‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 123 sur 325 · I. Infr · texte numérisé non relu

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les plus importantes, étaient déjà remplies de décombres. La campagne romaine était devenue déserte, insalubre, inhabitable, malgré les tentatives des papes Zacharîe, Hadrien et Léon III, pour sauver par la fondation de « domus cultae > la culture et les habitations (i). On ne pouvait laisser dans ces lieux inhabités des reliques qui formeraient le plus bel ornement des églises. Puis un abus tendait à s'introduire, > celui de vendre des reliques. L'histoire a conservé les noms de plusieurs de ceux qui se livrèrent à ce trafic. Un des plus célèbres est le diacre Deusdona, qui semble avoir eu sous son administration le cimetière des Sts-Pierre-et-Marcellin, et qui en profita pour vendre en Allemagne les corps des martyrs de ce cimetière. C'est surtout au delà des Alpes qu'il exerçait ce commerce : dans tous les pays francs, on manifestait un grand désir de posséder des reliques de saints romains, surtout de S. Sébastien, de S. Alexandre, de Ste Agnès, de Ste Cécile, de S. Corneille, de S. Pierre et de S. Paul, etc. (*).

Pascal décida de transporter dans la ville les corps des papes déposés au cimetière de St-Calixte ; il ne retrouva pas \ d'abord le corps de Ste Cécile, que l'on croyait enlevé par les Lombards, mais ensuite la Sainte lui fit elle-même connaître, dans une vision, le lieu précis de sa sépulture (3). L'église de Ste-Praxède reçut les reliques de 2300 martyrs, dont les noms sont inscrits sur des tables de marbre ; la confession qui y fut alors construite, comme pour rappeler les galeries des catacombes, a servi de modèle à celles des autres églises. Les translations furent terminées le 20 juillet 817.

Léon I Vexplora spécialement le cimetière de Prîscille, où il retrouva les corps d'Aquila et Prisca, probablement aussi ceux d'Acilius Glabrio, de Pudens, de Praxède et de Pudentîenne. Dans la seconde moitié du IX^ siècle, les catacombes romaines étaient dépouillées de toutes leurs richesses. Toutefois

1. Cf. p. Fabre, Depatrimoniis S. Romanae Ecclesiae, Paris, 1892, et Les colons de C Église romaine au VI ^ siècle, dans la Revue d* histoire et de littérature religieuses, 1896.

2. Cf. Monumenta Germaniae historica. Scriptorum, XV' ; — Guiraud, Le cornvierce des reliques, dans les Mélanges G, B. de Rossi, 1.892.

3. Cf. Paschalis, p. i, Ep. /{P. L.,t. Cil, col. 1085- 1088).

LES INVASIONS BARBARES. IO5

elles ne furent pas entièrenjent délaissées; on les fréquentait encore, on y célébrait la messe, le pape Nicolas I«»* en restaura plusieurs (^), On y faisait même, peut-être jusque pendant le X"^ siècle, des fonctions religieuses, aux frais du palais patriarcal de Latran.

Mais les cimetières restés en vénération étaient seulement ceux de St-Sébastien, de St-Laurent, de St-Pancrace, de St-Valentin; les autres avaient été abandonnés, on n'en connaissait plus rentrée; ceux de St-Pierre et de St-Paul avaient été de bonne heure absorbés par les basiliques. Près des quatre premiers il y avait des monastères, dont les religieux étaient comme les gardiens des tombeaux. On ne tarda pas à faire de grandes confusions sur les anciens cimetières : l'imagination populaire réunit à St-Sébastien tous les souvenirs des cimetières de la Via Appia et de la Via Ardeatirta; à St-Laurent, tous ceux des cimetières de la Via Tiburtina; à St-Pancrace, tous ceux de la Via Aurélia. Celui de St-Valentin fut très fréquenté. Un document du XI« siècle, conservé dans la Chronique de St-Michel ad Afûsam(^\ nous raconte la visite d'un pèlerin venu à St-Valentin pour demander des reliques. Le pèlerin reçut de Tabbé du monastère le corps de S. Calîxte, qu'il appelle pape et martyr, et qui était peut-être celui d'un évêque de ce nom que nous savons avoir été en relations avec S. Valentin. Les documents du Xle siècle sont les derniers qui nous parlent des catacombes romaines.

Nous arrivons à la fin de ce résumé historique, introduction nécessaire à l'étude des monuments chrétiens de Rome. Après le IX« siècle, nous entrons dans le moyen âge; les monuments que l'on rencontre ne relèvent plus, à proprement parler, de l'archéologie chrétienne.

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