‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 39 sur 354 · bid., αν, p · texte numérisé non relu

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3. Tous les chroniqueurs byzantins, à la suite de Constantin VII, donnent une origine arménienne à la famille de Basile. Seuls les écrivains arabes : Harmzas, Elmacin et Maçoudi disent qu'il était Slave. Samouel d'Ani donne même le lieu d’origne de sa famille : Thil dans la province de Taron où plus tard Basile fit construire une église (Brosset, Collection d'historiens arméniens, t. 1, p. 423). M. Rambaud et depuis M. de Boor (Vif. Euthymii, p. 130) ont opté pour l'origine arménienne et apporté leurs preuves à‘ l'appui. A leurs témoignages on peut en ajouter un autre: celui de la Vit. Basil., ch. xu, 244, où Constantin raconte que Basile, jeune homme, était lié avec le patrice Constantin, père du patrice Thomas qui vivait à l'époque de Constantin VII parce qu'ils étaient du même pays : Arméniens tous deux. — Le plus vraisemblable, à mon avis, c'est que la famille de Basile pouvait bien être arménienne par ses ancêtres, mais qu'elle s'était fortement slavisée, et depuis longtemps, par suite de mariages avec les Slaves très nombreux dans cette

chose qui, du reste, n'avait rien d'étonnant car, à cette époque. les Arméniens étaient nombreux dans l'Empire. Quant à les faire descendre des rois arméniens, perses el assyriens, comme de Philippe, d'Alexandre et de Constantin, c'était là pure légende! qui, sans doule, ne circula que plus tard lorsque la dynastie macédonienne se fut solidement assise sur le trône ?.

C'est dans cet humble milieu de paysans provinciaux que naquit Basile aux environs de 812. I eût probablement grandi dans l'heureuse médiocrité de ses ancêtres, uniquement adonné au travail des champs, si un évènement imprévu n'avait brusquement arraché sa famille du sol qu'elle habitait.

L'Empire était alors en guerre avec la Bulgarie. L'empereur Nicéphore (802-811) avait été tué dans une sanglante mêlée le 26 juillet et son fils Staurakios si gravement blessé que le pou voir fut confié à son beau-frère Michel Rhangabe. Byzance ne pouvait rester sous le coup d'une telle défaite. La lutte reprit donc, grâce à l'énergique intervention de Théodore, abhé du monastère du Studion*; mais ce ful pour courir encore au devant de nouveaux revers. Michel fut vaincu à Versinicia le 22 juillet 813 # par le célèbre prince bulgare Krüm qui résolument marcha sur Constantinople. Dans la ville « protégée de Dieu » la révolution, d'autre part, venait d’éclater. Le plus grand général de l'Empire, Léon, un Arménien. profitant de la terreur el du mécontentement de tous. avait détrôné Michel, l'avait revêtu du froc monacal, exilé, lui et sa famille, dans un

partie de l'Empire si bien, qu'en fait. elle était slave, Seulement Constan lin, qui, peut-être, copia la généalogie fabriquée par Pholius pour rentrer en grâce auprès de Basile (Sym. Mag., vi, 730) trouva qu'il était plus glorieux de faire sortir sa famille d'Arménie, pays indépendant et allié de Byzance (Tournebize, Histoire politique el religieuse de l'Arménie, dans l'Orient Chrélien, 1903. p. 220) plutôt que des peuples slaves qui vivaient sous l'autorité impériale, étaient pauvres el regardés par les habitants de l'Empire comme de race inférieure. Cf. l'article tout récent de Vasiljev « Origine de l'Empereur Basile le Macédonien »,

1. bit, Basil., ch. n. On sait quelle fut la fortune de cette légende. Quand Anne de Russie, fille de Jaroslav et petite-fille d'Anne de Byzance, sœur de Basile 11, épousa Henri 155 de France, elle donna à son fils le nom de Philippe en souvenir de sa descendance avec Philippe de Macédoine, D'où le nom de Philippe dans la maison de France !

2. Cedrenus, 1069 ; (Genesios, 1148 ; et encore Zonaras au xu° siècle ne se fait-il pas faute de trouver plaisants les écrivains qui ont osé avancer la chose. Zonaras, Xv1, a9. — Liutprand, {ntapodosis. L, 1, $ 8, p. 256.

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