‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 59 sur 354 · Sun. Mag · texte numérisé non relu

Sun. Mag

ἠδ BASILE 1

bien que l'expression de l'effort incessant qu'il fit pour s'en débarrasser. Aussi comme l'écrivain romain, auteur de Ja Vie du Pape Hadrien !, est-on parfois tenté, à n'étudier que la conduite de Basile après son avènement, de donner presque raison à ses panégyristes contre ses adversaires et de croire. qu'en définitive, il put bien être innocent du double crime dont il profita. Mais si les faits parlent assez haut contre lui pour qu'on ne puisse s’y tromper, il n'en demeure pas moins qu'en Basile l'Empereur nous apparaît sous un tout autre jour que l'ancien ami de Michel ΠῚ et c'est surtout ce dernier aspect qui. naturellement. ἃ frappé tous ses contemporains.

Dès son avènement, en effet. à l'encontre de son prédécesseur, Basile afficha des sentiments religieux très marqués qui ne le quittèrent plus, Chaque jour, nous raconte son petit-fils. il s'en allait prier le Seigneur pour le succès de ses entreprises. prenant saint Michel et le prophète Elie comme intercesseurs ?. De retour à Constantinople, après ses campagnes militaires. son premier soin élait de visiter les églises pour rendre grâce à Dieu de ses bienfaits et sa reconnaissance se traduisait chez lui en constructions religieuses magnifiques qu'il ne se lassail point de semer sur toute l'étendue de son vaste empire.

Sans doute, comme le remords, la politique dut inciter cette dévolion subite. Basile avait eu sous les veux l'exemple de Michel 11 dont l'impopularilé était allée grandissante avec son incrédulité et il sentit, dès le premier jour, la nécessité d’appuyer son autorité sur la religion de ses sujets. Pour cela il se montra respectueux de l'orthodoxie, protecteur et ami du clergé. propagateur de la foi chrétienne; mais cependant. il serail injuste, je crois, de refuser à Basile toule sincérité. A lire. en effet, les recommandations nombreuses qu'il adresse à son fils sur la foi, sur l'honneur à rendre aux prêtres, sur la vertu à praliquer. comme ses solennelles déclarations au concile qu'il réunit, au début de son règne, en faveur d'Ignace. on sent qu'en cet homme tout n'était pas feinte et hypocrisie el que vraiment la religion avait fini, sur le tard, par inspirer sa conduite. Ses relations habituelles. du reste, à défaut d'autres preuves, seraient à pour confirmer le changement

τ. Lib. Pontif., Vél Hadr., pe 158.

qui s'opéra en lui. Les moines devinrent ses conseillers el ses amis. [l se plaisait à les recevoir, à les inviter à sa table, à leur demander le secours de leurs prières. Dès qu'il apprenait qu'un religieux, par la sainteté de sa vie. était l'objet de la vénéralion des hommes, il le mandait à la cour pour s’entretenir avec lui et le consulter !. Tout, jusqu'à ses lectures pieuses et à celles qu'il conseille à son fils ?, nous découvre les sentiments intimes qui l'animaient véritablement*. Sa piété. loutefois, ne fut pas stérile. Elle s'épancha au dehors en œuvres charitables qui lui valurent un étonnant renom de douceur et de bonté. Au lendemain de son avènement, il distribue au peuple de nombreuses largesses ! el bientôt, sous son impulsion, des hôpilaux, des maisons de retraite. des hôtelleries s'ouvrirent pour les malades el les vieillards. Volontiers, il répélail à son fils : « La piété consiste à soulager ceux qui sont dans le besoin, εὐσέῤειχ 7, τῶν δεομένων ἐστὶ ττάδοσις, Estime que las perdu la journée si tu n'as fait de bien à personne. C'est le moyen d'obtenir miséricorde du souverain roif. » Ces sages conseils. Basile les pratiquait lui même. Tous ceux qui l'avaient autrefois servi el aidé. tous ceux qui lui avaient montré quelque attachement étaient sûrs de ne pas se voir oubliés 7 et l'équité envers lous. surloul envers les pauvres et les petits, devint la loi qu'il imposa à tous ses fonctionnaires, comme le meilleur moyen de rendre les hommes heureux. Nulle oppression. nulle injustice n'étaient par lui lolérées οἱ nous verrons à propos de ses réformes législatives et administratives quelles étaient. à ect égard, sa surveillance et sa sévéγι ὁ δι « Il est élonnant, disait-il, comime les sujets examinent les affaires des princes. En observant la justice, le souverain obtient deux. avantages à la fois : il se met à couvert des calomnies ΟἹ forme, par son exemple, les bommes à la vertu”. »

Page 1