Schluimberger, Sigül
dioecètes, qu'après un tremblement de terre qui détruisit les murs de Constantinople sous le règne de Léon l'Isaurien, l'Empereur promulgua un décret ainsi conçu : « Vous êtes dans l'impossibilité, dit-il aux habitants, de refaire les murs. Aussi ordonnons-nous aux dioecètes de le faire. À cet effet ils réclameront, suivant la règle, un « milliarision » par « ὁλοχοτίνιν » ou sou d'or. » De là vient, ajoute Théophane, l'habitude de donner aux dioecètes les deux « χέρατα » !. De ce récit, comme de l'histoire rapportée par le biographe d'Eustralios, nous pouvons conclure que les dioecètes étaient chargés de centraliser et de lever les impôts comme les « πράχτορες » et que cet argent allait au Trésor pour servir ensuite aux dépenses d'intérêt public. ᾿
Le second bureau à proprement parler financier était celui du préfel du trésor privé « ὁ ἐπὶ τοῦ εἰδικοῦ » 3. C'est dans la caisse de ce fonctionnaire de haut rang qu'étaient centralisés les revenus de l'Empereur en temps qu'Empereur. Là étaient déposés les objets de prix appartenant au Palais et nous savons que ce fut dans les coffres de ce personnage que Basile trouva les lingots d'or provenant des habits impériaux et des pièces d'orfévrerie que Michel avait fait fondre 3. Ce trésor élait réellement le trésor impérial « βασιλικὸν ταμιεῖον » commnu à tout basileus et qu'il ne faut pas confondre, je crois, avec la cassette privée de l'Empereur représentant la fortune de l'homme quel que soit son nom. Le livre des « Cérémonies » permet de nous rendre comple de l'usage qu'on faisait des sommes qui se trouvaient dans ce trésor. Déjà, par le récit du continuateur de Théophane sur les dilapidations de Michel, nous pouvons conjecturer que si une partie de cel argent servait aux plaisirs et aux frais de représentation du Basileus, une autre était consacrée à payer la solde des milices byzantines au service de l'Empereur ou tout
1. Theoph., p. 832. Voir à la fin de ce chapitre la valeur approximative des monnaies byzantines.
a. L'Epanagoge donne à ce personnage un litre un peu difiérent. Elle l'appelle « ὃ ἐνδοξότατος χύμης τῶν θείων ἡ μῶν eisoëluv, » À sa suile nous voyons figurer le « ὁ ἐνδοξότατος κόμης τῶν ἁπανταχοῦ θείων ἡμῶν εἰδιχῶν » fonctionnaire qui me paraît répondre an grand curateur. Ces titres spéciaux ne doivent pas faire illusion ; l'Epanagoge n'a fait que les emprunter aux textes législatifs du règne de Justinien dont elle est, en partie, comme les Basiliques, une réplique.