‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 9 sur 354 · Elle se trouve au livre ll, ch. Lu, Migne, p · texte numérisé non relu

Elle se trouve au livre ll, ch. Lu, Migne, p

2. À quoi il faut ajouter que l'édition —. la seule — que nous possédions fut faite en un temps où l'on n'avait pas l'habitude d'un grand apparat critique. Reiske en la publiant et en l'annotant ἃ surlout fait œuvre de philologue.

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de la cour et seule, elle fait entrevoir, bien que très imparfaitement, le mécanisme compliqué de l'administration byzantine avec ses ministères variés et leur nombreux personnel. indépendamment de la notice de Philothéce qui a pour nous l'avantage d'être exactement datée, le « Livre des Cérémonies » fournit d'autres renseignements qu'il n'est pas possible de négliger. Parmi ces renseignements, les uns sont cerlainement posléricurs à Basile ΠΣ mais ils rapportent des faits qui se sont passés sous son règne οἱ fournissent des éléments d'information souvent très précieux. C'est par le fameux chapitre sur les « tombeaux » que nous connaissons la mère de Basile, Pankalo, el plusieurs autres détails intéressants sur sa famille. C'est de mème par le chapitre qui a trait aux guerres de Basile que nous pouvons avoir une idée de l'organisation de l'armée comme des moyens stratégiques dont on disposait au temps du Macédonien. D'autres renscignements, au contraire, ne nous sontarrivés que par l'intermédiaire de chapitres écrits à des époques aussi diverses qu'indécises, ce qui infirme, à première vue, leur autorité, si l'on veut s'en servir pour étudier les institutions d'une époque déterminée. Néanmoins, ilesl un cas où ces renscignements peuvent être utilisés. C'est quand ils sont simplement l'expression d'un élat de choses qui n'a jamais beaucoup varié : le cérémonial. S'il serait, en effet, souvcrainement dangereux d'étudier ces passages pour Y chercher des litres de fonctionnaires ou des indications d'ordre lopographique, par exemple, il n'en va plus de même quand on leur demande des détails sur les cérémonies. Or, ces détails sont parfois d’une grande imporlance, car ils font micux comprendre quelle idée Byzance se faisait de ses institutions. Ilest bien certain que les prières, les exhortalions. le cérémonial en un mot, dont étail entourée la promotion d'un cubiculaire, je suppose, jette un jour très lumineux sur les fonctions mêmes des chambellans attachés à la personne du Basileus. Quelle que soit la date à laquelle de tels chapitres ont été écrits, l'historien peut, je crois, s'en servir, ne serail-ce que pour commenter d'une façon plus claire el plus vivante les droits et les devoirs attachés à une charge dont on connait par ailleurs et l'existence et le rôle, Du reste une minutieuse critique des passages concernant les institutions byzantines montre aveeévidence. qu'en règle générale, ce sont moins les attributions dévolues aux grands dignitaires de la cour qui

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se sont modifiées dans la suite des âges, que l'existence même de ces dignitaires. Lorsqu'une fonction tombait en desuétude ou devenait un simple titre honorifique — ce que nous savons presque loujours. soit par les chroniqueurs, soit par le livre mème des Cérémonies — les prérogalives attachées à celte charge tombaient d'elles-même ou étaient transmises à d'autres fonctionnaires ἢ mais tant que durait la fonction, il ne semble pas qu'il y ait eu d'importantes modifications dans les altributions qui lui étaient dévolues. Qu'on étudie le rôle de « l'Eparche de la Ville » par exemple, et lon verra que dans ses grandes lignes, au 11° siècle comme au vr', son histoire est la même, que ses préroralives sont les mêmes et ses obligations aussi ἢν D'où il suit que l'essentiel, en abordant l'étude des institutions byzanlines. est de connaître exactement les fonctions existantes à une

époque déterminée — en quoi les chapitres non datés du livre des Cérémonies ne sauraient être d'aucune autorité — puis

ensuite de fixer le caractère spécial de chaque fonction, dans la mesure du possible, et en cela alors Lous les renseignements du livre, prudemment employés, peuvent être de la plus grande utilité.

V. Aux côtés de Constantin VIT vivait à Byzance un historien dont l'œuvre est arrivée jusqu'à nous. C'est Genesios. Son ouvrage composé de quatre livres, retrace l'histoire des Empereurs Léon V, Michel 11. Théophile, Michel ΠῚ et Basile. Malheureusement pour nous, Genesios, petit-fils d'un logothète de Michel ΠῚ. Constantin, n'a pas donné aux deux dernières « Vies » le développement qu'elles auraient dû avoir. Tout au contraire, Il réunit dans son quatrième livre les deux histoires de Michel et de Basile et résame brièvement les principaux faits de chaque règne. C'est là une chose d'antant plus regrettable pour la postérité que. premier historien de l'époque qui l'a précédé, il a beaucoup utilisé, dit-il. les récits oraux et les souvenirs qu'il a trouvés dans sa famille; mais c'est aussi, probablement, ce qui explique son silence. Ecrivain aux ordres de l'Empereur, Genesios a dû taire ou expliquer les forfaits de toute nature attribués à Basile [”, tâche singulièrement délicate pour un homme qui connaissait, sans aucun doute, la vérité.

