‹ Basilique de St.-Pierre de Rome [microforme]Chapitre 5 sur 5 · NE (ML · texte numérisé non relu

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les piliers de la coupole, comme points de comparaison.

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Après avoir admiré la majesté de la construction et aussi la variété si riche des éléments dont la Basilique se compose, on a encore à apprécier l’heureuse harmonie, et la richesse de l’ornementation dont Michel-Ange l’a revêtue.

Les supports et les bases sont simples et, dans cette sobriété, paraissent encore plus grands et plus impogants, comme il convient aux soubassements de tout grand édifice, afin de faire mieux ressortir la solidité de la masse, et la richesse de la décoration des parties plus légères des combles.

Les pilastres s’élèvent presque sans ornements, comme les troncs imposants d'arbres gigantesques, puis vont s'épanouir dans l’ornementation des chapiteaux et des entablements qui figurent comme une immense guirlande de fleurs et de feuilles, courant tout autour du monument, à une hauteur de 80 pieds sur une largeur de 24 pieds. Enfin dans la voûte des quatre nefs convergeant vers la coupole, la richesse de la décoration éclate partout en mille dessins variés, à travers les panneaux et les caissons des voûtes, faisant comme un immense berceau tout rempli de la végétation la plus luxuriante.

Quand on a tout bien examiné, et rempli son âme des plus douces impressions, il reste encore à considérer l'extérieur, et l’on voit alors d’autres sujets d'étude et d’étonnement.

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La majesté du soubassement, la hardiesse des pilastres, l'élégance de l’Attique qui couronne cette masse de 660 pieds de longueur sur 150 de hauteur, sert de piédestal au dôme qui mesure sur 150 pieds de diamètre à la base, 285 pieds jusqu’au sommet de la croix.

Sur ce massif qui à 2,400 pieds de tour, le dôme paraît dans toute sa grandeur, et donne l’idée de ce qu’aurait été la façade, si le plan de la croix grecque conçu par Michel-Ange avait été suivi: mais on n’a pas à le regretter parce que l’exécution de la croix latine était absolument nécessitée pour la grandeur, et l’affluence des cérémonies principales.

Dans tout cet exposé, nous avons surtout détaillé les beautés matérielles de ce monument incomparable : mais nous ne pouvons terminer sans dire quelques mots sur les beautés d’un autre ordre que nous envisagerons dans une autre lecture.

Quand arrivent les solennités qui saïsissent le cœur, comme au Dimanche des Rameaux, ou au grand jour de la Résurrection, on arrive tout ému en songeant aux mystères que l’Eglise célèbre en ce jour. On voit le grand portique surmonté des effigies des Saints, puis la façade avec l’image du Sauveur et des Apôtres, on pénètre dans la Basilique et, au bout de la nef, ornée des grands Fondateurs d’Ordre, on aperçoit le tombeau de St. Pierre et de St. Paul, puis dans le lointain les grands Docteurs de l’Eglise supportant la Chaire pontificale. |

Au centre, St. Pierre bénissant le temple et toute

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l'assistance de cette bénédiction toujours vivante et toujours subsistante.

Au haut des airs dans la coupole planent les quatre Evangélistes, tenant en leurs mains le livre de vie, et enfin quand le Pape environné de sa cour arrive, porté sur son trône ; au-dessus de sa tête on peut lire ces paroles qui sont comme la grande charte de la fondation Pontificale : Tw es Petrus et super hane petram ædificabo Ecclesiam meam, et portæ inferinon prœvalebunt adversus eam.

De chaque côté sous les arcades, on distingue de toutes parts les tombeaux des Saints Pontifes représentés dans l'attitude de la prière ou de la bénédiction, et semblant assister lo Pontife leur successeur qui est là pour prier et pour bénir. Comme cet ensemble est imposant et parle à l’âme !

Enfin l’office commence en cette langue qui date de l’établissement de l’Eglise et qui est un signe particulier de son antiquité, de son authenticité et de sa perpétuité ; au Credo est la foi de l’Eglise appuyée non-seulement par l'assistance des fidèles, venus de toutes les extrémités de la terre, mais par l'assistance de tous ceux qui l’ont déjà proclamée pendant la durée des siècles.

En effet, ici l’on voit les 258 Pontifes qui ont précédé le Pontife actuel, et les fidèles des siècles passés, représentés par les restes mortels de huit Apôtres, onze Pères de l’ Eglise, onze saints Fondateurs d’ordre, trente-cinq Papes canonisés ou martyrs, sans compter des millions de martyrs dont les saintes reliques,

transportées des catacombes, ont été déposées dans les énormes colonnes de bronze qui portent le baldaquin du grand autel.

Et alors que penser de la sagesse et des efforts de ceux qui cherchent par toute la terre, pour y transférer les successeurs de St. Pierre, ‘ un lieu mieux approprié et plus légitimement acquis.”

Mais quelle que soit la puissance dont pourront jamais disposer les sages de la société moderne, on se rit de leurs efforts, en considérant que ce lieu, donné par Constantin, confirmé par Charlemagne, est défendu maintenant par la foi et le dévouement des Zouaves.

On honore le témoignage des siècles passés, on admire les nouveaux prodiges de la Providence en nos jours, et l'on se retire rempli de confiance et de consolation en répétant ces paroles prophétiques, qu’en sortant du monument on rencontre à la base de l’obélisque :

Christus heri et hodie, ipse et in sæcula.

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