P, G., t. V, col
Élém. d'archéol. chrét. 8
114 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
jurisconsultus abesto. > Le tombeau était consacré à la famille et à ses clients : € Sibi suisque, libertis libertabusque posterisque eorum. > Le terrain, V € area >, était entouré de cippes ou de murs grossiers,! maceriae, area maceria clausa >; sa mesure était souvent indiquée sur les monuments : i In fronte pedes N., in agro pedes N. > Son étendue pouvait être très grande; nous savons par les inscriptions que parfois il renfermait un jardin, un puits, des maisons constituant le domaine funéraire, avec des salles à manger où se donnaient les festins à l'occasion des anniversaires. De semblables indications nous sont fournies par les testaments dans lesquels les propriétaires des tombeaux ordonnaient des cérémonies pour perpétuer leur souvenir; une pièce de ce genre, possédée par la Bibliothèque de Bâle, donne un inventaire des meubles qui devaient orner les chambres des tombeaux.
Cette législation, ces usages funéraires, favorisaient rétablissement de tombeaux chrétiens libres, disposés en vue de réunions liturgiques. Il s'en établit en effet pendant le l^^ et le 11^ siècle. C'étaient des cimetières privés, mais où de riches propriétaires admettaient les corps des autres fidèles plus pauvres. On peut croire que la distribution de ces tombeaux correspondait déjà à celle des titres, comme cela eut lieu certainement au II I^ siècle.
Il n'est pas impossible de distinguer ce qui reste des cimetières de cette première période. Les cryptes de Lucine,. sur la Via Appia, sont situées au-dessous d'un monument qui semble païen : les propriétaires de 1* « area > devaient être encore païens quand ils élevèrent ce monument, ils ont construit les cryptes après leur conversion au christianisme.
Dans le cimetière de Prétextât, près de la même voie, on peut également reconnaître la galerie primitive dans la 4L Spelunca magna > illustrée par la sépulture de S. Janvier.
Un troisième cimetière privé était sair la Via Ardeatina, C'était originairement le tombeau de famille de Flavius Clemens, cousin de Domitien, et des deux Flavia Domitilla. Le nom des Flavîens s'est retrouvé en diverses inscriptions de cette catacombe.