1, Cf. Le mémoire d'Ouspenskij « L'éparche de Cple ». Mémoires de l'Instiltal archéologique russe de Constantinople, 1890, IV, 2, p. 79 et seq.

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Ne pouvant donc être tout à la fois bon courtisan et sincère historien, Genesios a préféré se taire et résumer rapidement deux vies qui s'offraient à lui pleines d'embüches et de difficultés. Tous les renseignements qu'il nous fournit. comme la façon dont il les présente, se retrouvent chez Constantin VIE n'y a, par conséquent, pas lieu de nous arrêter longuement sur son histoire des Empercurs, pour le règne de Basile. On y peul glaner de-ci de-là quelques utiles indications : elle n'est pas. cependant. pour nous un filon d'exploilation très riche.

B. — Les Chroniqueurs.

A certains égards, les chroniqueurs sont autrement plus intéressants à consulter que les historiens, parce qu'ils sont indépendants. Si les uns travaillent, comme Genesios, à la solde de l'Empereur, d'autres — οἱ c'est le plus grand nombre — écrivent soit pour le plaisir d'écrire, soit pour faire œuvre d'activité politique. Sans doute eux aussi ont leurs graves défauts. Comme les deux historiens dont nous avons parlé, ils se copient impudemment; comme eux, ils sont pleins de partialité ;: comme eux, ils aiment le merveilleux, les présages et les miracles. J'en sais même qui pour un peu ne se feraient pas trop prier pour écrire de nouveau un « De morle persecudorum » politique, à l'usage des amis de Basile. Mais tout cela ne fait pas qu'ils ne soient pour nous de la plus grande utilité. A part la continuation de Théophane., les chroniqueurs sont tous ennemis de [ἃ famille impériale, Hs représentent le parti politique qui demeura fidèle à Michel 111 et ne cessa de combattre le Macédonien. Ils sont donc les porte-voix de tous les mécontents, de lous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, boudèrent le nouveau régime : ils sont les défenseurs atlitrés de la tradition qui faisait de Basile un tout autre personnage que celui dont nous parle le Porphyrogénète. À ce seul titre déjà, les Chroniqueurs seraient du plus haut intérêt, Mais 115 font mieux encore. Ils nousexpliquentles contradictions, les silences, les embarras des panégvristes de Basile. Grâce à eux, nous devinons quelques-uns des dessous de cette politique parfois étrange et qui déroule, quelques-unes des raisons qui expliquent lincompréhensible triomphe du fondateur de la maison macédonienne. Certes, ils ne donnent pas à Michel des qualités

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et des vertus qu'il serait difficile de lui trouver ; mais ils toisent Basile à sa juste grandeur en racontant sa vie morale, ses meurtres, son mariage et en posant, d'une façon suffisamment nette, le problème terrible de la légitimité. Eux seuls, en cflet, aflirment que Léon VE naquit. non pas de Basile, mais de Michel et de sa concubine Eudocie Ingérina, qu'il fut, par conséquent, bâlard ainsi que toute sa descendance. :

VI. La première chronique qui se présente à nous, par ordre d'ancienneté, est celle qui a nom « La conlinualion de Théophane ». Elle commence avec Léon V pour se terminer avec le règne de Romain Il. C'est donc l'histoire byzantine de 813-961 qu'elle déroule devant nous : précisément l'époque qui nous occupe. Six livres composent celte chronique. Le quatrième contient la « Vie de Michel » ; le cinquième la « Vie de Basile »., De ce dernier nous n'avons rien à dire ici puisque c'est la vie mème de Basile écrite par Constantin Porphyrogénète dont nous avons déjà parlé. Le quatrième livre nous fournit de nombreux renseignements sur la vie de Michel avant l'arrivée de Basile et sur les évènements qui le marquèrent: mais ces renseignements doivent être vérifiés. D'un bout à l'autre du livre, l'auteur, en effet, s'efforce d’abaisser Michel, de ternir sa réputalion, de montrer ses folies afin d'exalter Basile au point d'en faire « l'homme nécessaire » qui seul pourra meltre un terme à une situation déplorable et inaugurer un règne réparateur. Bien entendu, nous retrouvons dans ce livre la tactique adoptée par Constantin et Genesios pour légitimer la conduite et les meurtres de Basile. Les uns comme les autres s'efforcent de prouver son innocence et sa vertu οἱ de montrer qu'il était appelé au trône par le vœu unanime de {ous les sujets.

