‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 326 sur 354 · Millet, op. cil., p. 241. Ἀ · texte numérisé non relu

Millet, op. cil., p. 241. Ἀ

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dégradations actuelles des images, la façon de travailler des minialurisles byzantins. L'artiste qui peignit le S' Grégoire avail, en effet, commencé par coller sur le parchemin une feuille d'or et sur cette feuille qui devenait ainsi le fond de son tableau, il avait d'abord dessiné corps ΟἹ figures à la plume. puis les avait ensuile peints à la gouache. C'est ainsi, par exemple, que le corps du Christ dans la scène de la crucifixion fut dessiné, au pinceau, avec une couleur brun rouge très légère avant d'être revêlu de sa tunique violette. Enfin. chose intéressante, l'inspiration de certaines pages semble nettement avoir ses origines dans l'art syriaque du νι siècle. On sait qu'il existe actuellement une grave question : celle de savoir si loul l'art byzantin ne dérive pas de l'art oriental. M. Strzygowski s'est fait dernièrement encore, à propos du Psaulier serbe de Münich, l'ardent défenseur de cette théorie !. Sans entrer dans la discussion de celle difficile question, on peut remarquer. néanmoins, qu'au 1x° siècle, l'artiste qui peignit le Parisinus 510. s'inspire visiblement de cette tradition. La crucifixion semble. en effet, une réplique, à quelques détails près, de la crucifixion du manuscrit cyriaque du vi siècle conservé actuellement à la Laurentienne à Florence. Dans l'une et l'autre œuvre, le Christ est vêlu d’une longue tunique violette qui lui descend jusqu'au milieu des jambes : les bras sont dans la même posilion horizontale οἱ Longin porte le même vêlement rouge. Seuls certains délails ont changé. Les pieds du Christ. parexemple, reposent, dans le Parisinus, sur une tablette, tandis que dans le manuscrit syriaque, ils pendent sans appui, cloués directement sur le bois de la croix. La Vierge et S' Jean sont. de même, dans une position légèrement différente : ils se trouvent de chaque côlé de la croix. Ces détails étaient, ce semble, curieux à noter. [ls montrent bien, je crois, les ressemblances fondamentales qui existent entre la conception des deux œuvres et les modifications que les habitudes et les traditions iconographiques apportèrent en l'espace de trois siècles ἢ,

De la tendance que nous avons signalée, de faire de la peinture d'histoire, tendance qui a. sans nul doute, son origine

τι, Strzygowski, Die Minialuren des serbischen Psallers ; cf. Diehl, L'illusration du Psaulier dans l'Art bycanlin, écrit à ce sujet,

2. Labarte, Hist. des Arts industr., 11, 35 el seq. Album, H, L\ANX\,

ET L'EMPIRE BYZVNTIN 13

dans les prohibilions et les essais de l’art iconoclastique, nous avons, en miniatures, d'autres exemples parvenus jusqu’à nous. Le manuscrit de Paris 923 du rx° siècle qui est un recueil de morceaux choisis et de parallèles des Pères de l'Eglise, reproduit, à côté de sujets religieux, des scènes de genre, comme le travail du médecin ou du peintre, des exercices athlétiques, etc. Mais l'exemple le plus curieux est assurément le Psautier dit Chludov conservé aujourd'hui à Moscou! et sur lequel, l'auteur, avec un pinceau très alerte, une verve parfois très comique, ἃ esquissé « sans fond, ni sol » au hasard d’un espace blanc, de caractéristiques silhouettes, pleines de vie et de mouvement qui rappellent, à côté de scènes religieuses, quelques faits d'histoire contemporaine : le pseudo-Concile de 815; Léon l'Arménien faisant couvrir de chaux une image du Christ: le patriarche Nicéphore triomphant qui foule du pied le chef des Iconoclastes ; le faux patriarche Jean, οἷς 3. Dans ce Psautier d'aspect et de but tout religieux, les haines, les idées, les partis d'un jour s'entrechoquent et combattent comme en pleine vie οἱ en pleine réalité. Or, cel exemple si curieux n'est pas unique. Nicétas nous raconte, en effet, dans son panégyrique de 5" Ignace qu’on trouva chez Photius, après sa déposilion, des livres admirablement reliés en soie avec des ornements d'or οἱ d'argent. Ecrits en superbes lettres, ces livres relataient les sept sessions apocryphes du Concile qui condamna Ignace. L'œuvre était de la main du fameux Grégoire Asbestas de Syracuse, el devail être, sans doute, exécutée comme les miniatures du Psautier Chludov. Asbestas avait représenté, en couleur, le patriarche Ignace sous divers aspects. A la première session répondait une miniature figurant le patriarche pris et frappé de verges. Au-dessus, le peintre avait écrit « ὁ διάδολος » le diable. A la seconde session, on voyait Ignace couvert de crachats et tiré violemment, avec cette sentence : « Commencement du péché. » A la troisième, Ignace était jeté à bas de son trône, avec cette mention : « Fils de perdition » et ainsi pour chaque session®, Là donc, comme au Psaulier pré-

1. Le Psautier Chludov est reproduit intégralement dans la collection des Hautes Etudes.

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