‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 140 sur 325 · I. Cf. de Rossi, J^om, sott.t t. III, 1. III · texte numérisé non relu

I. Cf. de Rossi, J^om, sott.t t. III, 1. III

126 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNK.

Le terme <!. arcosolium, arcisolium, arcusolium >, est composé de € arcus », l'arc formé par la partie supérieure de ces tombeaux ; et de < solium >, qui désignait proprement

NOMENCLATURE CATACOMBALE. 12/

ces grandes baignoires en marbre dont plusieurs nous ont été conservées. Les ^arcosoHa> ne sont pas d'une haute antiquité. Il semble que primitivement on se contentait de grandes niches dans lesquelles étaient placés des sarcophages en marbre ou en terre cuite. Le vestibule du cimetière de Domîtille renferme un < loculus > décoré de stucs représentant un sarcophage; c'est une disposition exceptionnelle. Par exception aussi, dans une galerie voisine, on voit un tombeau en forme de chambre ; il n'y a pas de porte, et on y pénètre par un trou que ferme une pierre : c'est sans doute une imitation du tombeau de Notre-Seigneur.

Antérieurement à T « arcosolium », on remarque une forme de tombeau qui en est comme le premier essai : le ^ solium > n'est pas surmonté d'une voûte en forme d'arc, mais d'un plafond. C'est ce qu'on a appelé la € tomba a mensa ». On la rencontre dans les cimetières de St-Calixte, de Domitille, de Priscille.

De chaque côté des galeries, s'ouvrent des i cubicula > ou chambres. Ces € cubicula > étaient soit des tombeaux de v famille, comme ceux dont les inscriptions sont encore visibles «^ au cimetière de Domitille: M • ANTONIVS • RESTVTVS . FECIT • HIPOGEV • SIBI • ET • SVIS ; au cimetière de Calixte : BITVS SIBI ET SVIS ; dans un cimetière de la voie Latine : CVBICVLVM CONTALI ; — soit des tombeaux destinés aux membres d'une association, car on a trouvé même dans les catacombes les traces d'associations funéraires formées au sein de l'Église : les noms pluriels <L Eutychii >, € Pelagii >» lus sur des inscriptions des cimetières de St-Calixte et de Ste-Priscille, doivent désigner des associations de ce genre. Ces chapelles avaient un caractère privé, leur exiguité suffit à le prouver ; on voit parfois encore les gonds de la porte en bois qui en fermait l'entrée.

D'autres chapelles plus grandes, renfermant quelquefois les restes d'un martyr, étaient appelées <L cryptae ». Les Actes des martyrs et les martyrologes emploient souvent ce \ nom. Certaines de ces « cryptae > étaient destinées à des cérémonies liturgiques, comme de vraies églises souterraines»

128 ÉLÉMENTS d' ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

On en a plusieurs exemples à St-Calixte : la chapelle dite de Miltiade était vraiment un lieu de réunion, il est facile d'y remarquer tout autour les traces d'un banc ; la chapelle située en face devait être réservée aux femmes. De même dans une des basiliques du cimetière Ostrien on reconnaît le sanctuaire» le <L presbyterium >, le siège de Tévêque, les niches latérales. Ces églises souterraines des catacombes affectent les formes les plus variées ; il y en a de carrées, de rectangulaires, de polygonales; il en existe une ronde, très importante, dans la région de Sotère, à St-Calixte. Elles ont souvent des peintures et des décorations architectoniques, colonnes, chapiteaux, frises, architraves, etc.

Il y eut donc avant la paix de Constantin des lieux de réunions dans les catacombes. Nous avons d'ailleurs sur ce point les témoignages des Actes des Martyrs. Il faut admettre aussi que, même dans les petites chapelles, on a célébré religieusement les anniversaires des défunts : Tertullîen (^) et l'auteur d'un commentaire attribué à Orîgène (2) nous Pattestent. S. Augustin dit expressément qu'on offrait le saint Sacrifice près du tombeau (3), et qu'on le fit aux funérailles de sa mère : « Cum oflFerretur sacrificium pretii nostri jam juxta sepulcrum posito cadavere priusquam deponeretur (4). > On peut croire que cette liturgie domestique des petites chapelles des catacombes a été l'origine de la messe basse. Dans les sanctuaires où reposaient les martyrs, la liturgie se célébrait avec une plus grande solennité. A l'époque de la paix, on réserva pour les basiliques supérieures la liturgie solennelle, ^ missa publica > ; on continua dans les cryptes la liturgie moins solennelle, € missa ad corpus >.

§ II. Les usages funéraires.

Au milieu des ruines des catacombes, nous retrouvons quelques vestiges des rites funéraires des premiers chrétiens,

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