Avec la Continuation de Théophane nous quittons les amis et les avocats de la famille macédonienne. Les chroniqueurs dont nous allons maintenant dire quelques mots sont lous des ennemis déclarés de Basile et comme tels, ils ne le ménagent point, pas plus que sa famille. C'est l’autre son de cloche que par eux nous entendons et, en vérité, l'un et l’autre nous donnent des dissonances assez fortes. Malheureusement ces chroniqueurs n'ont pas toute Faulorilé qu'ils semblent de

τ. Les quatre premiers livres sont l'œuvre d'un contemporain de Constantin VII. Le sixième est postérieur, I date probablement du règne de Trimiscés ou de Basile I (Rambaud, p. 545-5461,

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prime-abord avoir. Et cela pour deux raisons. D'abord, parce qu'il est évident qu'ils sont, eux aussi, mais en sens inverse, d'une partialité flagrante à l'égard de Basile ; puis, parce qu'ils se copient les uns les autres sans aucune vergogne. Tel fait qui pourrait à première vue, paraître confirmé par plusieurs témoigages. nest, en réalilé, avancé que par un seul auteur plusieurs fois recopié sous des noms différents, El c'est ce qui rend aussi loule étude critique de celte époque si difficile, pour ne pas dire impossible. Sur quels principes s'appuyer pour rejeter une version plutôt qu'une autre? Nous voyons que deux traditions parallèles existent dont l'une est perpétuellement opposée à l'autre. Entre les deux, il n'est pas toujours possible de choisir faute de renseignements imparliaux. On est donc. parfois, forcément amené à se contenter de simples h\pothèses.

VII. Comme Théophane, le chroniqueur Georges Moine, dit Hamarltolos, le pécheur. qui termine sa chronique à la mort de Michel ΠῚ, vers 863. eut au x° siècle d'assez nombreux continualeurs. De sa chronique, telle qu'elle est arrivée jusqu'à nous. c'est donc la suile anonyme qui nous intéresse. Elle raconte,

en effet, les règnes de Michel HE, de Basile ΟἹ des Empcreurs

byzantins, jusqu'en δ suivant quelques manuscrits, jusqu'en 1071, 1081, 1145 suivant d'autres. Mais la partie la plus importante de cette continuation est la première, celle qui traite des évènements écoulés entre Les années So ΟἹ 9481 Elle fut écrile, suivant la tradition paléographique. au début du règne de Nicéphore Phocas. par un logothèle dont le nom ne nous est pas connue el qu'on a parfois assimilé au logothète ΟἹ magister Syvméon. Dans son élat actuel, la Continualion de Georges Moine est représentée par quatre manuscrits. Les trois premicrs — Paris. Moscou. Müvich — ont un texte presque semblable. Le quatricme. celui du Vatican, s'éloigne sensiblement des autres. non pas. en vérité, dans les parties qui rapportent les mêmes évènements, car celles-là sont tout à fait semblables. mais il S'en éloigne par les renseignements assez nombreux qu'il est seul à donner. I est done probable que nous possédons deux rédactions de celle Continuation dont aucune ne répond à la rédaction originale, \ucune, non plus, probablement. ne futéerile pour faire suite, de propos délibéré, à

ι. hrumbacher, Pviant. Lier. p. 54 10.

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la Chronique de Georges Moine. Elle se trouvèrent soudées l’une à l’autre à une époque impossible à préciser. Du reste, entre la Chronique de Georges Moine et sa Continuation tout diffère, et il suffit de les parcourir pour se rendre compte, par les évènements qui sont racontés comme par ceux qui sont omis que le rédacteur s’est très peu soucié de lier dans son récit les deux Chroniques qui ne sont unies dans les manuscrits que par un pur hasard. Quel est maintenant l'intérêt de cette chronique ? Comme nous l'avons dit, il est tout entier dans la tournure d'esprit et dans les sympathies du chroniqueur. Chez lui, les choses religieuses occupent une place très restreinte. Tandis que chez Georges Moine, les querelles religieuses, les affaires iconoclastes, par exemple, dominent tout le récit, chez le logothète, au contraire, elles jouent un rôle très secondaire. Ge n'est pas là qu'il faut aller chercher des renseignements bien nombreux sur Photius et le schisme. Non. L'attention du chroniqueur est ailleurs. Elle se porte sur les intrigues de cour, sur les machinations qui précèdent la chute des Empereurs, sur tous les faits qui dessinent la physionomie d’un règne ow d'une époque. Et tout cela est écrit avec beaucoup de détails, d'exactitude et de clarté. Sans doute, l’auteur n'aime pas Basile et ne se gêne pas pour dire ce qu'il en sait. Volontiers, il serait plein d’indulgence pour Michel dont il voile les fautes et qu'il se garde bien d'injurier. Néanmoins, il semble relativement impartial et juste et si, en vérité, il s'est parfois trompé, d'une façon générale, cependant, on peut faire fonds sur ses dires et accepter sinon toutes ses appréciations, du moins les faits tels qu'il nous les raconte.

VIT. A la chronique de Georges Moine, il faut ajouter celle de Léon le Grammairien, car l'une et l’autre sont assez proches parentes. Comme la plupart des chroniqueurs de cette époque. Léon, après avoir retracé l'histoire du monde, des origines à Léon V. raconte les règnes « des plus récents empereurs », c'est-à-dire, qu'il va de Léon V à la mort de Romain [*. Or si dans la première partie de sa compilation, Léon a largement puisé dans la Chronique de Georges Moine, dans cette seconde partie. il copie purement et simplement la continuation du chroniqueur, parfois mot à mot, parfois en

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