était le symbole de l'immortalité, Vit. Basil., ch. χα, p. 352.
Ibid., ch. xxxr, p. 276.
Ibid., ch. xcr-xen, p, 353.
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ἥτο BASILE 1
culières de l'Empire, tandis que l'inspiration religieuse, profitant de la leçon, reproduira dans les églises et dans les monastères, avec les scènes de la vie du Christ, celles de la Vierge et des saints. Au point de vue du développement architectural, le règne de Basile est aussi une époque importante. De plus en plus on va abandonner la forme basilicale avec son toit de bois pour adopter l'église à coupoles qui restera dans l’histoire de l’art la caractéristique de l'art proprement byzantin. Mais cette renaissance artistique qui aura son plein développement au x° siècle ne s’est pas fait seulement sentir en architeclure et en peinture. Elle a agi sur les arts mineurs dont, en terminant, il faut dire quelque chose.
Un des plus beaux exemples de la miniature du 1x° siècle est le fameux manuscrit de saint Grégoire de Naziance auquel on peutajouter un manuscrit du même Père qui se trouve à Milan, un Psautier en onciale daté de 862 actuellement à Pétersbourg, ainsi qu'un manuscrit des opuscules ascétiques de saint Basile daté de 886 et conservé dans la Bibliothèque du saint Synode à Moscou !. Le premier est orné de quarante-six pages illustrées dont quelques-unes, malheureusement, sont aujourd'hui fort endommagées. Sur ces quarante six pages, dix sont illustrées en forme de tableaux tenant toute la page. C'est tout d’abord le Christ triomphant assis sur un trône et « donnant sa paix »; c'est ensuite Eudocie avec Léon Alexandre, « Comme au Kenourgion, les jeunes princes tenaient à la main le rouleau des lettres saintes ?. » C'est Basile avec Elie et Gabriel. L'empereur était, sans doute, peint suivant les méthodes en usage chez les mosaïstes. Il porte une longue tunique de violet pourpre et le manteau impérial, le loron d'or, enrichi de pierreries et de perles. Ses pieds sont chaussés des brodequins rouges, signes de la toute puissance; sa tête porte le stemma. La parenté des compositions du Parisinus et des mosaïques du Kenourgion paraît donc ici comme assez probable. L'auteur
. Parisinus, 510 ; Ambrosianus, 49-50 (Porphyre, 216 ; Amphil., 2-3. —
254 εἴς cx11) Sabas 5 ; Amphil., ἡ-8. 0, Montfaucon, Paléogr. grecq., vi, 250: Labarte, Histoire des Arts industriels au Moyen-Age, 1, 35 et seq. Omont, Fac-similés des minialures des plus anciens manuscrits grecs de la Biblioth. nationale ; Tikkanen, Die Psalter Illustration im Miltelalter.